Depuis plusieurs semaines, les températures dépassent régulièrement les 30°C en Maine-et-Loire. Face à cette vague de chaleur, les piscines privées deviennent un refuge prisé par les habitants pour se rafraîchir. Pourtant, cette solution suscite des débats, alors que les restrictions d’eau se multiplient dans la région. Ouest France révèle que cette pratique, bien que populaire, interroge sur son impact environnemental dans un contexte de stress hydrique croissant.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre appels en une semaine : c’est le nombre de demandes reçues par un professionnel de la piscine à Angers, illustrant l’engouement pour ces équipements privés.
  • Jusqu’à 30 m³ d’eau par an : c’est la consommation moyenne d’une piscine privée, selon les spécialistes.
  • Des restrictions d’eau déjà en vigueur dans plusieurs départements voisins, dont le Maine-et-Loire.
  • Les piscines privées représentent 10 % de la consommation d’eau en période estivale dans certaines zones urbaines.
  • Les collectivités locales envisagent des mesures pour encadrer leur usage, sans pour autant les interdire.

Un phénomène qui s’amplifie avec les canicules

À Angers, comme dans de nombreuses villes françaises, les piscines privées connaissent un véritable boom depuis le début de l’été. Les professionnels du secteur confirment une hausse des installations, notamment des modèles hors-sol, plus accessibles financièrement. « La semaine dernière, j’ai reçu quatre appels », témoigne un installateur local. Ouest France souligne que cette tendance reflète une recherche de confort face aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents. Pourtant, cette solution individuelle soulève des questions sur la gestion de l’eau, une ressource de plus en plus rare.

Selon les données de la mairie d’Angers, le nombre de déclarations de piscines privées a augmenté de 15 % entre 2024 et 2026. Un chiffre qui illustre l’adoption massive de ces équipements, malgré les alertes des autorités sur les pénuries d’eau.

Une consommation d’eau qui pose problème

Une piscine privée de taille moyenne (8 x 4 mètres) peut consommer jusqu’à 30 m³ d’eau par an, entre le remplissage initial et l’entretien régulier. Dans un département comme le Maine-et-Loire, où les nappes phréatiques sont déjà sous tension, cette pratique est pointée du doigt. Les agriculteurs, premiers concernés par les restrictions, dénoncent un déséquilibre dans la répartition de la ressource. « On comprend que les gens veuillent se rafraîchir, mais il faut trouver un équilibre », explique un porte-parole de la Chambre d’agriculture locale.

Ouest France indique que plusieurs communes du département ont déjà instauré des mesures incitatives pour limiter la consommation d’eau, sans pour autant cibler directement les piscines. Certaines villes, comme Le Mans, ont même imposé des quotas journaliers pour les usages non essentiels.

Des solutions alternatives pour un rafraîchissement raisonné

Face aux critiques, certains propriétaires de piscines privées optent pour des solutions plus économes en eau. Les modèles à débordement, par exemple, permettent de réduire les pertes par évaporation. D’autres se tournent vers des systèmes de récupération d’eau de pluie pour remplir leur bassin. « C’est une piste intéressante, mais elle reste marginale », tempère un expert en gestion de l’eau. Selon lui, ces alternatives nécessitent des investissements que tous les ménages ne peuvent pas se permettre.

Dans le même temps, les collectivités locales réfléchissent à des mesures pour encadrer l’installation des piscines. Une réflexion est en cours au niveau régional pour intégrer des critères environnementaux dans les autorisations d’urbanisme. « L’objectif n’est pas d’interdire, mais de sensibiliser », précise un élu angevin.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont envisagées pour concilier confort estival et préservation de l’eau. Une réunion est prévue en septembre entre les services de l’État, les collectivités et les professionnels du secteur pour définir des règles communes. Parmi les mesures envisagées : des subventions pour les équipements économes ou des campagnes de sensibilisation ciblées. Reste à voir si ces initiatives suffiront à apaiser les tensions entre les différents usagers de l’eau.

D’ici là, les propriétaires de piscines devront composer avec les restrictions en vigueur. Certains anticipent déjà une baisse de leur consommation, tandis que d’autres maintiennent leur usage, quitte à s’exposer à des sanctions. Une chose est sûre : la question de l’eau en période de canicule n’est pas près de s’éteindre.

En Maine-et-Loire, les restrictions varient selon les zones et le niveau de sécheresse. Depuis juillet 2026, plusieurs communes appliquent des quotas journaliers pour les usages non essentiels, comme l’arrosage des jardins ou le remplissage des piscines. Les sanctions en cas de non-respect peuvent aller jusqu’à 1 500 € d’amende.