Un nouveau stablecoin, baptisé Open USD (OUSD), vient d’être officiellement lancé par un consortium de plus de 140 entreprises, selon les informations révélées par Cryptoast le 30 juin 2026. Parmi les partenaires figurent des géants de la finance traditionnelle, des réseaux de paiement et des acteurs majeurs de l’écosystème crypto, avec l’objectif affiché de bousculer le duopole actuellement dominé par l’USDT (Tether) et l’USDC (Circle).
Cette initiative, portée par l’organisation Open Standard, s’inscrit dans un contexte de forte concurrence sur le marché des stablecoins, ces actifs numériques indexés sur des monnaies fiduciaires comme le dollar américain. L’annonce a immédiatement fait réagir les marchés : l’action de Circle, émetteur de l’USDC, a chuté de plus de 16 % en une seule journée, passant sous la barre des 63,37 dollars, selon les données disponibles.
Ce qu'il faut retenir
- Lancement officiel d’Open USD (OUSD) le 30 juin 2026 par Open Standard, une organisation indépendante regroupant 140 entreprises.
- Parmi les partenaires : Visa, Mastercard, American Express, BlackRock, Google, Samsung, Coinbase, Solana, Ripple et bien d’autres.
- Modèle économique inédit : émission et rachat de l’OUSD sans frais ni plafond, avec des revenus issus des réserves reversés aux partenaires.
- Gouvernance collective, contrairement aux modèles centralisés de Circle (USDC) ou Tether (USDT).
- L’USDC, bien que toujours dominant avec une capitalisation de 73,4 milliards de dollars, voit son action chuter après l’annonce.
- Le marché des stablecoins pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars d’ici 2030, selon les projections de BNY.
Un consortium aux ambitions mondiales
Le projet Open USD s’appuie sur un partenariat inédit entre des acteurs historiques de la finance et des spécialistes des technologies blockchain. Visa, Mastercard, American Express et Discover y participent, aux côtés de banques comme BlackRock, BNY, Standard Chartered ou encore DBS. Côté tech, Google, Samsung, IBM et Shopify figurent parmi les signataires, tout comme des plateformes crypto majeures : Coinbase, Bybit, OKX, Crypto.com, Ripple, Aave, MetaMask ou encore Solana.
À la tête du projet, Zach Abrams, cofondateur et PDG de Bridge, une filiale spécialisée dans les stablecoins rachetée par Stripe en 2025. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé que l’OUSD deviendrait le stablecoin par défaut pour les entreprises utilisant son infrastructure de paiement. Une adhésion qui souligne l’ambition du projet : s’imposer comme un standard mondial pour les transactions numériques.
Un modèle économique disruptif
Open USD se distingue par une approche radicalement différente de celle de ses concurrents. Contrairement à l’USDC ou à l’USDT, où l’émission et le rachat sont soumis à des frais et à des plafonds, l’OUSD permettra aux partenaires d’émettre ou de racheter des tokens sans frais ni limite de volume. Les revenus générés par les réserves — principalement placées en bons du Trésor américain — seront redistribués aux membres du consortium, à l’exception d’une faible commission de gestion.
Autre particularité : la gouvernance est entièrement collective. Open Standard fonctionne comme une entité indépendante, dont le conseil d’administration est composé des partenaires eux-mêmes. Cette structure rappelle celle du consortium USDG de Paxos, lancé en 2024 et qui dépasse aujourd’hui les 3 milliards de dollars en circulation, comme le relève Oak Research. Une approche décentralisée qui tranche avec le modèle centralisé des émetteurs traditionnels.
« Open USD est conçu pour l’économie numérique, par et pour les entreprises qui le font grandir. » — Open Standard, 30 juin 2026
L’USDC sous pression après l’annonce
L’absence de Circle parmi les fondateurs d’OUSD a été particulièrement remarquée, d’autant que Coinbase, partenaire historique de l’USDC et bénéficiaire d’une part importante de ses revenus, a choisi de rejoindre le consortium. Cette décision a eu un impact immédiat sur le marché : l’action CRCL a plongé de plus de 16 % en séance, tombant à 63,37 dollars, selon les données disponibles.
Face à cette concurrence, Jeremy Allaire, PDG de Circle, a réagi sur la plateforme X pour rappeler que l’USDC reste « le stablecoin le plus adopté et institutionnellement prêt au monde ». À ce jour, l’USDC affiche une capitalisation de 73,4 milliards de dollars, loin derrière l’USDT et ses 184,7 milliards. Pourtant, malgré cette position dominante, l’arrivée d’un nouvel acteur aussi bien soutenu pourrait bien redistribuer les cartes.
Le défi pour Open USD sera de conquérir des parts de marché, non seulement auprès des plateformes centralisées, mais aussi dans la finance décentralisée (DeFi). Pour y parvenir, le consortium devra probablement proposer des incitations fortes, ou se concentrer d’abord sur le segment des paiements interentreprises (B2B) et institutionnels, où son modèle pourrait trouver un terrain d’entente naturel.
Un marché en pleine expansion
Les projections du marché des stablecoins restent optimistes. Selon BNY, celui-ci pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars d’ici 2030, une croissance qui s’explique par l’adoption croissante des actifs numériques et des infrastructures financières décentralisées. Dans ce contexte, l’arrivée d’OUSD pourrait accélérer la diversification des acteurs et des usages, tout en renforçant la pression sur les émetteurs historiques.
Pour l’instant, aucune date précise n’a été annoncée pour le lancement officiel d’OUSD, mais les signataires ont confirmé que l’émission devrait débuter « plus tard cette année ». Stripe, déjà partenaire clé, a d’ores et déjà indiqué que l’OUSD deviendrait le stablecoin par défaut pour les entreprises utilisant ses services. Une première étape qui pourrait accélérer son adoption.
La question n’est plus de savoir si un nouvel acteur peut émerger, mais plutôt quand et comment il parviendra à s’imposer durablement. Dans un secteur où la confiance et l’adoption sont clés, chaque détail comptera.
Open USD se distingue par une gouvernance collective, où les partenaires émettent et rachètent le token sans frais ni plafond. Les revenus des réserves sont reversés aux membres, à l’exception d’une commission. À l’inverse, l’USDC est émis par un seul acteur (Circle) avec des mécanismes centralisés et des frais appliqués. Enfin, Open USD mise sur une approche décentralisée, tandis que l’USDC reste un stablecoin traditionnel, bien qu’institutionnellement adopté.
L’action de Circle a reculé de plus de 16 % en une journée, principalement en raison de l’absence de l’entreprise dans le consortium Open Standard. Le fait que Coinbase, un partenaire historique et bénéficiaire d’une part importante des revenus de l’USDC, ait choisi de rejoindre Open USD a particulièrement marqué les esprits. Les investisseurs ont perçu cette adhésion comme un signal fort en faveur de la concurrence.