Une enquête publiée par France 24 met en lumière un scandale environnemental et humain d’ampleur dans le secteur de la pêche au calmar. Réalisée par l’ONG Environmental Justice Foundation (EJF), cette étude s’appuie sur le témoignage de plus de 400 marins ayant subi des conditions de travail contraires aux droits humains à bord de navires, majoritairement chinois, évoluant en haute mer.
Ce qu'il faut retenir
- Une enquête de l’ONG Environmental Justice Foundation (EJF) révèle des cas de travail forcé et de violences à bord de navires de pêche au calmar, principalement chinois.
- Plus de 400 marins ont témoigné avoir subi des conditions inhumaines en haute mer.
- Les pratiques de pêche décrites sont dévastatrices pour les écosystèmes, avec des captures accessoires massives incluant dauphins, requins et phoques.
- L’enquête souligne également des pêches illégales et des méthodes de pêche jugées barbares.
Une enquête fondée sur des témoignages accablants
Selon France 24, les récits recueillis par l’EJF dressent un tableau alarmant des conditions à bord de ces navires. Les marins décrivent des journées de travail interminables, des salaires non versés, voire des violences physiques et psychologiques. «
On nous traitait comme des esclaves. Les conditions étaient inhumaines, et personne ne venait nous secourir en pleine mer » a déclaré l’un des témoins, dont l’identité reste protégée.Les navires concernés opèrent principalement dans l’océan Pacifique et l’océan Indien, des zones où le contrôle des activités de pêche est complexe.
Des pratiques de pêche destructrices pour les écosystèmes marins
Au-delà des violations des droits humains, l’enquête révèle que les méthodes de pêche utilisées pour capturer les calmars ont des conséquences dramatiques sur la biodiversité. Les filets déployés capturent non seulement des calmars, mais aussi des espèces protégées comme les dauphins, les requins ou les phoques. «
On jette des milliers de tonnes de poissons morts à la mer, simplement parce que ce ne sont pas les espèces ciblées. C’est un gaspillage écologique inacceptable » a expliqué un expert en pêche durable ayant analysé les données de l’EJF.Ces pratiques menacent la survie de plusieurs espèces déjà en déclin, comme le requin-marteau ou le dauphin de l’Irrawaddy.
Un scandale qui s’inscrit dans un contexte de pêche illégale généralisée
L’enquête de l’EJF s’ajoute à une série de révélations sur l’ampleur de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette pêche illégale représenterait jusqu’à 26 millions de tonnes de poissons par an, soit environ 15 % des captures mondiales. Les navires chinois, souvent pointés du doigt pour leurs pratiques, opèrent dans des eaux où les contrôles sont rares, profitant des failles juridiques internationales.
Cette enquête rappelle l’urgence d’agir pour protéger à la fois les écosystèmes marins et les droits des travailleurs du secteur halieutique. Sans mesures strictes, les dérives pourraient continuer de s’aggraver, avec des conséquences irréversibles pour la biodiversité et les populations côtières dépendantes de ces ressources.
L’EJF a indiqué qu’elle travaillerait avec des partenaires locaux et internationaux pour soutenir les marins dans leurs démarches juridiques. Une collecte de preuves supplémentaires est en cours pour identifier les armateurs responsables et engager des poursuites. Cependant, l’accès aux victimes reste difficile, notamment en raison de leur isolement en haute mer.