Le prochain jeu d’action Onimusha: Way of the Sword, développé par Capcom, intégrera un lieu réel de Kyoto, le puits du temple Rokudō Chinnō-ji, interdit au public et considéré dans le folklore japonais comme une « porte vers les enfers ».
Selon Numerama, cette collaboration entre Capcom et la municipalité de Kyoto permet de reconstituer dans le jeu un site chargé d’histoire, où la légende et la réalité se mêlent depuis plus d’un millénaire. Le puits, situé dans la cour du temple bouddhiste fondé en 836, est associé depuis le Moyen Âge à un passage entre le monde des vivants et celui des morts, renforçant l’atmosphère mystique du titre prévu pour le 25 septembre 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S.
Ce qu'il faut retenir
- Capcom intègre dans Onimusha: Way of the Sword le puits du temple Rokudō Chinnō-ji à Kyoto, un lieu interdit au public.
- Ce puits est considéré comme une « porte vers les enfers » dans le folklore japonais depuis le Moyen Âge.
- Selon la légende, le haut fonctionnaire Ono no Takamura (802-853) l’utilisait pour se rendre dans le royaume d’Enma chaque nuit.
- Le temple est situé près d’un ancien crématorium, renforçant son lien avec les rites funéraires et les croyances sur l’au-delà.
- Capcom a obtenu l’aide de la ville de Kyoto pour reproduire fidèlement le site dans le jeu.
- La sortie du jeu est prévue pour le 25 septembre 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S.
Un lieu chargé d’histoire et de légendes
Le puits du temple Rokudō Chinnō-ji n’est pas un simple élément décoratif dans Onimusha: Way of the Sword. Numerama souligne que ce site, fermé au public, incarne à lui seul le lien entre l’histoire et le surnaturel dans la culture japonaise. Bâti en 836, ce temple bouddhiste de Kyoto abrite depuis des siècles une structure qui fascine autant qu’elle intrigue : un puits en pierre, à moitié dissimulé par la végétation, et que la tradition locale désigne comme une « porte vers les enfers ».
Autant dire que l’endroit, avec ses vieilles pierres moussues et son isolement, semble tout droit sorti d’un conte. Le folklore japonais en a fait un passage vers le royaume d’Enma, le roi des enfers, où les âmes seraient jugées après la mort. Une croyance qui prend racine dans une légende précise, celle d’Ono no Takamura, un haut fonctionnaire et poète de la cour impériale durant l’époque Heian (794-1185).
Une légende vieille de plus de mille ans
D’après les récits transmis depuis le Moyen Âge, Ono no Takamura (802-853) aurait utilisé ce puits chaque nuit pour se rendre dans le monde d’Enma, avant de revenir « ni vu ni connu » au petit matin. Numerama indique que cette histoire a ancré l’idée que le site est une frontière tangible entre les vivants et les morts. Le temple, situé à proximité d’un ancien crématorium de Kyoto, ajoute une dimension funéraire à ce mythe : les rites bouddhistes liés à la mort y étaient autrefois pratiqués, consolidant l’image d’un lieu de transition vers l’au-delà.
Cette dimension historique et surnaturelle a convaincu les développeurs de Capcom d’en faire un élément central de l’univers du jeu. « Nous cherchions un lieu capable d’enrichir le lore d’Onimusha: Way of the Sword, explique le producteur Akihito Kadowaki dans un entretien accordé à 4Gamer le 11 juin 2026. Le puits du Rokudō Chinnō-ji correspondait parfaitement à cette vision. »
Une reconstitution fidèle, avec l’aide de la ville de Kyoto
Pour recréer ce lieu dans le jeu, Capcom a bénéficié du soutien de la municipalité de Kyoto. Bien que le temple soit ouvert aux visiteurs, le puits, lui, reste inaccessible au public, préservant ainsi son mystère. Les développeurs ont travaillé à partir de photos et de documents fournis par la ville pour reproduire chaque détail, des pierres moussues aux jeux d’ombres qui enveloppent le site.
« Nous voulions que les joueurs ressentent la même atmosphère que sur place, indique Akihito Kadowaki. Même si le puits est interdit, il est désormais accessible virtuellement. » Le résultat, visible dans les premières captures du jeu, montre une reconstitution minutieuse, où l’on distingue les dalles usées par le temps et l’enceinte végétale qui isole le lieu du reste du temple. Une façon, pour Capcom, de mêler jeu vidéo et patrimoine culturel japonais.
Un mélange de patrimoine et de fiction
L’inclusion de ce puits dans Onimusha: Way of the Sword illustre une tendance croissante : l’utilisation de lieux réels dans les univers fictifs, pour renforcer l’immersion. Numerama rappelle que le Japon, avec son riche folklore et ses sites historiques, est une source d’inspiration inépuisable pour les créateurs de jeux. Que ce soit pour des jeux d’horreur, des RPG ou des aventures, les légendes locales offrent une matière première idéale pour construire des mondes crédibles.
Dans le cas du Rokudō Chinnō-ji, la frontière entre réalité et fiction est d’autant plus ténue que la légende d’Ono no Takamura s’appuie sur des éléments historiques. Le haut fonctionnaire, connu pour ses poèmes, a bien existé, et son lien supposé avec le monde des morts relève davantage du mythe que de la pure invention. Capcom a donc choisi de s’appuyer sur une histoire vraie pour nourrir sa narration, offrant ainsi aux joueurs une expérience à la fois ludique et culturellement ancrée.
Pour les amateurs d’histoire japonaise ou de folklore, l’arrivée du jeu pourrait aussi être l’occasion de s’intéresser de plus près à ce temple et à ses légendes. Si la visite virtuelle ne remplace pas l’expérience réelle, elle permet au moins de découvrir un lieu autrement inaccessible, et d’apprécier la richesse des récits qui l’entourent. Un pont, en somme, entre deux mondes : celui des vivants, qui jouent, et celui des morts, qui veillent depuis des siècles sur leur passage.
Le puits est fermé à la visite en raison de son statut symbolique et de sa fragilité. Considéré comme un lieu sacré lié aux rites funéraires et aux légendes sur l’au-delà, il est préservé de toute intrusion pour conserver son aura mystique. La ville de Kyoto, en collaboration avec Capcom, a autorisé sa reconstitution dans le jeu tout en maintenant son interdiction sur place.