Une lettre ouverte signée par 3 775 personnes, dont plus de 2 300 parents, a été adressée mardi 5 mai au premier adjoint au maire de Paris, Emmanuel Grégoire, par le collectif SOS Périscolaire. Selon Franceinfo - Politique, ce courrier dénonce les « défaillances persistantes » du dispositif périscolaire parisien et exige des « mesures immédiates, simples et applicables sans attendre » pour mettre fin aux violences sexuelles dans ces structures. La missive, consultée par la rédaction, souligne que « malgré la prise de conscience sur les défaillances du périscolaire, dans les écoles, concrètement, rien n’a changé » depuis l’adoption du plan municipal.

Ce qu'il faut retenir

  • Une lettre ouverte signée par 3 775 personnes, dont 2 331 parents, a été envoyée au premier adjoint au maire de Paris Emmanuel Grégoire le 5 mai 2026.
  • Les signataires, incluant également des enseignants, des élus et des professionnels de l’enfance, réclament des mesures immédiates pour lutter contre les violences sexuelles dans le périscolaire.
  • Parmi les demandes figurent l’interdiction pour un adulte d’être seul avec des enfants, la mise en place de binômes d’encadrement et une vérification renforcée des antécédents des personnels.
  • Le plan d’action municipal, dévoilé début avril 2026, alloue une vingtaine de millions d’euros au périscolaire, mais ses mesures sont jugées insuffisantes par les signataires.
  • Parallèlement, un procès s’ouvre ce mardi après-midi à huis clos pour des faits d’agressions sexuelles commis en 2024 par un animateur sur des enfants de 10 ans.

Un collectif exige des mesures concrètes pour sécuriser le périscolaire

Le collectif SOS Périscolaire, à l’origine de cette mobilisation, rassemble des parents, des enseignants, des élus et des professionnels de l’enfance. Dans leur lettre, ils pointent du doigt l’absence de changements tangibles depuis l’adoption du plan municipal. « Les parents reconnaissent les engagements annoncés, mais estiment que le plan voté ne répond pas à l’urgence du terrain et ne va pas assez loin », peut-on lire dans le document. Les signataires demandent notamment à la mairie de Paris d’allouer des moyens financiers supplémentaires au périscolaire, estimant que les annonces actuelles restent insuffisantes pour garantir la sécurité des enfants.

Parmi les mesures réclamées, on trouve l’obligation de ne jamais laisser un adulte seul avec un groupe d’enfants, la généralisation des binômes d’encadrement, l’identification claire des équipes périscolaires et un renforcement des vérifications des antécédents professionnels des personnels. Autant de propositions jugées essentielles pour éviter que des situations à risque ne se reproduisent, comme celles ayant conduit à des affaires d’agressions sexuelles dans certaines écoles parisiennes.

Emmanuel Grégoire face à la pression des familles

Le premier adjoint au maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a fait du dossier périscolaire l’une des priorités de son mandat. Début avril 2026, il a dévoilé un plan d’action chiffré à une vingtaine de millions d’euros. Celui-ci prévoit notamment la création d’une « commission indépendante » chargée d’établir un état des lieux complet et de formuler des préconisations. À ce jour, 78 agents ont été suspendus dans le cadre de la capitale, en lien avec des suspicions de manquements ou de comportements inappropriés.

Pour autant, les signataires de la lettre estiment que ces mesures ne suffisent pas. « Malgré sa volonté affichée de faire du dossier périscolaire l’une des priorités de son mandat, [Emmanuel Grégoire] ne va pas assez loin », affirment-ils. Ils appellent ainsi à une mobilisation accrue et à des actions plus radicales pour répondre à l’urgence, notamment en matière de sécurité des enfants.

Un procès en huis clos pour des faits d’agressions sexuelles

Alors que la lettre ouverte circule, un procès s’ouvre ce mardi 5 mai 2026, à 14 heures, devant le tribunal correctionnel de Paris. Il concerne un animateur, Nicolas G., 47 ans, poursuivi pour harcèlement sexuel et agressions sexuelles sur mineurs. Les faits remontent à 2024 et impliquent neuf enfants, âgés de dix ans au moment des agressions. Trois d’entre eux ont été victimes d’agressions sexuelles, selon l’acte d’accusation. L’audience se tient à huis clos, à la demande des parents, qui ont obtenu la restriction de la publicité pour protéger l’anonymat des victimes.

Nicolas G., qui n’a pas fait de déclaration à la presse en arrivant au tribunal, répond des chefs d’inculpation suivants : harcèlement sexuel à l’encontre de neuf enfants et agressions sexuelles sur trois d’entre eux. L’issue de ce procès, qui s’annonce comme un signal fort pour les familles, pourrait influencer les débats autour de la sécurité dans le périscolaire parisien. Le collectif SOS Périscolaire a d’ailleurs salué l’ouverture de ce procès, y voyant un « signal assez fort » pour la protection des enfants.

Et maintenant ?

La lettre ouverte adressée à Emmanuel Grégoire devrait être examinée par la mairie de Paris dans les prochaines semaines. Les signataires, qui comptent parmi eux des représentants des parents d’élèves, des syndicats et des associations, appellent à une réponse rapide et concrète. De son côté, la commission indépendante prévue dans le plan d’action municipal doit rendre ses premières conclusions d’ici la fin du mois de juin 2026. Par ailleurs, le procès de Nicolas G. devrait durer plusieurs jours, avec une décision attendue d’ici l’été. Reste à voir si ces échéances permettront d’apaiser les tensions ou si la mobilisation des familles s’amplifiera.

Cette affaire soulève plus largement la question de la sécurité dans les structures d’accueil périscolaire en France, où les cas de violences sexuelles impliquant des encadrants ont régulièrement défrayé la chronique ces dernières années. Les mesures annoncées par la mairie de Paris, bien que saluées par certains, sont désormais sous le feu des critiques. Pour les familles, l’enjeu est clair : garantir un environnement sûr pour leurs enfants, sans délai ni compromis.

Les signataires demandent notamment l’interdiction pour un adulte d’être seul avec un groupe d’enfants, la généralisation des binômes d’encadrement, l’identification claire des équipes périscolaires et une vérification renforcée des antécédents professionnels des personnels. Ils réclament également l’allocation de moyens financiers supplémentaires pour le périscolaire.

Le procès, qui s’ouvre le 5 mai 2026 à huis clos, devrait durer plusieurs jours. La décision est attendue d’ici l’été 2026, selon les informations disponibles.