Selon le Figaro, le géant français des spiritueux Pernod Ricard traverse une période difficile, marquée par un recul historique de ses ventes. Lors de son exercice clos le 30 juin 2026, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de **9,4 milliards d’euros**, en baisse de **3,9%** sur un an. Une performance qui s’inscrit dans la continuité d’un ralentissement plus large du secteur, déjà ressenti par son concurrent direct, Diageo. Le marché américain, premier débouché mondial des spiritueux, reste le principal foyer de cette dégradation.
Ce qu'il faut retenir
- Chiffre d’affaires en baisse de 3,9% à 9,4 milliards d’euros pour Pernod Ricard en 2025/2026, selon le Figaro.
- Recul de 14% des ventes aux États-Unis, premier marché mondial pour les spiritueux.
- Baisse de près de 20% en Chine, pénalisée par un environnement macroéconomique difficile et des mesures réglementaires strictes.
- Plan d’économies de 1 milliard d’euros lancé par le groupe, avec un résultat opérationnel en repli de 5,2% à 2,4 milliards d’euros.
- Stratégie de diversification vers les boissons prêtes à boire et les petits formats pour relancer la demande.
- Stabilisation attendue du chiffre d’affaires pour 2026/2027, sans retour à la croissance en Amérique du Nord ni en Chine.
Un secteur en crise, Pernod Ricard dans le sillage de Diageo
Comme son rival Diageo, numéro un mondial des spiritueux avec des marques emblématiques comme Johnnie Walker ou Guinness, Pernod Ricard subit de plein fouet le ralentissement de la consommation d’alcools forts. Le leader du marché avait déjà enregistré une baisse de 2% de son chiffre d’affaires, à 17 milliards d’euros pour son exercice clos fin juin 2026. Aux États-Unis, ses ventes ont chuté de **11%** sur la même période, confirmant la tendance observée par Pernod Ricard, dont le marché nord-américain recule de **10%**, avec un plongeon de 14% outre-Atlantique.
D’après le Figaro, cette situation s’explique par « le ralentissement du marché des spiritueux dans un contexte de modération économique et de confiance atone des consommateurs ». Les stocks se sont accumulés chez les distributeurs, poussant ces derniers à réduire leurs commandes pour éviter une surcharge coûteuse.
La Chine, un autre point noir pour les géants des spiritueux
Si l’Amérique du Nord concentre l’essentiel des difficultés, la Chine n’est pas en reste. Pernod Ricard y réalise environ 10% de son activité, mais le chiffre d’affaires a plongé de près de **20%** en 2025/2026. Comme l’explique le Figaro, ce recul s’explique par « un environnement macroéconomique difficile, la faiblesse persistante de la confiance des consommateurs et des mesures réglementaires pesant sur la demande ». Autant de facteurs qui pèsent sur les ventes de cognac, de vodka ou de whisky dans l’Empire du Milieu.
Les droits de douane imposés par l’administration Trump n’ont, en revanche, eu qu’un impact marginal sur la consommation aux États-Unis, selon Diageo. Les acteurs du secteur ont absorbé ces coûts en réduisant leurs marges plutôt que de répercuter la hausse sur les prix.
Un plan d’économies en avance, mais une relance commerciale nécessaire
Face à ce contexte morose, Pernod Ricard a accéléré son plan de réduction des coûts, visant **1 milliard d’économies d’ici 2028/2029**. Le groupe est déjà en avance sur ses objectifs, ce qui lui a permis de limiter le recul de son résultat opérationnel courant à **5,2%**, à 2,4 milliards d’euros. Une performance relative dans un environnement dégradé, mais insuffisante pour inverser la tendance.
Plutôt que de revenir sur sa stratégie de montée en gamme, jugée trop ambitieuse dans un contexte de consommation modérée, Pernod Ricard mise désormais sur des formats plus accessibles. Aux États-Unis, le géant mise sur les boissons prêtes à boire (« ready-to-drink »), les mix de cocktails et les petits formats. Ces produits, moins rentables mais plus adaptés à une demande en baisse, pourraient permettre de reconquérir des parts de marché.
« Notre performance « sell-out » (des distributeurs aux consommateurs) continue de se rapprocher de celle du marché grâce à une accélération de nos réponses. Dans ce contexte, notre whisky Jameson et notre liqueur de café Kahlúa gagnent des parts de marché dans leur rayon. »
Des concurrents en première ligne, une stratégie de recentrage généralisée
Pernod Ricard n’est pas le seul à adapter sa stratégie. Diageo, déjà en difficulté, a annoncé début septembre un plan de restructuration de **1 milliard d’euros** pour relancer ses ventes en Amérique du Nord. Deux jours plus tard, LVMH, via sa filiale Moët Hennessy, a cédé les parts de Sir Davis, un whisky co-créé avec Beyoncé en 2024, à la chanteuse américaine. Une décision stratégique pour recentrer ses efforts dans un marché devenu incertain.
En Inde (+7%), au Brésil ou au Canada, Pernod Ricard enregistre des performances positives, mais ces marchés ne compensent que marginalement les difficultés américaines et chinoises. Le groupe ne prévoit pas de retour à la croissance en 2026/2027 sur ces deux zones clés. Son objectif se limite désormais à stabiliser son chiffre d’affaires global.
Cette situation interroge sur la capacité des géants des spiritueux à s’adapter à un nouveau paradigme de consommation, marqué par une recherche accrue de sobriété et une sensibilité accrue aux prix. Autant dire que l’année 2026/2027 s’annonce comme une période de transition difficile, où les marges de manœuvre seront étroites.
En 2026, Pernod Ricard réalise environ 10% de son chiffre d’affaires en Chine, un marché en forte baisse. Les États-Unis, premier débouché mondial pour les spiritueux, représentent une part majeure de son activité, bien que les ventes y aient chuté de 14% en 2025/2026.
Pernod Ricard mise sur ces produits pour s’adapter à une demande plus modérée et sensible aux prix. Les « ready-to-drink » et les petits formats, moins chers, permettent de toucher une clientèle en quête de solutions pratiques et accessibles, même si leur rentabilité est inférieure à celle des spiritueux premium.