À la rentrée 2026, **116 classes** fermeront leurs portes dans le Pas-de-Calais, selon Libération. Une décision qui menace directement la scolarité des élèves dans les zones rurales, où des enfants de grande section se retrouveront scolarisés avec des CM1 et CM2, sans garantie de pérennité pour leur établissement.
Ce qu'il faut retenir
- **116 classes supprimées** à la rentrée 2026 dans le Pas-de-Calais, selon Libération.
- Des enfants de **grande section** mélangés à des **CM1/CM2** dans des écoles menacées de fermeture.
- Les établissements concernés pourraient ne pas rouvrir l’année suivante, faute de moyens.
- Le département, déjà touché par la désertification scolaire, voit ses infrastructures fragilisées.
- Les parents et enseignants s’inquiètent pour l’avenir de ces écoles.
Cette restructuration s’inscrit dans un contexte de baisse démographique et de rationalisation des moyens alloués à l’Éducation nationale. Dans certains villages du Pas-de-Calais, les écoles primaires jouent un rôle central dans la vie locale, bien au-delà de leur fonction éducative. « Ces fermetures risquent d’accélérer l’exode des familles », explique un élu local sous couvert d’anonymat. Les classes concernées sont réparties sur l’ensemble du territoire départemental, avec une concentration plus marquée dans les zones rurales et les petites communes.
Parmi les établissements touchés, celui de Saint-Martin-Boulogne, où une classe de grande section sera fusionnée avec une classe de CM1. « On nous demande de faire avec moins de moyens, mais personne ne nous explique comment on va gérer cette mixité forcée », s’interroge une enseignante. À Desvres, une autre commune du département, la suppression d’une classe de CP inquiète les parents, qui craignent pour la qualité de l’enseignement.
Les syndicats enseignants dénoncent une politique de « saupoudrage » qui ne résout pas les problèmes structurels. « Supprimer des classes sans plan de relance pour les territoires, c’est condamner les écoles à terme », affirme Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNUipp-FSU, principale organisation syndicale du primaire. De son côté, la direction académique du Pas-de-Calais indique que ces fermetures s’accompagnent de « mesures d’accompagnement », sans préciser leur nature.
« On nous demande de faire avec moins de moyens, mais personne ne nous explique comment on va gérer cette mixité forcée. »
— Une enseignante du Pas-de-Calais, citée par Libération
Les prochaines semaines seront déterminantes pour ces villages, où l’école représente bien souvent le dernier symbole de dynamisme local. Autant dire que l’enjeu dépasse largement la simple question des effectifs.