Le cessez-le-feu unilatéral annoncé mardi soir par l’Ukraine a été rompu dès la nuit suivante par la Russie, qui a lancé trois missiles et 108 drones contre plusieurs régions du pays, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Une attaque russe en violation directe du cessez-le-feu ukrainien de mardi soir.
- 108 drones et 3 missiles tirés dans la nuit sur six régions ukrainiennes.
- Des alertes aériennes ont retenti dans les oblasts de Kherson, Zaporijia, Donetsk, Kharkiv, Soumy et Mykolaïv.
- Un équipement industriel dans la région de Zaporijia visé par les frappes, selon le chef militaire local, Ivan Fedorov.
Les hostilités ont repris dès les premières heures de mercredi, malgré l’engagement pris la veille par Kiev de suspendre temporairement ses opérations militaires. Les forces russes ont ciblé des infrastructures civiles et industrielles, notamment dans la région de Zaporijia, où un site industriel a été touché. « Les Russes ont violé le cessez-le-feu dans les heures qui ont suivi son annonce », a dénoncé Ivan Fedorov, gouverneur militaire de Zaporijia, cité par Le Monde.
Les alertes aériennes ont retenti dans six régions ukrainiennes, obligeant la population à se réfugier dans les abris. Les systèmes de défense anti-aérienne ukrainiens sont entrés en action, mais les frappes ont tout de même causé des dégâts matériels. Aucune victime civile ou militaire n’a été signalée dans l’immédiat, mais les autorités locales évaluent encore l’ampleur des destructions.
Une escalade immédiate après l’annonce du cessez-le-feu ukrainien
Mardi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral « pour permettre des négociations humanitaires », une initiative saluée par plusieurs pays européens. Mais dès minuit, les premiers rapports faisaient état de tirs russes dans l’est et le sud de l’Ukraine. Les frappes ont visé des zones proches du front, où les combats restent particulièrement intenses depuis le début de l’année.
Selon des sources militaires ukrainiennes, les drones et missiles provenaient de territoires occupés par la Russie ou contrôlés par ses forces. « Ces attaques prouvent que Moscou n’a aucune intention de réduire les tensions », a commenté un haut responsable de la défense à Kiev, sous couvert d’anonymat. Le Kremlin n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations.
Un contexte déjà tendu avant l’annonce du cessez-le-feu
Les semaines précédant cette annonce étaient marquées par une intensification des combats dans plusieurs secteurs, notamment autour de la ville de Kharkiv, où les forces ukrainiennes tentent de repousser les assauts russes. Les frappes de mercredi surviennent également alors que les discussions sur une éventuelle livraison d’armes à longue portée à l’Ukraine, notamment des missiles ATACMS américains, sont en cours à Washington et Bruxelles.
Les autorités ukrainiennes avaient précisé que le cessez-le-feu ne s’appliquerait qu’à condition que la Russie respecte une réciprocité. Or, dès les premières heures, les observateurs locaux ont noté une augmentation des activités militaires russes dans les zones frontalières. « Ils testent notre réaction », a déclaré un officier ukrainien basé à Kherson, joint par Le Monde.
Cette nouvelle violation du cessez-le-feu illustre la difficulté à instaurer une trêve durable dans un conflit où chaque camp cherche à marquer des points avant d’envisager une reprise des négociations. Reste à savoir si ces frappes constituent une simple provocation ou le prélude à une nouvelle phase d’intensification des combats.
Kiev a justifié cette mesure par la volonté de permettre des négociations humanitaires et d’alléger la pression sur les populations civiles, notamment dans les zones proches du front. Cette initiative visait aussi à tester la réaction internationale et à montrer une ouverture à la paix, alors que les combats s’intensifient depuis plusieurs semaines.