Invité le 29 août 2026 sur les plateaux de France Inter, France Télévisions et Le Monde, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a tiré la sonnette d’alarme sur les orientations économiques portées par certains responsables politiques, tout en réaffirmant la stratégie de son groupe face aux défis énergétiques et climatiques actuels. Selon nos confrères du Figaro, il a notamment mis en garde contre les conséquences d’une éventuelle taxation des superprofits, évoquant une remise en cause directe du plafonnement des prix de l’énergie en France.
Ce qu'il faut retenir
- Une taxation des superprofits de TotalEnergies entraînerait l’arrêt immédiat du plafonnement des prix des carburants, a prévenu Patrick Pouyanné. Ce dispositif coûte entre 250 et 300 millions d’euros au groupe depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
- Le PDG critique vivement les programmes économiques de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qu’il juge marqués par un « étatisme » et un « manque de vision » pour la production française.
- TotalEnergies maintient son plafonnement des prix des carburants « tant que le conflit au Moyen-Orient se poursuivra », malgré son coût financier.
- Le dérèglement climatique est une réalité « déjà là » et « qui s’amplifie », selon Patrick Pouyanné, qui souligne l’urgence d’adaptation pour les entreprises.
- Le marché pétrolier mondial traverse une situation inédite, avec un paradoxe entre la baisse du prix du baril et la hausse des coûts de raffinage.
TotalEnergies face à la pression politique : la taxation des superprofits mise en cause
Patrick Pouyanné n’a pas mâché ses mots pour critiquer les propositions économiques défendues par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Lors de son intervention conjointe sur France Inter, France Télévisions et Le Monde, il a estimé que leurs programmes reflétaient une « forme d’étatisme » dans laquelle « on ne voit pas l’entreprise au cœur de leurs priorités ». Selon du Figaro, il a jugé certaines de leurs mesures « pas responsables », évoquant même un « risque pour la France ». Le patron de TotalEnergies a également déploré un « manque de courage dans toute la classe politique sur la situation », appelant à un changement de paradigme : « Pour avoir le courage, il faut avoir une vision de la France, or je ne vois pas de vision. Ce pays doit se remettre à produire et à travailler. »
Il a particulièrement pointé du doigt la question des charges sociales, qu’il estime « trop élevées sur le travail ». Une position qui s’inscrit dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat et de débats récurrents sur la fiscalité des entreprises. Pouyanné a par ailleurs confirmé que TotalEnergies paierait l’intégralité de ses impôts et taxes en 2026, sans pour autant remettre en cause sa politique de responsabilité sociale.
Un avertissement sans équivoque sur le plafonnement des prix de l’énergie
Le PDG de TotalEnergies a délivré un message clair concernant une éventuelle taxation des superprofits de son groupe. Interrogé sur le sujet, il a déclaré : « S’il y a une taxation, on en tirera les leçons et il n’y aura plus jamais de plafonnement des prix de l’énergie. » Une menace directe pour les consommateurs, alors que le groupe maintient depuis plusieurs mois un dispositif exceptionnel de limitation des prix des carburants dans ses stations-service en France. Ce plafonnement, en vigueur depuis le début du conflit au Moyen-Orient, a déjà coûté entre 250 et 300 millions d’euros à TotalEnergies. Selon du Figaro, Pouyanné a précisé que cette mesure n’a pas généré de gains financiers pour le groupe, même si elle a permis d’augmenter de trois points sa part de marché, passant de 22 % à 25 %.
Pour l’heure, TotalEnergies a choisi de maintenir ce dispositif, malgré son coût : « On est le seul pétrolier au monde à avoir fait ça, oui je vais continuer tant que le conflit durera », a-t-il affirmé. Une décision qui illustre la tension entre responsabilité sociale et contraintes économiques dans un secteur en pleine mutation.
Transition énergétique et dérèglement climatique : une adaptation urgente
L’été 2026, marqué par cinq épisodes de canicule, a également été l’occasion pour Patrick Pouyanné de revenir sur l’urgence climatique. « Il se passe quelque chose, c’est clair », a-t-il reconnu, évoquant une amplification des phénomènes météorologiques extrêmes. Originaire de la région bordelaise, il a assuré suivre la situation « au quotidien » et a souligné que « le dérèglement climatique est déjà là ». Pour le PDG, l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut s’adapter, mais comment le faire au plus vite.
Interrogé sur la responsabilité de TotalEnergies dans la transition écologique, Pouyanné a estimé que « nous sommes tous responsables du climat ». Il a pointé du doigt l’évolution de la demande énergétique, soulignant le paradoxe entre l’urgence climatique et les attentes des consommateurs, qui réclament à la fois des énergies moins carbonées et des prix bas. « Tout le débat de la transition, bien sûr on en voit l’urgence, mais dans la réalité, on est dans un système à énergies fossiles. Notre responsabilité, c’est d’aller vers l’énergie décarbonée », a-t-il déclaré. Il a cependant reconnu la difficulté de concilier ces impératifs, décrivant une « ligne de crête » à trouver face aux « injonctions contradictoires ».
Une situation inédite sur le marché pétrolier mondial
Sur le plan international, Patrick Pouyanné a décrit une configuration « qu’on n’avait jamais vue » six mois après le début de la guerre en Iran. Selon du Figaro, il a évoqué une « déconnexion du marché du pétrole et des produits pétroliers », avec des producteurs du Moyen-Orient disposant de stocks importants et prêts à vendre à bas prix. Cependant, les coûts logistiques restent élevés : « Quand on rentre et qu’on fait sortir un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, ça coûte environ 10 dollars du baril », a-t-il détaillé. À cela s’ajoutent les perturbations liées à la guerre en Ukraine, qui pèsent sur la production russe et alimentent les tensions sur les prix des produits raffinés.
Cette situation paradoxale, où le prix du baril reste orienté à la baisse tandis que les coûts de raffinage augmentent, illustre la complexité du marché énergétique actuel. Pour TotalEnergies, ces tensions soulignent l’importance de diversifier les approvisionnements et d’investir dans les énergies renouvelables, tout en maintenant une production d’hydrocarbures stable.
En conclusion, les déclarations de Patrick Pouyanné offrent un éclairage brut sur les défis auxquels font face les entreprises énergétiques dans un contexte de crise climatique, de tensions géopolitiques et de pressions politiques. Entre adaptation, responsabilité et rentabilité, le secteur doit naviguer dans un paysage de plus en plus complexe.
TotalEnergies maintient son dispositif de plafonnement des prix des carburants dans ses stations en France « tant que le conflit au Moyen-Orient se poursuivra », malgré un coût estimé entre 250 et 300 millions d’euros. Selon du Figaro, le PDG Patrick Pouyanné a indiqué que cette mesure n’a pas généré de gains financiers, mais a permis d’augmenter la part de marché du groupe de trois points, passant de 22 % à 25 %.
Le PDG de TotalEnergies a prévenu qu’une taxation des superprofits entraînerait l’arrêt immédiat du plafonnement des prix de l’énergie. « S’il y a une taxation, on en tirera les leçons et il n’y aura plus jamais de plafonnement des prix de l’énergie », a-t-il déclaré. Selon du Figaro, il a également critiqué les programmes économiques de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les jugeant marqués par un « étatisme » et un manque de vision pour la production française.