La secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Vénétitay, a vivement réagi ce jeudi 7 mai 2026 aux déclarations du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, concernant le renforcement de la prise en compte de l’orthographe dans les évaluations du brevet des collèges et du baccalauréat. Selon Franceinfo - Politique, la responsable syndicale a qualifié ces annonces de « coup de communication » destiné davantage aux familles et aux élèves qu’aux enseignants, déjà mobilisés sur le sujet.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre Édouard Geffray a affirmé que les élèves rendant des « copies mal rédigées » ne pourraient pas obtenir le baccalauréat.
  • Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, dénonce un « coup de communication » et rappelle que l’orthographe est déjà prise en compte dans l’évaluation globale des élèves.
  • Au baccalauréat, l’orthographe influence la note sans qu’un barème précis ne soit appliqué, avec une perte de deux ou trois points en cas de fautes répétées.
  • La syndicaliste insiste sur l’autonomie pédagogique des enseignants, soulignant qu’ils adaptent déjà leurs pratiques sans attendre des circulaires ministérielles.
  • Elle critique l’absence de mesures concrètes pour améliorer l’orthographe en amont, estimant que les annonces actuelles « ne coûtent pas grand-chose ».

Des annonces ministérielles contestées sur leur utilité réelle

Dans une interview accordée au Figaro, Édouard Geffray a mis en garde les futurs bacheliers en déclarant que les copies « mal rédigées » ne permettraient pas d’obtenir le diplôme. Une affirmation qui a suscité une réaction immédiate de la part du SNES-FSU. « On a plus l’impression d’un coup de communication du ministre qui s’adresse peut-être davantage aux élèves et à leur famille qu’aux enseignants », a réagi Sophie Vénétitay. Pour elle, les enseignants n’ont en effet « pas attendu que le ministre écrive une circulaire de rentrée pour faire les bons choix pédagogiques face à leurs classes ».

La secrétaire générale du syndicat, également professeure dans l’Essonne, a rappelé que l’orthographe est déjà intégrée dans l’évaluation globale des élèves, sans pour autant faire l’objet d’un barème strict. « Au baccalauréat, on ne vous dit pas s’il y a tant de fautes, on va enlever deux ou trois points à l’élève », a-t-elle précisé. Elle a ajouté que les copies truffées de fautes d’orthographe, même si le raisonnement est cohérent, influencent nécessairement la note finale. « Se dire que des copies au baccalauréat sont pleines de fautes d’orthographe, c’est certainement déjà trop tard », a-t-elle conclu.

L’autonomie des enseignants mise en avant face aux critiques

Sophie Vénétitay a également défendu l’autonomie pédagogique des enseignants, affirmant que « nos collègues professeurs des écoles n’ont pas attendu que le ministre écrive une circulaire de rentrée pour adapter leurs pratiques aux besoins de leurs élèves ». Pour elle, les annonces ministérielles ne répondent pas aux enjeux de fond, à savoir un renforcement de l’apprentissage de l’orthographe dès le plus jeune âge. « Il faut que l’on travaille en amont sur l’orthographe plus tôt. Et pour ça, il faut avoir les moyens de le faire dans de bonnes conditions », a-t-elle souligné.

La syndicaliste a enfin pointé le manque de moyens concrets alloués à cette problématique, estimant que les propositions actuelles « ne coûtent pas grand-chose » et ne constituent qu’une réponse superficielle. Elle a insisté sur la nécessité de mieux former les enseignants et de fournir aux établissements les ressources nécessaires pour améliorer l’orthographe des élèves dès l’école primaire.

Un débat récurrent sur l’évaluation de l’orthographe dans les examens

La question de la prise en compte de l’orthographe dans les examens nationaux n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, des enseignants et des parents d’élèves s’interrogent sur la méthode la plus efficace pour évaluer cette compétence. Si certains estiment qu’une notation stricte pourrait inciter les élèves à mieux maîtriser la langue, d’autres craignent que cela ne pénalise injustement ceux qui peinent à écrire correctement, notamment en raison de troubles dys- ou de difficultés socio-économiques.

Dans ce contexte, les annonces d’Édouard Geffray s’inscrivent dans une logique de fermeté apparente. Pourtant, comme le souligne Sophie Vénétitay, les enseignants intègrent déjà l’orthographe dans leurs évaluations, sans pour autant s’appuyer sur un système de pénalisation systématique. « Un élève qui écrivait mal, quand bien même le raisonnement était à peu près cohérent, ça influait sur la note », a-t-elle rappelé, confirmant que la pratique actuelle reste subjective et variable selon les correcteurs.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir s’engager un dialogue entre le ministère et les syndicats d’enseignants pour clarifier les modalités d’évaluation de l’orthographe au brevet et au bac. Si les annonces d’Édouard Geffray visent à rassurer les familles sur la rigueur des examens, leur mise en œuvre concrète reste à préciser. Reste à savoir si des mesures supplémentaires seront annoncées d’ici la rentrée 2026, notamment en termes de formation des enseignants ou de ressources pédagogiques. Une chose est sûre : le débat sur l’orthographe dans l’éducation nationale ne semble pas près de s’éteindre.

En attendant, la polémique rappelle que la question de l’orthographe dépasse largement le cadre des examens : elle touche à la fois aux méthodes d’enseignement, aux inégalités scolaires et aux attentes sociétales envers la maîtrise de la langue. Pour les enseignants, l’enjeu reste de concilier exigence et bienveillance, tout en disposant des moyens nécessaires pour accompagner leurs élèves.