Le journaliste américain Patrick Radden Keefe, chroniqueur au New Yorker et auteur en 2022 de « L’Empire de la douleur », une enquête remarquée sur la crise des opioïdes aux États-Unis, publie une nouvelle investigation intitulée « Le Fils de l’oligarque ». Selon Le Monde, ce livre retrace le parcours tragique de Zac Brettler, un jeune homme britannique retrouvé sans vie à Londres en 2019, dont l’existence s’est révélée aussi fascinante que mensongère.
Ce qu'il faut retenir
- Patrick Radden Keefe, journaliste au New Yorker, publie en 2026 « Le Fils de l’oligarque », une enquête sur Zac Brettler.
- Zac Brettler, un Britannique, est retrouvé mort à Londres en 2019 à l’âge de 31 ans.
- L’enquête révèle un parcours marqué par des mensonges et une mythomanie pathologique.
- L’auteur avait déjà publié en 2022 « L’Empire de la douleur », une investigation sur la crise des opioïdes aux États-Unis.
- Le livre s’appuie sur des sources judiciaires, médiatiques et des entretiens pour reconstituer la vie de Brettler.
Une plongée dans l’univers d’un mythomane de haut vol
Dans « Le Fils de l’oligarque », Patrick Radden Keefe explore la vie de Zac Brettler, un jeune homme dont les origines sociales et familiales ont nourri une mythomanie débridée. Selon Le Monde, Brettler a bâti une identité fantasmée, se présentant tour à tour comme l’héritier d’une fortune familiale, un proche de personnalités influentes, ou encore un entrepreneur prospère. Ces affirmations, pourtant dénuées de tout fondement, ont trouvé un écho dans certains cercles londoniens, où il a évolué avant sa mort brutale. L’enquête de Radden Keefe s’appuie sur des documents judiciaires, des articles de presse et des témoignages pour démêler le vrai du faux dans le récit de Brettler.
L’auteur, connu pour son travail méticuleux et ses investigations approfondies, a déjà démontré son talent avec « L’Empire de la douleur », un livre qui avait mis en lumière les responsabilités des laboratoires pharmaceutiques dans la crise des opioïdes aux États-Unis. Avec ce nouveau projet, Radden Keefe s’intéresse cette fois à un personnage dont la vie, bien que moins médiatisée, révèle des mécanismes psychologiques et sociaux tout aussi troublants. Le livre interroge ainsi la frontière entre ambition, imposture et pathologie mentale.
Un destin tragique à Londres en 2019
Zac Brettler a été retrouvé mort dans la capitale britannique en 2019, à l’âge de 31 ans. Les circonstances de sa disparition restent floues, mais les éléments recueillis par Radden Keefe suggèrent un effondrement progressif. Selon Le Monde, Brettler aurait sombré dans la dépression après avoir été démasqué à plusieurs reprises pour ses mensonges. Son décès, officiellement classé comme un suicide, a marqué la fin d’une existence où la vérité et la fiction s’entremêlaient de manière indissociable.
L’enquête de l’auteur révèle que Brettler avait multiplié les arnaques et les manipulations, allant jusqu’à se faire passer pour un proche de la famille royale britannique ou un associé de grands groupes industriels. Ces stratagèmes, souvent relayés par des médias locaux ou des réseaux sociaux, avaient contribué à bâtir sa légende. Pourtant, derrière cette façade se cachait un homme en quête désespérée de reconnaissance, incapable de distinguer la réalité de ses propres illusions.
Une méthode d’investigation rigoureuse
Pour reconstituer la vie de Zac Brettler, Patrick Radden Keefe a mené un travail d’enquête minutieux, s’appuyant sur des archives judiciaires, des articles de presse et des entretiens avec des proches, des connaissances et des victimes de ses mensonges. Selon Le Monde, l’auteur a également analysé les témoignages recueillis lors de procédures judiciaires engagées contre Brettler pour escroquerie ou usurpation d’identité. Ces éléments permettent de retracer les étapes clés de sa déchéance, depuis ses premiers mensonges jusqu’à son isolement final.
Le livre s’inscrit dans la continuité du style journalistique de Radden Keefe, caractérisé par une narration précise et une analyse des mécanismes de pouvoir, qu’ils soient économiques, sociaux ou psychologiques. Comme il l’avait fait avec « L’Empire de la douleur », l’auteur utilise ici des cas individuels pour éclairer des dynamiques plus larges, en l’occurrence la manière dont certains mythomanes parviennent à s’insinuer dans des cercles d’influence malgré l’absence de tout fondement réel.
Ce récit, à la fois glaçant et captivant, rappelle que les limites entre réalité et illusion sont parfois plus fragiles qu’il n’y paraît. Il invite le lecteur à s’interroger sur les mécanismes qui poussent certains individus à mentir avec une telle persistance, et sur les responsabilités des acteurs qui, consciemment ou non, leur offrent une tribune.
Les deux ouvrages partagent une même ambition : explorer les mécanismes du pouvoir et de l’influence à travers des enquêtes journalistiques approfondies. Si « L’Empire de la douleur » (2022) se concentre sur la crise des opioïdes aux États-Unis et les responsabilités des laboratoires pharmaceutiques, « Le Fils de l’oligarque » (2026) s’intéresse à un cas individuel de mythomanie extrême. Dans les deux cas, Radden Keefe utilise des exemples concrets pour illustrer des dynamiques plus larges, qu’elles soient économiques, sociales ou psychologiques.