Le président de l’Académie Goncourt, Philippe Claudel, a vivement critiqué le dernier numéro du magazine Vogue France (juin-juillet 2026), l’accusant de « participer à la promotion d’une forme de pédophilie » en raison de la sexualisation du corps des femmes dans ses pages. Selon Franceinfo - Culture, l’écrivain s’est exprimé en ces termes dans une lettre adressée à la directrice de la rédaction, qu’il a rendue publique ce jeudi 11 juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, accuse Vogue France de promouvoir une « forme de pédophilie » dans son édition juin-juillet 2026.
- L’écrivain dénonce la sexualisation extrême des corps féminins, citant notamment une photo jugée « à la limite du pédophile ».
- Le mannequin présent sur cette photo, dont la tenue est jugée provocante, a 24 ans, précise le groupe Condé Nast, éditeur du magazine.
- Le groupe rappelle qu’il n’emploie pas de mannequins de moins de 18 ans, conformément à sa politique éditoriale.
Une lettre ouverte à la directrice de Vogue France
Dans sa missive, Philippe Claudel s’interroge sur « à quel jeu joue Vogue ? », s’appuyant sur ce qu’il considère comme une contradiction entre les valeurs affichées par le magazine et ses choix éditoriaux. Passionné de mode, l’écrivain a été particulièrement choqué par un reportage photographique publié en juin-juillet, où des femmes sont représentées dans des poses jugées « extrêmement érotisées ». « On photographie une jeune femme dans un sauna dans des positions extrêmement érotisées avec beaucoup de vapeur et de sueur. J’ai presque l’impression de voir un magazine pornographique ou érotique des années 1970-1980 », a-t-il déclaré à France Inter.
L’argumentaire de Claudel : entre MeToo et sexualisation
Philippe Claudel a souligné l’ambivalence des magazines féminins, qui, selon lui, embrassent le mouvement MeToo tout en publiant des contenus contraires à cette démarche. « On s’habitue à ce traitement sexualisé des femmes, y compris dans des magazines qui dénoncent ce phénomène. Vous avez des papiers rédactionnels qui partent en guerre sur ce sujet depuis MeToo. Mais après, quand vous voyez le reportage de mode, c’est le contraire de ce qu’ils veulent promouvoir », a-t-il expliqué. L’écrivain a particulièrement visé une image publiée en page 45, où une jeune femme en pull et petite culotte apparaît dans un contexte qu’il juge inapproprié.
La réponse du groupe Condé Nast : « libre opinion » et conformité légale
Contacté par France Inter, le groupe Condé Nast, propriétaire de Vogue France, a réagi en rappelant que Philippe Claudel était « libre de ses opinions ». L’éditeur a également précisé que le mannequin concerné par la photo litigieuse avait 24 ans, une information confirmée par la direction du magazine. « Vogue n’emploie pas de mannequin de moins de 18 ans », a affirmé le groupe, qui insiste sur le respect de ses chartes éthiques et juridiques.
Un débat récurrent sur la représentation des femmes dans la mode
Cette polémique s’inscrit dans un débat plus large sur la représentation des femmes dans les médias et la mode, un sujet régulièrement mis en avant depuis le mouvement MeToo. Les critiques de Philippe Claudel rejoignent celles de nombreux observateurs et associations féministes, qui dénoncent depuis des années la sexualisation excessive des corps féminins dans les magazines de mode. En 2024, une étude publiée par l’INSEE avait déjà révélé que 62 % des Françaises estimaient que les médias contribuaient à une image dévalorisante des femmes, notamment à travers leur sexualisation.
Reste à voir si cette prise de position de Philippe Claudel entraînera des changements concrets dans la ligne éditoriale de Vogue France, ou si elle restera sans lendemain. Une chose est sûre : le débat sur la représentation des femmes dans les médias est loin d’être clos.
Le mannequin présent sur la photo incriminée a 24 ans, selon les précisions apportées par le groupe Condé Nast, éditeur de Vogue France.