« C’est avec une immense tristesse que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah a appris le décès soudain de son président, Pierre-François Veil », annonce-t-elle dans un communiqué publié ce mercredi 6 mai 2026. « Nous garderons de lui la mémoire d’un homme exceptionnel, engagé, courageux et d’une profonde humanité. Il laissera une empreinte forte et durable à ceux qui auront eu la chance de le connaître. » Selon Le Figaro, Pierre-François Veil, fils cadet de Simone Veil et avocat au Barreau de Paris depuis 1979, s’est éteint à l’âge de 72 ans, emporté par une disparition qualifiée de soudaine par la Fondation.
Ce qu'il faut retenir
- Pierre-François Veil, fils de Simone Veil et président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, est décédé à 72 ans le 6 mai 2026
- Avocat au Barreau de Paris depuis 1979, il était particulièrement engagé dans la préservation de la mémoire de la Shoah
- Il a présidé la Fondation pour la Mémoire de la Shoah depuis juillet 2023, succédant à David de Rothschild
- En tant que président du Comité français pour Yad Vashem, il a œuvré pour la reconnaissance des Justes parmi les nations
- Marié à Agnès Buzyn en 1985 (trois enfants), puis à Barbara Rosnay en 1999 (une fille), il laisse derrière lui sa famille
Un héritier de l’engagement familial
Pierre-François Veil s’inscrivait dans une lignée marquée par l’histoire et la mémoire. Fils de Simone Veil, figure majeure de la mémoire de la Shoah et ancienne ministre, il a perpétué cet engagement au sein de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Dès 2014, il siégeait au Conseil d’administration de l’institution, avant d’en prendre la présidence à l’unanimité en juillet 2023, succédant à David de Rothschild. « Il a placé son mandat dans la continuité de ses prédécesseurs, en particulier de sa mère Simone, première présidente de la Fondation », précise Le Figaro.
Son parcours reflétait cette continuité. Avocat inscrit au Barreau de Paris depuis 1979, il a mis sa rigueur professionnelle au service de causes mémorielles. En tant que président du Comité français pour Yad Vashem, il a notamment œuvré à la reconnaissance des Justes parmi les nations, ces hommes et femmes ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Une mission qui s’est intensifiée dans un contexte marqué par une montée alarmante de l’antisémitisme en Europe.
L’éducation et la transmission, piliers de son action
À la tête de la Fondation, Pierre-François Veil a fait de l’éducation et de la transmission de l’histoire des enjeux centraux. Dans un entretien accordé en 2024, il soulignait l’importance de « comprendre le passé pour éclairer le présent ». Son action s’est déployée alors que les actes antisémites atteignaient des niveaux records en France, selon les statistiques officielles publiées par le ministère de l’Intérieur. — Une période où la mémoire de la Shoah devenait un rempart essentiel contre la résurgence des discours de haine.
Pierre-François Veil a également veillé à moderniser les outils de transmission. Sous son mandat, la Fondation a développé des partenariats avec des établissements scolaires pour intégrer des modules pédagogiques sur la Shoah et les génocides. « L’histoire ne doit pas être un sujet du passé, mais un levier pour construire l’avenir », expliquait-il lors d’un colloque en 2025. Une vision qui a guidé son engagement jusqu’à ses derniers jours.
Une vie marquée par des engagements familiaux et personnels
La vie personnelle de Pierre-François Veil a été aussi riche que son parcours professionnel. Né en 1954, il était le troisième enfant de Simone Veil et de son époux Antoine Veil. Après avoir épousé Agnès Buzyn en 1985, avec qui il a eu trois enfants — Stéphanie (née en 1971), Raphaël (1987) et Lucas (1994) — le couple a divorcé. Il a ensuite rencontré Barbara Rosnay, qu’il a épousée en 1999. Ensemble, ils ont accueilli une fille, Rebecca, née en 2000.
Son mariage avec Agnès Buzyn, figure politique connue pour ses fonctions à la tête de l’Assurance Maladie puis au ministère de la Santé, avait marqué les esprits. Le couple avait notamment incarné une forme de rapprochement entre les sphères judiciaire et politique. Après leur séparation, Pierre-François Veil a poursuivi son chemin aux côtés de Barbara Rosnay, partageant avec elle une vie discrète mais profondément engagée dans des causes humanitaires.
Des hommages unanimes
La disparition de Pierre-François Veil a suscité une vague d’hommages unanimes. La Fondation pour la Mémoire de la Shoah a tenu à saluer « un homme exceptionnel, engagé, courageux et d’une profonde humanité ». Dans son communiqué, l’institution a également adressé « à son épouse, à ses enfants, à son frère et à sa famille, leurs plus sincères condoléances ». Son frère, Jean Veil, avocat et ancien bâtonnier de Paris, a pour sa part évoqué « un homme discret mais déterminé, dont l’héritage dépasse largement sa propre existence ».
Les responsables politiques ont également réagi. Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué « un grand serviteur de la mémoire nationale », tandis que la ministre de l’Intérieur a rappelé son rôle « décisif dans la lutte contre l’oubli ». Même du côté de l’opposition, les hommages ont été unanimes, attestant du respect dont il bénéficiait au-delà des clivages politiques.
Un héritage à préserver
La question se pose désormais de la succession à la présidence de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Selon les statuts de l’institution, un nouveau président sera désigné par le Conseil d’administration dans les prochaines semaines. Les observateurs s’interrogent : la continuité sera-t-elle assurée, ou assistera-t-on à une réorientation des priorités ? Une chose est sûre : Pierre-François Veil laisse derrière lui une Fondation plus visible et plus engagée qu’elle ne l’était avant son arrivée.
Son action a aussi laissé une empreinte durable dans le paysage mémoriel français. Des associations comme le Mémorial de la Shoah ou Yad Vashem ont salué son rôle dans le renforcement des liens entre la France et Israël sur les questions de mémoire. « Il a su incarner une voix française forte et respectée à l’international », a déclaré une source proche de l’institution israélienne.
La disparition de Pierre-François Veil marque ainsi la fin d’une époque, mais aussi le début d’un nouveau chapitre pour la mémoire de la Shoah en France. Un chapitre dont les premières pages s’écriront sous le signe de l’héritage qu’il laisse derrière lui.
Un nouveau président sera désigné par le Conseil d’administration de la Fondation dans les prochaines semaines. Les statuts de l’institution prévoient cette procédure en cas de vacance du poste. Plusieurs noms circulent déjà, mais aucune décision n’a été officiellement annoncée à ce stade.
Il a mis l’accent sur l’éducation et la transmission de l’histoire de la Shoah, le renforcement des partenariats avec les écoles et les universités, ainsi que la lutte contre la montée de l’antisémitisme. Il a également œuvré pour la reconnaissance des Justes parmi les nations et le maintien du dialogue franco-israélien sur les questions mémorielles.