Une étude publiée le 30 mai 2026 dans la revue Lancet eBioMedicine met en lumière un lien entre les phtalates, des plastifiants largement utilisés dans les objets du quotidien, et l’augmentation des maladies cardiovasculaires, responsables de milliers de décès chaque année. Selon Top Santé, cette enquête scientifique révèle un risque sanitaire sous-estimé, alors que ces substances chimiques sont omniprésentes dans notre environnement.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude publiée dans Lancet eBioMedicine établit un lien entre les phtalates et les maladies cardiovasculaires, associées à des milliers de décès annuels.
- Les phtalates sont des plastifiants présents dans de nombreux objets du quotidien, des emballages alimentaires aux produits de beauté.
- Les chercheurs estiment que l’exposition à ces substances pourrait contribuer à plus de 10 000 décès cardiovasculaires par an en Europe.
- Les populations les plus exposées incluent les enfants et les femmes en âge de procréer, en raison de leur utilisation dans les jouets et les cosmétiques.
- Les autorités sanitaires appellent à une réduction urgente de l’exposition aux phtalates, tout en soulignant les lacunes réglementaires actuelles.
Des plastifiants omniprésents dans notre quotidien
Les phtalates sont des composés chimiques ajoutés aux plastiques pour les rendre plus souples et résistants. On les retrouve dans une multitude d’objets : emballages alimentaires, films étirables, bouteilles en plastique, jouets pour enfants, cosmétiques, ou encore revêtements de sols et de murs. Leur utilisation massive, couplée à leur persistance dans l’environnement, en fait une source d’exposition quotidienne pour la population. D’après les données de l’étude, 90 % des Européens présenteraient des traces de phtalates dans leur organisme, un chiffre qui illustre l’ampleur de la contamination.
Les chercheurs de Lancet eBioMedicine ont analysé les données de plus de 5 000 participants sur une période de dix ans. Leurs résultats montrent une corrélation significative entre les niveaux élevés de phtalates dans le sang et l’incidence des maladies cardiovasculaires, telles que les infarctus et les AVC. « Les phtalates agissent comme des perturbateurs endocriniens, altérant le fonctionnement du système cardiovasculaire », a expliqué le Dr. Sophie Martin, auteure principale de l’étude.
Un risque sanitaire sous-estimé, selon les experts
Les phtalates sont classés comme substances préoccupantes par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), mais leur régulation reste fragmentaire. Certains phtalates, comme le DEHP, sont déjà interdits dans les jouets et les articles de puériculture en Europe, mais d’autres, comme le DINP ou le DIDP, restent autorisés malgré des preuves de toxicité. L’étude de Lancet eBioMedicine confirme que même à faible dose, l’exposition chronique à ces substances peut avoir des effets délétères sur la santé.
Les populations les plus vulnérables incluent les femmes enceintes, dont l’exposition aux phtalates peut affecter le développement du fœtus, et les jeunes enfants, dont les systèmes hormonaux et immunitaires sont en plein développement. « Les enfants exposés à des niveaux élevés de phtalates présentent un risque accru de troubles du développement neurologique et de maladies métaboliques », a précisé le Dr. Martin. Pour les autorités sanitaires, cette étude souligne l’urgence d’une réglementation plus stricte.
Cette étude rappelle une fois de plus les défis posés par les substances chimiques omniprésentes dans notre environnement. Si les phtalates ne sont pas les seuls responsables des maladies cardiovasculaires, leur rôle mérite une attention accrue, tant de la part des autorités que des citoyens.
Les phtalates sont particulièrement présents dans les emballages alimentaires souples (films étirables, barquettes), les bouteilles en plastique (surtout celles portant le code 3 ou 7), les jouets en plastique souple, les cosmétiques (vernis à ongles, parfums), et les revêtements de sols et de murs en PVC.
Pour limiter son exposition, il est recommandé de privilégier les contenants en verre ou en inox pour les aliments, d’éviter de chauffer des aliments dans des barquettes en plastique au micro-ondes, de choisir des cosmétiques labellisés « sans phtalates » ou « clean beauty », et d’aérer régulièrement les pièces équipées de revêtements en PVC.