Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris et candidat à la succession d’Anne Hidalgo en 2026, a fixé un objectif ambitieux pour la capitale : « zéro enfant à la rue cet hiver ». Pour y parvenir, il compte créer **4 000 places d’hébergement** destinées aux sans-abri, une mesure présentée comme une réponse concrète à la crise du logement qui touche les familles les plus vulnérables. Une annonce formulée lors d’un entretien accordé au Parisien, ce vendredi 29 août 2026, selon nos confrères de Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, annonce la création de 4 000 places d’hébergement pour les sans-abri d’ici l’hiver 2026-2027.
- L’objectif affiché est de garantir « zéro enfant à la rue » pendant la période hivernale, en alignant le nombre de places sur celui des personnes sans domicile recensées dans la capitale.
- Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large pour lutter contre la précarité, alors que Paris compte plus de 3 500 personnes sans abri, dont une part significative de familles avec enfants.
- Le dispositif prévoit des solutions de relogement temporaire, mais aussi un accompagnement social renforcé pour les ménages concernés.
Un pari audacieux pour éradiquer la rue parmi les mineurs
Le projet porté par Emmanuel Grégoire repose sur un principe simple : aligner le nombre de places d’hébergement sur celui des personnes sans domicile à Paris. Selon les dernières estimations de la mairie, la capitale compterait environ 3 500 à 4 000 personnes sans abri, dont une proportion non négligeable de familles avec enfants. « On ne peut pas se contenter de demi-mesures quand il s’agit de la survie des plus fragiles », a-t-il souligné auprès du Parisien, précisant que l’objectif était de « couvrir l’intégralité des besoins d’ici décembre 2026 ».
Pour y parvenir, la mairie mise sur un réseau d’hébergements d’urgence, mais aussi sur des solutions de relogement pérennes, notamment via des partenariats avec des associations comme Emmaüs ou le Samu Social. Une partie des places sera également réservée aux structures d’accueil spécialisées pour les mineurs, un public particulièrement vulnérable aux conditions hivernales. « La rue n’est pas une fatalité pour les enfants », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’une approche globale combinant urgence et insertion.
Un contexte social sous haute tension
Cette annonce intervient dans un contexte où la crise du logement à Paris atteint des niveaux inédits. Le parc social, déjà saturé, peine à absorber la demande, tandis que les loyers privés restent inaccessibles pour une frange croissante de la population. Selon les chiffres de l’INSEE, le nombre de sans-abri a augmenté de **15 %** à Paris entre 2020 et 2025, une tendance qui s’explique par la flambée des prix de l’immobilier et la précarisation accrue des ménages.
Face à cette situation, la mairie mise sur des solutions innovantes, comme la réquisition de logements vacants ou la mobilisation de l’hôtellerie sociale. « On ne peut plus attendre », a affirmé Emmanuel Grégoire, qui table sur une mobilisation rapide des acteurs locaux pour concrétiser ce plan. « Chaque jour compte quand on parle de survie. »
Quelles modalités pour ces 4 000 places ?
Les 4 000 places promises devraient se répartir entre plusieurs dispositifs. Une partie sera dédiée aux centres d’hébergement d’urgence, ouverts en priorité aux familles avec enfants. Une autre sera allouée à des structures d’accueil temporaire, avec un accompagnement social renforcé pour faciliter l’accès à un logement pérenne. « L’idée n’est pas seulement de donner un toit, mais de briser le cycle de l’exclusion », a précisé le premier adjoint.
Côté financement, la mairie mise sur des fonds municipaux complétés par des subventions de l’État et des partenariats avec le secteur privé. Un budget global de **20 millions d’euros** est évoqué pour financer cette mesure, un montant qui pourrait être revu à la hausse en fonction des besoins. « On part sur une estimation réaliste, mais on sait que les coûts peuvent évoluer », a-t-il concédé.
Pour les familles concernées, cette annonce pourrait marquer un tournant. Mais le défi reste de taille : comment garantir un hébergement stable et sécurisé dans une ville où le logement est devenu un luxe ? Une question qui dépasse largement le cadre parisien, alors que d’autres métropoles françaises font face aux mêmes difficultés.
D’après les estimations de la mairie, le nombre de personnes sans abri à Paris avoisine les 3 500 à 4 000. Cependant, les associations redoutent que ce chiffre soit sous-évalué, notamment en raison des personnes « invisibles » (migrants en situation irrégulière, travailleurs précaires, etc.). Le plan prévoit un accompagnement social pour éviter les retours à la rue, mais son efficacité dépendra de la rapidité de mise en œuvre.