Selon France 24, le chef de l’opposition ougandaise Kizza Besigye, actuellement incarcéré et jugé pour trahison, a été hospitalisé en soins intensifs après s’être évanoui mercredi 29 juillet au tribunal. L’information a été confirmée jeudi 30 juillet par son épouse, Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA, sur la plateforme X.

Ce qu'il faut retenir

  • Kizza Besigye, figure majeure de l’opposition en Ouganda, a été placé en soins intensifs après un malaise survenu mercredi 29 juillet au tribunal où il était jugé pour trahison.
  • Son épouse, Winnie Byanyima, a annoncé son hospitalisation en soins intensifs sur X (ex-Twitter) jeudi 30 juillet.
  • Besigye purge actuellement une peine d’emprisonnement dans le cadre d’un procès pour trahison, un dossier largement contesté par ses soutiens.

Un malaise survenu en pleine audience judiciaire

L’incident s’est produit mercredi 29 juillet alors que Kizza Besigye se trouvait au tribunal pour une audience liée à son procès pour trahison. Selon les informations rapportées par France 24, l’opposant a soudainement perdu connaissance avant d’être évacué vers un établissement médical. Winnie Byanyima a précisé dans son message sur X que son mari avait été admis en soins intensifs, sans fournir de détails supplémentaires sur son état de santé.

Le procès de Besigye, accusé de trahison pour son opposition au gouvernement du président Yoweri Museveni, s’inscrit dans un contexte politique tendu en Ouganda. L’opposant, plusieurs fois candidat à la présidentielle, est une figure centrale de la contestation contre le régime en place depuis 1986.

Un parcours politique marqué par l’opposition au pouvoir

Âgé de 61 ans, Kizza Besigye a été l’un des principaux rivaux de Yoweri Museveni lors de plusieurs scrutins présidentiels. Son engagement politique lui a valu de multiples arrestations et procès, souvent qualifiés de politiquement motivés par ses soutiens. En 2021, il avait été condamné à 18 mois de prison pour son rôle dans des manifestations contre le pouvoir, une décision dénoncée par les organisations de défense des droits humains.

Son actuelle incarcération et son procès pour trahison s’ajoutent à une longue liste de poursuites judiciaires ciblant l’opposition ougandaise. Depuis des années, des ONG comme Human Rights Watch ou Amnesty International alertent sur l’utilisation du système judiciaire à des fins politiques dans le pays.

Réactions et inquiétudes autour de son état de santé

La nouvelle de son hospitalisation a suscité des réactions parmi les défenseurs des droits humains et les observateurs politiques. Winnie Byanyima, qui occupe un poste à l’ONUSIDA, a appelé à une prise en charge médicale appropriée pour son époux. « Je demande à tous ceux qui peuvent intercéder pour sa libération immédiate de le faire », a-t-elle écrit sur X, sans préciser si des démarches avaient été engagées auprès des autorités ougandaises.

De son côté, le gouvernement ougandais n’a pas encore réagi publiquement à cette annonce. Les conditions de détention des prisonniers politiques en Ouganda sont régulièrement critiquées par les organisations internationales, qui dénoncent des traitements dégradants et un accès limité aux soins.

Et maintenant ?

L’évolution de l’état de santé de Kizza Besigye devrait être suivie de près dans les prochaines heures. Si son état nécessite une prise en charge prolongée, cela pourrait relancer les débats sur les conditions de détention des prisonniers politiques en Ouganda. Une libération médicale, comme celle accordée en 2021 à l’opposant Bobby Wine, reste une possibilité, mais dépendra des décisions des autorités judiciaires et sanitaires du pays. Le procès pour trahison, quant à lui, devrait reprendre une fois son état stabilisé, sans que la date n’ait encore été annoncée officiellement.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cet incident sur le climat politique ougandais, alors que le pays se prépare à des échéances électorales dans un contexte déjà très tendu.