Alors que la France s’engage officiellement à mettre un terme aux delphinariums, le gouvernement envisagerait d’autoriser le transfert de deux orques détenues au Marineland d’Antibes vers des parcs espagnols, selon Libération. Cette information, révélée par les professeurs Alexandre Zabalza et Hubert Delzangles de l’université de Bordeaux, suscite l’inquiétude parmi les défenseurs du bien-être animal.
Ce qu'il faut retenir
- Deux orques, Wikie et Keijo, pourraient quitter le Marineland d’Antibes pour des parcs espagnols, malgré la fin annoncée des delphinariums en France.
- Les professeurs Zabalza et Delzangles, de l’université de Bordeaux, alertent sur les conditions de leur transfert.
- La France affirme vouloir tourner la page des delphinariums, mais cette décision pourrait la contredire.
- Le Marineland d’Antibes, situé à Antibes (Alpes-Maritimes), est au cœur de cette polémique.
Une décision qui s’inscrit à contre-courant de la politique française
Depuis plusieurs années, la France affiche sa volonté de mettre fin aux spectacles impliquant des cétacés captifs. En 2020, une loi a été adoptée pour interdire la reproduction des dauphins et orques en captivité, et en 2023, un décret a confirmé la fermeture progressive des delphinariums. Pourtant, d’après Libération, le gouvernement envisagerait d’autoriser le transfert de deux orques du Marineland d’Antibes vers des parcs espagnols, une mesure qui semble en contradiction avec cette politique. « On marche sur la tête », a réagi un spécialiste du milieu, cité par le quotidien.
Les craintes des experts sur le bien-être des animaux
Alexandre Zabalza et Hubert Delzangles, professeurs à l’université de Bordeaux et spécialistes du droit animalier, ont exprimé leur opposition à ce projet. Dans une tribune publiée par Libération, ils soulignent que le transfert de ces orques vers des parcs espagnols pourrait aggraver leur situation, alors même que la France se veut pionnière en matière de protection animale. « Ces animaux méritent des conditions dignes, et non d’être déplacés pour des raisons purement économiques », ont-ils déclaré. Leur inquiétude porte notamment sur les conditions de vie dans les parcs espagnols, où les normes de bien-être animal sont parfois moins strictes qu’en France.
Le Marineland d’Antibes, un établissement sous surveillance
Le Marineland d’Antibes, situé sur la Côte d’Azur, est l’un des derniers delphinariums encore en activité en France. L’établissement, qui abrite notamment les orques Wikie et Keijo, a fait l’objet de nombreuses critiques ces dernières années, notamment sur les conditions de détention des animaux. En 2021, une enquête de l’association One Voice avait révélé des dysfonctionnements dans la gestion des bassins et des soins prodigués aux cétacés. Depuis, le parc a tenté de se réinventer en misant sur des activités éducatives, mais les transferts d’orques vers l’étranger risquent de relancer les polémiques.
Une décision qui divise les associations
Si certaines associations, comme la Fondation Brigitte Bardot, saluent les avancées législatives en France, d’autres s’interrogent sur la portée réelle de ces mesures. « Transférer des orques vers l’étranger, c’est simplement déplacer le problème. Ces animaux restent des êtres sensibles, et leur bien-être doit primer sur toute autre considération », a réagi un porte-parole de l’association Sea Shepherd. À l’inverse, certains acteurs du secteur animalier estiment que ces transferts pourraient, à terme, permettre une meilleure prise en charge des cétacés, à condition que les parcs d’accueil respectent des normes strictes.
Reste à savoir si cette mesure, présentée comme une solution de dernier recours, ne servira pas en réalité à contourner l’interdiction des spectacles avec cétacés captifs. Une chose est sûre : la polémique est loin d’être close.
Le Marineland d’Antibes, où elles sont actuellement détenues, doit fermer dans le cadre de la loi interdisant les delphinariums. Leur transfert vers des parcs espagnols est envisagé comme une alternative, mais cette solution est vivement contestée par les défenseurs du bien-être animal.