Le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain de transition et chef de l’armée soudanaise, a reçu dimanche 7 juin 2026 Pekka Haavisto, envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan. La rencontre, organisée à Khartoum, visait à relancer les efforts en faveur d’un dialogue national inclusif, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, a rencontré l’envoyé spécial de l’ONU Pekka Haavisto le 7 juin 2026 à Khartoum.
- Les discussions ont porté sur les initiatives en cours pour instaurer la paix au Soudan.
- Une réunion entre partis politiques proches des deux camps a eu lieu la semaine dernière à Addis-Abeba, sous l’égide du Mécanisme des cinq, de l’ONU et de l’Union africaine.
Lors de cet entretien, le général al-Burhan et Pekka Haavisto ont échangé sur les moyens de raviver le processus de paix, alors que le Soudan reste plongé dans une crise politique et sécuritaire prolongée. Selon les informations rapportées par RFI, l’accent a été mis sur la nécessité de relancer un dialogue national, condition sine qua non pour une stabilisation durable du pays.
Le Mécanisme des cinq, un groupe de pays et d’organisations internationales œuvrant pour la paix au Soudan, a joué un rôle clé dans l’organisation de la réunion d’Addis-Abeba. Cette rencontre, qui s’est tenue la semaine dernière, a rassemblé des représentants de partis politiques proches des deux principales factions belligérantes. Elle visait à jeter les bases d’un compromis politique, dans un contexte où les tensions entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF) persistent depuis plusieurs années.
Dans ce cadre, Pekka Haavisto a réaffirmé le soutien de l’ONU aux initiatives régionales visant à sortir le Soudan de l’impasse. « Les efforts doivent se poursuivre pour rassembler toutes les parties autour d’une table, afin de parvenir à une solution consensuelle », a-t-il déclaré lors de la rencontre. Pour sa part, le général al-Burhan a réitéré la volonté des autorités soudanaises de travailler avec la communauté internationale pour rétablir la stabilité.
« Nous devons avancer ensemble vers un dialogue inclusif, car la paix ne peut être imposée de l’extérieur. Elle doit émerger des Soudanais eux-mêmes », a souligné Pekka Haavisto, selon des propos rapportés par RFI.
La situation au Soudan reste particulièrement complexe depuis le renversement en 2019 du régime d’Omar el-Béchir, puis l’éclatement des tensions entre l’armée et les RSF en avril 2023. Ces affrontements ont déjà fait des milliers de morts et déplacé plus de huit millions de personnes, selon les estimations des Nations unies. La communauté internationale multiplie les appels à un cessez-le-feu durable et à un retour à l’ordre constitutionnel.
Les discussions de Khartoum s’inscrivent donc dans un contexte où la pression internationale s’accentue pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation. Plusieurs pays voisins, ainsi que l’Union africaine, ont récemment multiplié les initiatives pour faciliter un compromis entre les parties en conflit. La réunion d’Addis-Abeba en est l’une des illustrations les plus concrètes.
Reste à voir si les partis politiques soudanais parviendront à dépasser leurs divergences pour s’engager dans un processus crédible. L’issue de ce dialogue sera déterminante pour l’avenir politique et sécuritaire du Soudan, alors que le pays peine à se relever d’années de crise.