Une nouvelle enquête concernant Patrick Bruel vient d’être rouverte par le parquet de Nanterre, comme l’a annoncé ce lundi 18 mai 2026 l’avocate de la plaignante, Ophélie Fajfer. Cette dernière, alors âgée de 19 ans, avait déposé plainte en 2021 pour des faits d’agression sexuelle remontant à 2015, mais l’affaire avait été classée sans suite. La jeune femme avait été figurante sur un clip des Enfoirés tourné à Montpellier en janvier 2015, ce qui avait constitué le point de départ des échanges avec l’artiste, selon les éléments rapportés par Franceinfo - Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • Une plainte déposée en 2021 pour des faits datant de 2015, classée sans suite avant d’être réexaminée en mai 2026.
  • Ophélie Fajfer, alors âgée de 19 ans, avait participé à un tournage de clip des Enfoirés à Montpellier en janvier 2015.
  • L’enquête a été rouverte après la saisine du premier district de police judiciaire de la préfecture de police de Paris, sur décision du parquet de Nanterre.
  • L’avocate de la plaignante évoque une « petite victoire intérieure » pour sa cliente.

L’affaire a refait surface dans un contexte marqué par l’accumulation d’accusations visant Patrick Bruel, notamment après les témoignages de plusieurs femmes dénonçant des violences sexuelles. Le parquet de Nanterre a confirmé la réouverture de l’enquête dans un communiqué diffusé ce lundi, précisant que les investigations étaient désormais confiées à la police judiciaire parisienne. Myriam Guedj Benayoun, l’avocate d’Ophélie Fajfer, a évoqué auprès de BFMTV une « petite victoire intérieure » pour sa cliente, tout en soulignant l’importance de cette décision pour la crédibilité du dossier.

Les circonstances des faits selon l’avocate de la plaignante

D’après les déclarations de l’avocate, Ophélie Fajfer a été engagée comme figurante sur un clip des Enfoirés à Montpellier en janvier 2015. À la suite de ce tournage, elle aurait adressé des messages à plusieurs artistes, dont Patrick Bruel. Après des échanges professionnels, les deux personnes se sont rencontrées dans un restaurant situé dans le sud de la France, où Ophélie Fajfer passait des vacances chez ses grands-parents. « Le lendemain, Patrick Bruel lui a proposé de venir chez lui », a détaillé l’avocate, ajoutant qu’il lui avait suggéré de visiter sa propriété avant de s’arrêter devant la piscine. C’est à ce moment-là, selon les récits de la plaignante, que « l’homme change de comportement ». Ophélie Fajfer aurait alors tenté de se défendre, mais se serait retrouvée en état de sidération, une réaction souvent décrite par les victimes de violences sexuelles.

— Cette jeune femme de 19 ans, décrite comme « complètement naïve et extrêmement religieuse », se réservant pour le mariage, se serait ainsi retrouvée piégée dans une situation qu’elle n’aurait pas pu anticiper. L’avocate insiste sur le contexte de vulnérabilité de sa cliente à l’époque, soulignant que ces éléments font partie intégrante de son récit.

Le parcours judiciaire jusqu’à la réouverture de l’enquête

Ophélie Fajfer avait initialement porté plainte en 2021 pour ces mêmes faits, mais l’affaire avait été classée sans suite. Cette décision avait été prise après un premier examen des éléments transmis au parquet, sans qu’aucune explication détaillée ne soit alors rendue publique. La réouverture de l’enquête intervient donc plus de cinq ans après les faits présumés, et près de trois ans après le dépôt de la plainte initiale. Myriam Guedj Benayoun a indiqué que cette décision marquait une étape importante pour sa cliente, même si le parcours judiciaire reste incertain.

Selon les informations communiquées par le parquet de Nanterre, la saisine du premier district de police judiciaire de la préfecture de police de Paris vise à reprendre les investigations « à zéro ». Cela signifie que les enquêteurs vont réexaminer l’ensemble des éléments du dossier, y compris les témoignages, les messages échangés entre les parties et les éventuels autres éléments de preuve. Aucun détail n’a encore été rendu public sur les nouvelles pièces qui pourraient être versées au dossier.

Et maintenant ?

La réouverture de l’enquête ne garantit pas pour autant une suite judiciaire immédiate. Les prochaines étapes dépendront des résultats des investigations menées par la police judiciaire parisienne. Si des éléments nouveaux sont identifiés, le parquet de Nanterre pourrait décider de transmettre le dossier à un juge d’instruction, qui serait alors chargé de décider d’un éventuel renvoi devant une juridiction. Aucune échéance précise n’a été communiquée pour l’instant, mais les parties concernées, ainsi que l’opinion publique, devraient suivre avec attention l’évolution de cette affaire dans les prochaines semaines.

Patrick Bruel, contacté à plusieurs reprises par les médias ces dernières années au sujet des différentes accusations dont il fait l’objet, a toujours affirmé son innocence. Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée concernant cette réouverture d’enquête, mais il est probable que ses avocats se saisiront de ce nouveau développement pour défendre sa position.

Contexte et répercussions médiatiques

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où plusieurs personnalités du monde du spectacle et de la musique sont régulièrement citées dans des affaires de violences sexuelles. Les révélations se multiplient depuis plusieurs années, poussant certaines victimes à briser le silence bien après les faits. En 2025, Patrick Bruel avait déjà été cité dans plusieurs témoignages accablants, sans pour autant faire l’objet de poursuites à ce stade. La réouverture de cette enquête pourrait relancer le débat sur la prescription des faits de violences sexuelles et la crédibilité des témoignages tardifs.

Ophélie Fajfer, désormais représentée par une avocate spécialisée dans les affaires de violences sexuelles, bénéficie d’un accompagnement juridique renforcé. Son parcours illustre les défis auxquels sont confrontées les victimes qui choisissent de porter plainte des années après les faits, notamment en raison des difficultés à rassembler des preuves tangibles et à convaincre les autorités judiciaires.

Reste à voir si cette nouvelle enquête aboutira à des charges formelles contre Patrick Bruel. Pour l’heure, le parquet de Nanterre et la police judiciaire parisienne sont chargés de faire la lumière sur ces événements vieux de plus d’une décennie.

Selon les informations disponibles, le parquet avait estimé à l’époque que les éléments transmis ne permettaient pas d’engager des poursuites. Aucune motivation détaillée n’a été rendue publique, mais cette décision a conduit à l’abandon des poursuites jusqu’à la réouverture de l’enquête en mai 2026.

Les enquêteurs de la police judiciaire parisienne doivent désormais reprendre les investigations à zéro. Si des éléments nouveaux sont identifiés, le dossier pourrait être transmis à un juge d’instruction. Aucune échéance n’a été communiquée pour l’instant.