Lors de son audition au Sénat ce jeudi 4 juin 2026, Pierre-Édouard Stérin a clairement affiché son positionnement politique en déclarant : « Politiquement, je dirais que je suis au centre de la droite », comme le rapporte BFM - Politique. Une prise de parole qui s’inscrit dans le cadre des débats sur le projet Périclès, présenté par l’entrepreneur et souvent associé à des propositions libérales et pro-européennes.

Alors que ce projet suscite des controverses, notamment sur son caractère « non politique » selon certains observateurs, Stérin a défendu sa démarche devant les sénateurs. Dans le même temps, la journée a été marquée par d’autres déclarations fortes sur l’agriculture, sujet central du moment, avec des positions tranchées de la part des acteurs politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Pierre-Édouard Stérin se revendique « au centre de la droite » lors de son audition au Sénat ce 4 juin 2026, tout en défendant son projet Périclès, jugé « non politique » par certains.
  • Bruno Retailleau a estimé qu’« annuler ou diminuer la contribution française à la PAC serait se tirer une balle dans le pied ».
  • Gabriel Attal a réaffirmé son ambition de faire de la France « la première puissance agricole d’Europe », tout en critiquant l’absence de Jordan Bardella et Marine Le Pen au congrès des Jeunes Agriculteurs.
  • Marine Tondelier a regretté que les candidats à la présidentielle refusent de débattre et a souligné l’importance des agricultrices pour la transition écologique.
  • Plusieurs personnalités ont critiqué les fermes-usines, comme Aurélie Trouvé, tandis que Jean-Philippe Tanguy a alerté sur les risques liés à l’intégration de l’Ukraine à l’UE.

Un positionnement politique assumé au Sénat

Pierre-Édouard Stérin, figure médiatique souvent associée à des prises de position libérales et pro-européennes, a choisi de clarifier son ancrage politique lors de son passage devant la commission sénatoriale. « Politiquement, je dirais que je suis au centre de la droite », a-t-il déclaré, une affirmation qui contraste avec les discours plus traditionnels des partis de droite et du centre.

Le projet Périclès, qu’il porte et qui vise à moderniser certains secteurs économiques, a été présenté comme un outil pragmatique plutôt qu’un « projet politique » au sens partisan. Stérin a insisté sur son approche technique, loin des clivages idéologiques, tout en reconnaissant que son positionnement pouvait surprendre.

L’agriculture au cœur des tensions politiques

La journée a été rythmée par des interventions sur la politique agricole commune (PAC), un dossier brûlant à quelques mois de la présidentielle. Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et figure des Républicains, a mis en garde contre une réduction de la contribution française à la PAC. « Annuler ou diminuer la contribution française, ce serait se tirer une balle dans le pied », a-t-il souligné, rappelant l’importance des aides européennes pour le secteur.

De son côté, Gabriel Attal, premier ministre, a réitéré son ambition de faire de la France « la première puissance agricole d’Europe ». Une déclaration qui s’accompagne d’une critique envers Jordan Bardella et Marine Le Pen, absents lors du congrès des Jeunes Agriculteurs. « Manifestement l’événement n’était pas digne d’eux », a-t-il lancé, alimentant la polémique sur l’engagement des partis d’extrême droite envers les professionnels du secteur.

Transition écologique et modèles agricoles : des visions qui s’opposent

Le débat sur l’avenir de l’agriculture française a également révélé des divergences profondes. Aurélie Trouvé, députée LFI, a critiqué les « agricultures capitalistes », notamment les fermes-usines, qu’elle accuse de menacer l’équilibre économique et environnemental du secteur. Une position qui s’inscrit dans la ligne du parti écologiste, pour qui la transition écologique ne peut se faire sans une refonte radicale des modèles de production.

À l’inverse, Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, a insisté sur la nécessité d’associer les agriculteurs à cette transition. « Il n’y aura pas de transition écologique sans les agricultrices et les agriculteurs », a-t-elle déclaré, tout en regrettant que les candidats à la présidentielle évitent les débats sur le sujet. Une absence de dialogue qui, selon elle, freine les avancées nécessaires.

L’Ukraine dans l’UE : un risque pour l’agriculture française ?

Autre sujet de friction, l’intégration éventuelle de l’Ukraine à l’Union européenne. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a alerté sur les conséquences pour le secteur agricole français. « Intégrer l’Ukraine à l’UE, c’est la fin de l’agriculture française », a-t-il affirmé, évoquant la concurrence déloyale que représenterait l’arrivée massive de produits ukrainiens sur le marché européen.

Une position qui reflète les craintes d’une partie du monde agricole face à l’élargissement de l’UE, déjà mise à mal par les tensions commerciales et les normes environnementales jugées trop strictes par certains professionnels.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir s’intensifier les débats sur la PAC et l’avenir de l’agriculture française, alors que la campagne présidentielle approche. Plusieurs échéances sont attendues, notamment l’examen du budget agricole en septembre et les premières propositions des candidats. La question de l’intégration de l’Ukraine à l’UE, si elle devait revenir sur le devant de la scène, pourrait relancer les tensions entre partisans d’une Europe plus large et ceux qui privilégient la protection des marchés nationaux.

Le positionnement de Pierre-Édouard Stérin, entre droite et centre, pourrait également inspirer d’autres figures politiques cherchant à se différencier des partis traditionnels. Quant au projet Périclès, son avenir dépendra de sa capacité à convaincre au-delà des clivages partisans.

Le projet Périclès est une initiative portée par Pierre-Édouard Stérin visant à moderniser certains secteurs économiques, notamment via des réformes libérales et pro-européennes. Présenté comme un outil pragmatique plutôt que politique, il suscite des débats sur son contenu et son ambition réelle.