Le ministère américain de la Défense a annoncé, la semaine dernière, une réduction drastique du nombre de codes d’affiliation religieuse disponibles pour les soldats. Selon France 24, ces derniers n’auront désormais plus le choix qu’entre 31 catégories, contre 211 auparavant, après la suppression de 180 codes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Pentagone a supprimé 180 codes religieux, ramenant le nombre total à 31 catégories disponibles pour les soldats.
  • Parmi ces 31 catégories, 22 sont chrétiennes, ce qui représente plus des deux tiers des options proposées.
  • Cette réforme s’inscrit dans une logique présentée comme administrative, mais portée par une orientation idéologique attribuée au ministre Pete Hegseth.
  • La mesure a été annoncée la semaine dernière par le département américain de la Défense.

Cette décision, présentée officiellement comme une simplification administrative, suscite des interrogations quant à ses motivations réelles. Pete Hegseth, ministre de la Défense et figure controversée pour ses positions conservatrices, est au cœur des spéculations. Certains observateurs y voient une volonté de favoriser certaines religions au détriment d’autres, tandis que le Pentagone insiste sur la nécessité de rationaliser un système jugé trop complexe.

Parmi les 22 catégories chrétiennes maintenues, on trouve des sous-groupes comme les catholiques, les protestants évangéliques, les orthodoxes ou encore les baptistes. En revanche, les options pour les religions minoritaires, telles que l’islam, le judaïsme, l’hindouisme ou le bouddhisme, ont été drastiquement réduites. Par exemple, l’islam, qui bénéficiait auparavant de plusieurs codes distincts (sunnite, chiite, etc.), ne dispose plus que d’un seul et unique libellé générique. « Cette uniformisation ne reflète pas la diversité religieuse des troupes américaines », a réagi un porte-parole de l’American Civil Liberties Union (ACLU), cité par France 24.

Pour justifier cette réforme, le Pentagone a évoqué des raisons de cohérence et de gestion des données. Selon un communiqué officiel, « l’objectif est de simplifier les procédures internes et d’harmoniser les catégories utilisées dans les rapports internes ». Pourtant, des documents internes, obtenus par certains médias, suggèrent que cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion des valeurs chrétiennes au sein de l’institution militaire.

« Nous ne sommes pas là pour dicter les croyances de nos soldats, mais pour refléter la réalité de leur engagement. Cette réforme permet une meilleure gestion des ressources humaines et financières. »

— Déclaration anonyme d’un haut responsable du Pentagone, rapportée par France 24

Cette initiative s’ajoute à une série de mesures prises sous l’administration actuelle, visant à renforcer l’influence des valeurs conservatrices au sein des institutions fédérales. Pete Hegseth, nommé à son poste en janvier 2025, est connu pour ses prises de position en faveur d’une armée « moralement alignée » sur les principes chrétiens. En 2024, il avait déjà suscité la polémique en recommandant l’ajout de références bibliques dans les serments militaires.

Et maintenant ?

Les associations de défense des droits civiques ont déjà annoncé leur intention de contester cette réforme devant les tribunaux. Une plainte pourrait être déposée d’ici la fin du mois de juin, invoquant une violation du premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté religieuse. De son côté, le Pentagone a indiqué que cette nouvelle liste entrerait en vigueur le 1er juillet 2026, sans possibilité de retour en arrière.

Cette décision pourrait également avoir des répercussions sur le moral des troupes, notamment pour les soldats dont la pratique religieuse ne correspond plus aux catégories proposées. Certains observateurs s’interrogent sur l’impact à long terme de cette mesure sur la cohésion des unités militaires.

Les soldats n’ont désormais plus le choix qu’entre 31 catégories religieuses, dont 22 sont chrétiennes. Les autres options incluent l’islam, le judaïsme, l’hindouisme, le bouddhisme et quelques autres religions minoritaires, mais sous des libellés génériques.