La ville allemande de Bonn accueille actuellement la 64e session des organes subsidiaires (SB64) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), une des plus grandes conférences environnementales de l'année, selon Euronews FR. Cette conférence, qui se déroule du 8 au 18 juin, intervient après la COP30 de Belém, où près de 200 pays n'ont pas réussi à s'accorder sur une feuille de route pour sortir des combustibles fossiles malgré un élan croissant.
Les discussions à Bonn se tiennent dans un contexte de pressions croissantes pour transformer les engagements politiques en feuilles de route concrètes sur l'adaptation, les combustibles fossiles, les systèmes alimentaires, l'utilisation des terres, le commerce et la transition juste. L'une des principales questions qui planent sur le sommet sera de savoir comment des initiatives politiques peuvent se structurer en dehors du processus onusien formel, dans le sillage du succès de la conférence de Santa Marta sur les combustibles fossiles qui s'est tenue en avril.
Ce qu'il faut retenir
- La 64e session des organes subsidiaires (SB64) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se déroule à Bonn du 8 au 18 juin.
- Les discussions interviennent après la COP30 de Belém, où près de 200 pays n'ont pas réussi à s'accorder sur une feuille de route pour sortir des combustibles fossiles.
- Les négociations climatiques affectent des milliards de personnes dans le monde, mais la plupart ne peuvent pas être dans la salle, selon Mohamed Adow, fondateur et directeur du groupe de réflexion climatique Power Shift Africa.
Les défis de l'accès à la conférence
Les négociations climatiques à Bonn sont confrontées à des défis importants en termes d'accès, en particulier pour les habitants des pays en développement, qui sont les plus touchés par le changement climatique. Selon Mohamed Adow, les points presse de la société civile sont l'un des principaux moyens pour le public d'obtenir un récit indépendant de ce qui se passe à huis clos. Cependant, de nombreux journalistes, notamment en provenance de pays en développement, ne peuvent pas se rendre sur place en raison du coût, des obstacles liés aux visas ou de la réduction des budgets des rédactions.
Le Climate Action Network (CAN), un réseau mondial de plus de 2 500 organisations de la société civile dans plus de 150 pays, tient des points presse quotidiens lors des négociations climatiques de l'ONU. Cependant, cette année à Bonn, le CAN ne s'est vu attribuer que cinq créneaux de conférence de presse pour l'ensemble de la conférence, ce que Mohamed Adow a décrit comme un « rétrécissement délibéré de l'espace civique » sur LinkedIn.
Les lobbyistes du pétrole et du gaz
Parallèlement, le nombre de lobbyistes pro-pétrole présents à ce type d'événements est en hausse, selon une analyse réalisée en 2025 par la coalition Kick Big Polluters Out (KBPO). Un participant sur 25 à la COP30 était un lobbyiste des combustibles fossiles, soit une hausse de 12 % par rapport aux négociations de 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan. La CCNUCC n'a pas répondu dans l'immédiat lorsqu'elle a été interrogée sur le nombre de lobbyistes présents cette semaine aux discussions de Bonn.
« Lorsque l'accès de la société civile est réduit, ce ne sont pas seulement les ONG qui sont perdantes », avertit Mohamed Adow. « Les journalistes, les citoyens et les communautés du monde entier perdent une fenêtre essentielle sur les négociations. L'enjeu de principe est de savoir si les voix indépendantes de la société civile disposent d'une tribune régulière au sein du processus climatique onusien. »
Les obstacles de visa
Les obstacles de visa aux réunions sur le climat ne sont ni nouveaux ni propres à Bonn, selon l'Institut allemand de recherche sur le développement et la durabilité (IDOS), qui tire la sonnette d'alarme depuis 2008 sur l'exclusion des délégués des pays les moins avancés des négociations climatiques de l'ONU en Europe en raison des lenteurs administratives. Lors de la conférence climat de l'an dernier à Bonn, 223 délégués d'Afrique et d'Asie ont rencontré des difficultés pour obtenir un visa à temps, voire pour en obtenir un tout court.
Randa Khaled, de l'organisation environnementale égyptienne Greenish, fait partie des nombreux militants du climat qui risquent de manquer les négociations parce que leur demande de visa n'a pas été traitée à temps. « Ce qui rend la situation particulièrement frustrante, c'est que les négociations climatiques mettent sans cesse en avant l'inclusion, l'équité et la participation », a-t-elle confié à Euronews Earth.
En conclusion, les négociations climatiques à Bonn sont un moment important pour l'avenir de la planète, et il est essentiel que tous les acteurs, en particulier ceux des pays en développement, soient représentés et puissent participer de manière équitable. Les défis sont nombreux, mais il est crucial de trouver des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique et pour garantir un avenir durable pour tous.