Un agent contractuel de la mairie de Perpignan a été écarté de ses fonctions après avoir arboré un tatouage reprenant la devise des SS, organisation paramilitaire du régime nazi. Selon Franceinfo - Politique, qui s'appuie sur des informations d'ICI Roussillon, cette mesure a été prise mardi 9 juin par la municipalité. Charles Ifssah-Becuwe, qui travaillait au service des pièces d'identité de la mairie de quartier Centre, verra son contrat non renouvelé après la révélation de ce symbole. Ce n'est pas la première fois que des symboles nazis sont mis en lumière dans des institutions publiques. En France, l'usage de la devise « Meine Ehre heißt Treue » (« Mon honneur s'appelle fidélité » en français) est interdit dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et en Autriche, où elle rappelle le passé criminel de l'organisation SS.
Ce qu'il faut retenir
- Un agent municipal de Perpignan a été écarté après avoir arboré un tatouage reprenant la devise des SS, « Mon honneur s'appelle fidélité »
- Charles Ifssah-Becuwe travaillait au service des pièces d'identité, un poste en contact direct avec le public
- Ancien conseiller municipal RN en 2020, il avait intégré l'équipe municipale en 2023 après plusieurs démissions
- La mairie a annoncé que son contrat ne serait pas renouvelé
- Un habitant a alerté les autorités après avoir pris en photo le tatouage lors d'une démarche administrative
Un symbole nazi découvert par un usager
L'alerte a été donnée par un habitant venu effectuer une démarche au service des pièces d'identité de la mairie de quartier Centre. Lors de l'entretien, l'usager a remarqué un tatouage sur le bras de l'agent. Une photographie prise sur place a révélé un crâne rasé et une inscription en lettres gothiques : « Mon honneur s'appelle fidélité ». Cette phrase, traduction française de la devise officielle des SS, est aujourd'hui interdite dans plusieurs pays européens en raison de son lien direct avec le régime nazi et ses crimes. L'agent concerné, identifié comme Charles Ifssah-Becuwe, occupait un poste en contact régulier avec les administrés. Selon les informations d'ICI Roussillon, il s'agit d'un agent contractuel, recruté après la fin de son mandat d'élu municipal.
Un parcours politique lié au Rassemblement national
Charles Ifssah-Becuwe a été élu sur la liste conduite par Louis Aliot lors des municipales de 2020 à Perpignan. Placé en 45e position, il n'avait pas été élu mais avait ensuite été recruté comme chargé de mission par la Ville. En juin 2023, plusieurs démissions au sein du conseil municipal avaient permis à Ifssah-Becuwe de faire son entrée comme conseiller municipal, toujours sous l'étiquette RN. Pour les élections de 2026, son nom n'apparaissait plus sur la liste de Louis Aliot. Après la fin de son mandat, il a été réembauché par la mairie, cette fois au sein du service des pièces d'identité. Stéphane Maroselli, secrétaire général du syndicat des agents territoriaux de Perpignan, a réagi à cette situation auprès d'ICI Roussillon :
« Les symboles associés au nazisme n'ont rien à faire dans une collectivité. »Selon lui, de nombreux agents municipaux ont été « choqués » par cette découverte.
Une réaction politique immédiate
Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a commenté cette affaire sur le réseau social X mardi matin. Il a écrit : « À Perpignan, on peut être agent municipal et arborer une devise des SS sur son bras. La dédiabolisation du RN dans les faits. » Cette déclaration souligne les tensions persistantes autour de la gestion des symboles extrémistes dans les institutions publiques. De son côté, la mairie de Perpignan n'a pas précisé si des sanctions disciplinaires supplémentaires seraient prises à l'encontre de l'agent. La décision de ne pas renouveler son contrat semble acter la fin de sa collaboration avec la collectivité.
Reste à voir si cette affaire aura des répercussions sur la gestion interne du RN à Perpignan, alors que le parti tente de normaliser son image après des années de controverses sur son positionnement historique. Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments complémentaires sur les motivations de l'agent et sur les éventuelles mesures préventives envisagées par la municipalité.