Chaque été, des millions de Français profitent des bienfaits de la marche pieds nus sur le sable. Pourtant, cette activité apparemment anodine sollicite davantage les pieds et les articulations qu’on ne le pense. Deux podologues livrent leurs recommandations pour en tirer tous les avantages sans risquer de douleurs, selon Top Santé.
Ce qu'il faut retenir
- Le sable mou exerce une pression jusqu’à 1,5 fois le poids du corps à chaque pas, contre 1 fois sur un sol dur.
- Les personnes souffrant de fasciite plantaire ou d’arthrose doivent adapter la durée et l’intensité de leurs marches.
- Les podologues recommandent de limiter à 30 minutes les premières sorties et d’alterner avec des chaussures légères.
- Le choix du terrain est crucial : le sable dur, proche de l’eau, est moins traumatisant que le sable profond.
- Des étirements avant et après la marche permettent de prévenir les tensions musculaires.
Une activité aux vertus reconnues, mais à doser avec précaution
Marcher pieds nus sur la plage muscle les pieds, améliore la proprioception et favorise la circulation sanguine. Ces bénéfices sont soulignés par de nombreuses études en kinésithérapie. Cependant, cette pratique n’est pas sans risques pour les articulations. « Le sable mou absorbe moins les chocs que le bitume, mais il crée une instabilité qui sollicite différemment les muscles et les tendons », explique le Dr Martin Leroy, podologue à Biarritz. Selon lui, chaque pas peut engendrer une pression équivalente à 1,5 fois le poids de la personne.
Les articulations des chevilles, genoux et hanches sont particulièrement mises à l’épreuve. Les personnes en surpoids ou souffrant de troubles orthopédiques doivent donc redoubler de prudence. « On observe une recrudescence des consultations pour des douleurs plantaires ou des tendinites après l’été », précise-t-il. Une raison de plus pour adapter sa pratique.
Le sable dur, près de l’eau, privilégié par les spécialistes
Tous les types de sable ne se valent pas. Les podologues interrogés par Top Santé s’accordent sur un point : le sable compact, situé près du rivage, est le plus adapté. « C’est un compromis idéal entre stabilité et absorption des chocs », détaille la Dre Élise Moreau, spécialiste en médecine du sport à La Baule. À l’inverse, le sable profond et meuble, bien que plus agréable au toucher, augmente considérablement l’effort musculaire.
Pour les débutants, les experts conseillent de commencer par des parcours courts, de 10 à 15 minutes, en observant ses sensations. « Il faut écouter son corps et éviter de forcer si une douleur apparaît », insiste la Dre Moreau. Les chaussures légères, type sandales de randonnée, peuvent être portées pour soulager les pieds lors des descentes vers la plage ou les montées vers le parking.
Étirements et progressivité : les clés pour éviter les blessures
Avant de s’élancer sur le sable, quelques exercices préparatoires sont recommandés. « Un échauffement des pieds et des mollets réduit les risques de claquages ou d’irritations », indique le Dr Leroy. Il suggère notamment de rouler une balle de tennis sous la voûte plantaire ou de faire des rotations de chevilles. Après la marche, des étirements des ischio-jambiers et des quadriceps aident à relâcher les tensions accumulées.
La durée des séances doit être progressive. « Pour un adulte en bonne santé, une heure de marche pieds nus est acceptable, à condition d’y aller par étapes », précise la Dre Moreau. Pour les personnes moins habituées ou présentant des fragilités, les podologues recommandent de ne pas dépasser 30 minutes lors des premières tentatives. L’idéal ? Alterner avec des phases de repos et surveiller l’apparition de rougeurs ou de gonflements.
« Le sable est un excellent outil de rééducation, mais il ne faut pas en abuser. Comme pour toute activité physique, la modération est de mise. »
— Dr Martin Leroy, podologue à Biarritz
Pour les municipalités, certaines plages commencent à installer des panneaux rappelant les bonnes pratiques. Une initiative qui pourrait se généraliser, à l’image de ce qui se fait déjà pour les zones de baignade surveillées.
Les podologues cités par Top Santé recommandent d’interrompre immédiatement la marche en cas de douleur aiguë au talon, à la voûte plantaire ou aux articulations. L’apparition de rougeurs, gonflements ou une sensation de brûlure persistante après la séance sont également des alertes à ne pas ignorer.