Le Pakistan a confirmé, ce mercredi 10 juin 2026, avoir mené de nouvelles frappes aériennes le long de sa frontière avec l’Afghanistan, qualifiées d’« précises et calibrées » par les autorités d’Islamabad. Selon RFI, ces bombardements, les plus meurtriers depuis plusieurs semaines, visaient des groupes armés liés aux talibans pakistanais. Les autorités afghanes de Kaboul, quant à elles, dénoncent la présence de victimes civiles parmi les victimes.

Ce qu'il faut retenir

  • 26 morts confirmés par les frappes pakistanaises, selon Islamabad.
  • Les cibles étaient des groupes armés affiliés aux talibans pakistanais, précise le gouvernement pakistanais.
  • Kaboul évoque des victimes civiles parmi les victimes, sans donner de bilan.
  • Ces frappes sont les plus meurtrières à la frontière depuis plusieurs semaines.
  • Les tensions entre les deux pays persistent autour de la question des groupes armés transfrontaliers.

Des frappes présentées comme ciblées par Islamabad

Le ministère pakistanais de la Défense a déclaré, dans un communiqué diffusé mardi soir, que les opérations militaires avaient été menées « avec une grande précision afin de neutraliser des éléments hostiles ». Selon les autorités, les frappes auraient permis d’éliminer des membres de groupes armés opérant depuis le territoire afghan, avant de se replier au Pakistan. « Ces frappes étaient nécessaires pour protéger la sécurité nationale », a affirmé un porte-parole du gouvernement, sans préciser si des infrastructures civiles avaient pu être touchées.

Ces déclarations interviennent après une série d’échanges de tirs et d’incursions transfrontalières qui ont alimenté les tensions entre les deux pays. Depuis des années, Islamabad accuse Kaboul de ne pas agir suffisamment pour empêcher les groupes armés pakistanais de s’y réfugier et de préparer des attaques sur son sol. Autant dire que ces frappes s’inscrivent dans un contexte de montée des tensions régionales.

Kaboul dénonce des victimes civiles et exige des explications

De son côté, le gouvernement afghan a vivement réagi aux frappes, évoquant des « pertes humaines inacceptables » parmi la population civile. « Nous condamnons fermement ces attaques qui violent la souveraineté de notre territoire », a déclaré un porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères. Selon des sources locales citées par RFI, plusieurs habitations auraient été touchées, faisant craindre un bilan humain plus lourd que celui annoncé par Islamabad.

Le porte-parole afghan a également souligné que les frappes avaient eu lieu dans des zones frontalières déjà fragilisées par des années de conflit. « Ces opérations risquent d’aggraver une situation humanitaire déjà critique », a-t-il ajouté, appelant à une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces événements. Pour l’instant, Kaboul n’a pas communiqué de bilan précis des victimes civiles.

Un contexte sécuritaire toujours tendu entre les deux pays

Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan restent marquées par des décennies de méfiance, en particulier sur la question des groupes armés transfrontaliers. Islamabad accuse régulièrement Kaboul de servir de base arrière à des organisations comme le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), responsable d’attentats sur son territoire. De son côté, l’Afghanistan, dirigé depuis 2021 par les talibans afghans, nie toute responsabilité dans le soutien à ces groupes et dénonce les violations de son espace aérien par les forces pakistanaises.

Ces frappes surviennent alors que les négociations entre les deux pays, médiatisées par des pays tiers, piétinent depuis plusieurs mois. Malgré des rounds de discussions à Doha et à Islamabad, aucun accord concret n’a été trouvé pour apaiser les tensions. Bref, la région reste sous haute surveillance, avec un risque d’escalade toujours présent.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient être décisives pour la suite des événements. Selon des analystes interrogés par RFI, Islamabad pourrait décider de nouvelles opérations si les frappes ne suffisent pas à dissuader les groupes armés. De son côté, Kaboul devrait exiger des clarifications, voire une médiation internationale, pour éviter une escalade. Reste à voir si les deux parties parviendront à désamorcer la crise avant qu’elle ne s’aggrave.

Ces événements rappellent une fois de plus les défis sécuritaires persistants en Asie du Sud, où les frontières poreuses et les rivalités politiques alimentent un cycle de violences difficile à briser.

Selon les autorités pakistanaises, les frappes visaient des membres du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et d’autres groupes armés affiliés aux talibans pakistanais, qui opéreraient depuis le territoire afghan avant de lancer des attaques au Pakistan.