Dans un contexte marqué par une demande exponentielle en capacités de cloud et en infrastructures pour l’intelligence artificielle, le groupe Orange annonce un partenariat stratégique avec la société néo-zélandaise Morrison pour développer une coentreprise dédiée aux centres de données. Un investissement de trois milliards d’euros est prévu, selon un communiqué commun publié lundi 9 août 2026 et rapporté par BFM Business.

Ce projet vise à multiplier par « près de dix » la capacité des infrastructures existantes d’Orange en France, en s’appuyant sur cinq centres de données répartis sur quatre campus : Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Chartres (Eure-et-Loir) et Val-de-Reuil (Eure). La nouvelle plateforme, qui doit aboutir à une coentreprise détenue à parts égales entre les deux partenaires, devrait atteindre une capacité de 400 mégawatts d’ici le premier trimestre 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Un investissement total de 3 milliards d’euros pour une coentreprise entre Orange et Morrison
  • Objectif : multiplier par « près de dix » la capacité des centres de données français d’Orange
  • Cinq data centers existants seront intégrés : Chevilly-Larue, Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil
  • La nouvelle plateforme devrait atteindre 400 mégawatts de capacité d’ici début 2027
  • Ce partenariat vise à créer une « offre souveraine » pour répondre à la demande en cloud et IA
  • Morrison, entreprise néo-zélandaise, apportera son expertise en infrastructures à grande échelle

Un partenariat pour une « offre souveraine » face à la demande croissante

Orange et Morrison ont précisé que cette collaboration a pour but de répondre à l’accélération des besoins en infrastructures cloud et en intelligence artificielle, tout en servant les clients d’Orange et d’Orange Business. « En s’appuyant sur les infrastructures existantes d’Orange, cette nouvelle plateforme vise une capacité de 400 mégawatts », soit « près de dix fois » leur capacité actuelle, ont-ils souligné dans leur communiqué.

Avec ce projet, les deux entreprises entendent proposer une offre « souveraine », c’est-à-dire indépendante des géants étrangers du secteur, souvent qualifiés d’« hyperscalers ». Ces derniers, comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, investissent massivement dans des infrastructures de très grande capacité, parfois à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Morrison, un acteur néo-zélandais aux ambitions européennes

Fondée en 1988 en Nouvelle-Zélande, Morrison s’est imposée comme un acteur clé dans le développement d’infrastructures numériques à l’échelle mondiale. Spécialisée dans la construction et la gestion de data centers, l’entreprise a déjà investi à grande échelle en Europe, même si l’investissement annoncé avec Orange reste modeste comparé à ceux des « hyperscalers ».

Ce partenariat s’inscrit dans un mouvement plus large où de nombreux pays cherchent à renforcer leurs infrastructures numériques pour faire face à la révolution de l’IA générative. Cependant, ces centres de données sont extrêmement énergivores, ce qui pose des défis majeurs en termes de consommation électrique et d’impact environnemental. Des questions similaires se posent en Europe, où des États comme les Pays-Bas ou l’Irlande ont dû réguler le développement de ces infrastructures en raison de leur consommation énergétique.

Un enjeu industriel et stratégique pour la France

Pour Orange, ce projet représente une étape clé dans sa stratégie de transformation numérique. En augmentant significativement ses capacités, le groupe français souhaite renforcer sa position face à la concurrence des acteurs internationaux et répondre à la demande croissante de ses clients en matière de cloud et d’IA. « Ce partenariat doit permettre de disposer d’une offre souveraine », ont indiqué les deux entreprises.

La coentreprise, dont la création est prévue pour le premier trimestre 2027, combinera les infrastructures existantes d’Orange et l’expertise technique de Morrison. Ce modèle, basé sur une collaboration à parité, pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur en quête de souveraineté numérique.

Et maintenant ?

Plusieurs étapes restent à franchir avant la concrétisation de ce projet. D’ici le début 2027, Orange et Morrison devront finaliser les modalités techniques et financières de la coentreprise, tout en obtenant les autorisations nécessaires des régulateurs. Une fois opérationnelle, cette infrastructure pourrait devenir un levier majeur pour l’économie numérique française, à condition de gérer efficacement les enjeux énergétiques et environnementaux associés.

Ce projet illustre la course contre la montre engagée par les États et les entreprises pour sécuriser leurs données et infrastructures critiques, alors que l’IA générative et les services cloud redéfinissent les besoins en calcul et en stockage. Reste à voir comment ce partenariat se positionnera face aux géants internationaux, dont les investissements colossaux continuent de dominer le marché.

Selon le communiqué, la capacité actuelle des centres de données d’Orange s’élève à environ 40 mégawatts, avant cette augmentation portée à 400 mégawatts grâce au partenariat avec Morrison.

L’expression fait référence à une infrastructure numérique indépendante des acteurs étrangers dominants, permettant à la France de conserver le contrôle sur ses données et ses services cloud, notamment pour des raisons stratégiques et de sécurité.