Une réunion décisive est prévue ce soir à Matignon pour les professionnels du transport de personnes. Selon Franceinfo - Politique, les chauffeurs de taxi et les VTC, toujours exclus des dispositifs d'aide face à la flambée des prix des carburants, espèrent enfin obtenir gain de cause. Cette mobilisation intervient alors que la crise s'étend depuis près de trois mois.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réunion à Matignon est organisée jeudi 7 mai 2026 pour évoquer l'inclusion des taxis et VTC dans les aides carburant.
  • Les professionnels dénoncent un oubli persistant malgré la hausse continue des prix à la pompe.
  • La Fédération nationale des artisans du taxi demande notamment un plafonnement du carburant à 1,80 euro.
  • Uber a annoncé une aide de 1 500 euros pour ses chauffeurs, mais celle-ci reste insuffisante pour une transition vers l'électrique.
  • Les représentants des taxis doivent être reçus au ministère des Transports dans les prochains jours.

Des professionnels sous pression depuis des mois

Depuis deux mois, les chauffeurs de taxi parisiens voient leurs marges se réduire comme peau de chagrin. « On ne fait que subir, c’est aléatoire », confie l’un d’eux à Franceinfo. Les prix du carburant, en hausse constante, grèvent chaque trajet. Le gouvernement a bien prévu une aide d’environ 50 euros pour les gros rouleurs, mais cette mesure est jugée largement insuffisante par les syndicats. « On ne peut plus subsister comme ça encore longtemps », alerte Dominique Buisson, secrétaire général de la Fédération nationale des artisans du taxi (FNAT). « Nous sommes rentrés dans le troisième mois de cette crise des carburants, et pour l’instant, les taxis ont été complètement oubliés. »

Uber tente une réponse, mais le compte n’y est pas

Côté VTC, la plateforme Uber a choisi une approche différente. Elle vient d’annoncer une aide de 1 500 euros destinée à ses chauffeurs pour louer des véhicules électriques. Une initiative saluée, mais qui ne convainc pas tous les professionnels. « Même avec cette aide, je n’ai pas les moyens de passer à l’électrique », explique un chauffeur Uber sous couvert d’anonymat. « Il faut dépenser de l’argent que je n’ai pas. Je suis en train de penser que je vais arrêter ce travail-là. » Le montant proposé ne couvre en effet qu’une partie des coûts, alors que l’investissement initial reste lourd.

Une mobilisation qui prend de l’ampleur

Face à cette situation, les représentants des taxis multiplient les démarches. Une délégation doit être reçue au ministère des Transports dans les prochains jours, où elle espère plaider pour une extension des aides. « Les pouvoirs publics semblent enfin prendre conscience de notre détresse », confie un membre de la FNAT. Pourtant, aucune annonce concrète n’a encore été faite. « On attend des actes, pas des promesses », insiste Dominique Buisson. La réunion de ce soir à Matignon pourrait être un premier pas vers une solution, mais l’incertitude plane toujours.

Des revendications précises et chiffrées

Les professionnels du secteur ne se contentent plus de revendications floues. Ils réclament désormais des mesures fortes et immédiates. La FNAT a ainsi demandé, entre autres, le plafonnement du prix du carburant à 1,80 euro, un seuil jugé supportable pour leur activité. « À ce prix-là, on peut encore travailler, sinon c’est la fin pour beaucoup d’entre nous », explique un chauffeur de province. Les syndicats réclament également une exonération partielle de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour les professionnels de la route. Autant de propositions qui devraient être discutées lors des échanges à venir.

Et maintenant ?

La réunion de Matignon ce soir pourrait dessiner les contours d’un éventuel rattrapage pour les taxis et VTC. Si aucune décision n’est attendue avant la fin de journée, elle pourrait ouvrir la voie à des annonces dans les prochains jours. Les représentants syndicaux espèrent une réponse claire d’ici la fin du mois de mai. Pour l’instant, les chauffeurs restent dans l’expectative, certains envisageant même une mobilisation plus large si leurs demandes ne sont pas entendues. La pression monte, et le gouvernement n’a plus beaucoup de temps pour agir.

Cette situation illustre plus largement les difficultés des professions dépendantes du carburant, dans un contexte où les prix restent volatils. Si les aides ciblent déjà certains secteurs, comme les transporteurs routiers, les chauffeurs de taxi et VTC peinent à se faire une place dans ce dispositif. Leur sort dépendra désormais des arbitrages politiques pris dans les prochaines semaines.

Selon les informations disponibles, le gouvernement a d’abord ciblé les secteurs les plus impactés par la hausse des prix, comme l’agriculture ou le transport routier. Les professionnels du taxi et des VTC, bien que fortement touchés, n’ont pas encore été inclus dans les dispositifs existants. Une réunion à Matignon ce 7 mai 2026 doit précisément aborder cette question.

La Fédération nationale des artisans du taxi (FNAT) réclame en priorité un plafonnement du prix du carburant à 1,80 euro, un niveau jugé supportable pour leur activité. Ils demandent également une exonération partielle de la TICPE, ainsi que des aides directes pour compenser la perte de revenus.