Une plainte pour traite d’êtres humains a été déposée à l’encontre des géants des livraisons à vélo UberEats et Deliveroo, une procédure qui a immédiatement suscité une vague de mobilisation parmi les travailleurs des plateformes. Comme le rapporte Libération, cette initiative judiciaire, déposée en avril 2026, vise à mettre en lumière les conditions de travail jugées « indignes » et « proches de l’esclavage moderne » par les livreurs, qui dénoncent des pratiques abusives et une précarité croissante.

Ce qu'il faut retenir

  • Une plainte pour traite d’êtres humains a été déposée contre UberEats et Deliveroo en avril 2026.
  • Les livreurs dénoncent des conditions de travail précaires et des pratiques abusives.
  • Des associations spécialisées ont réagi en soutenant cette mobilisation.
  • Les travailleurs réclament une amélioration de leur statut et de leurs droits.

Une plainte judiciaire aux relents de « l’esclavage moderne »

Selon les termes employés par les plaignants et relayés par Libération, la procédure judiciaire vise à qualifier les conditions imposées aux livreurs de « traite d’êtres humains ». Les travailleurs dénoncent notamment un système où les rémunérations, calculées au kilomètre ou à la course, ne couvrent souvent même pas le salaire minimum, sans parler des frais professionnels à leur charge. « C’est ça, l’esclavage, regardez-nous ! », s’exclame un livreur de Paris, dont les propos sont rapportés par le quotidien. La plainte, déposée par plusieurs collectifs de livreurs, s’appuie sur des témoignages et des données économiques pour étayer ses accusations.

Des travailleurs en première ligne face à la précarité

Les livreurs à vélo, souvent auto-entrepreneurs ou indépendants selon les plateformes, subissent une pression constante pour accepter un maximum de courses afin de maintenir un revenu décent. D’après Libération, certains effectuent jusqu’à 12 heures par jour, sept jours sur sept, sans garantie de pauses ou de protection sociale. Les frais de matériel (vélos, équipements, assurances) pèsent lourdement sur leur budget, réduisant encore leurs marges. « On est payés à la course, mais on paie pour travailler », résume un livreur bordelais. Les associations d’aide aux travailleurs, comme la CGT-Livreur ou Solidaires, confirment ces constats et appellent à une réforme urgente du statut des livreurs de plateformes.

Les plateformes dans le viseur des critiques

UberEats et Deliveroo, deux des acteurs majeurs du secteur en France, sont régulièrement pointés du doigt pour leur modèle économique basé sur la sous-traitance et la flexibilité extrême. Malgré des bénéfices records enregistrés ces dernières années, les livreurs ne bénéficient d’aucune couverture maladie, retraite ou assurance chômage. D’après Libération, les deux entreprises n’ont pas encore réagi officiellement à cette plainte, mais leur silence est interprété comme une absence de volonté de changement par les syndicats et les associations. « Les plateformes préfèrent externaliser les risques plutôt que d’assumer leurs responsabilités sociales », dénonce un porte-parole de la CGT-Livreur.

« Les livreurs ne sont pas des entrepreneurs, mais des travailleurs dépendants des algorithmes qui fixent leurs conditions. C’est une forme de travail forcé déguisé. »
Une responsable de l’association Droits des Livreurs

Et maintenant ?

La plainte déposée en avril 2026 devrait être instruite dans les prochains mois, avec un possible renvoi devant un tribunal correctionnel si les charges sont retenues. Les collectifs de livreurs appellent à une grève nationale dès la semaine prochaine, tandis que des négociations sont attendues avec les pouvoirs publics. Le gouvernement pourrait être poussé à légiférer sur le statut des livreurs, une promesse électorale qui tarde à se concrétiser. Reste à voir si cette mobilisation aboutira à des avancées concrètes pour des dizaines de milliers de travailleurs.

En attendant, les livreurs continuent de défiler dans les rues, brandissant des pancartes où l’on peut lire : « On veut des droits, pas des miettes ». Une mobilisation qui pourrait bien redéfinir l’avenir du travail des plateformes en France.

La plainte déposée en avril 2026 doit d’abord être examinée par le parquet, qui décidera d’un éventuel renvoi devant un tribunal correctionnel. Si les charges de traite d’êtres humains sont retenues, une instruction pourrait durer plusieurs mois avant un procès. Les associations et syndicats espèrent une décision rapide, compte tenu de l’urgence sociale soulevée par cette affaire.