Alors que les enfants des cantines scolaires, des crèches ou des maternités sont quotidiennement exposés à la vaisselle en plastique, une proposition de loi transpartisane sera examinée ce jeudi 4 juin à l’Assemblée nationale. Porté par plusieurs groupes politiques, le texte vise à interdire définitivement l’ensemble de la vaisselle jetable en plastique dans ces établissements, comme le rapporte Franceinfo - Santé.
Ce qu'il faut retenir
- À ce jour, seuls les contenants en plastique (bacs, barquettes) sont interdits dans les cantines, crèches et maternités.
- La proposition de loi entend étendre cette interdiction à toute la vaisselle jetable (assiettes, couverts, récipients).
- Le plastique libère des substances chimiques dangereuses et des microplastiques, selon des études récentes.
- Les risques pour les enfants incluent des troubles hormonaux et du neurodéveloppement, selon une étude publiée dans The Lancet en 2025.
- L’ONG Zero Waste France qualifie la situation actuelle de « aberration » et soutient activement ce texte.
Depuis 2020, la réglementation interdit déjà l’usage de plastique pour les contenants destinés à la préparation ou au réchauffage des plats dans les cantines scolaires, les crèches et les maternités. Pourtant, rien n’a été fait pour les assiettes, couverts ou gobelets en plastique utilisés par les enfants au quotidien. « Il y a là une aberration », dénonce Marine Bonavita, chargée de plaidoyer chez Zero Waste France. L’association rappelle que le plastique, en se dégradant, libère des substances chimiques nocives et des microplastiques, dont l’ingestion représente un risque avéré pour la santé.
Ces dangers sont particulièrement préoccupants pour les enfants, dont l’organisme est en plein développement. Une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet en 2025 a mis en lumière les risques accrus de troubles hormonaux et de perturbations du neurodéveloppement liés à l’exposition prolongée aux microplastiques. «
Quand on utilise du plastique de manière répétée, au fur et à mesure du temps, il va se dégrader. Cela contamine ensuite l’organisme.» précise Marine Bonavita. Face à ces constats, Zero Waste France se dit « très optimiste » quant à l’adoption de cette proposition de loi par l’Assemblée nationale. Le texte, soutenu par une majorité transpartisane, devrait ensuite être transmis au Sénat pour une adoption définitive.
Une mesure déjà appliquée dans certaines communes
Certaines collectivités locales ont d’ores et déjà pris les devants pour bannir le plastique de leurs cantines. C’est le cas de la ville de Montrouge, en région parisienne, qui a interdit toute la vaisselle jetable en plastique depuis plusieurs années. Son expérience pourrait servir de modèle aux autres communes souhaitant accélérer leur transition écologique. « Nous avons observé une amélioration notable de la qualité des repas servis et une réduction des déchets », explique un responsable municipal cité par Franceinfo - Santé. Cette initiative locale illustre la faisabilité technique et organisationnelle de la mesure, malgré les défis logistiques qu’elle implique pour les collectivités.
Les défenseurs de l’environnement soulignent également que cette interdiction s’inscrit dans une logique plus large de réduction des déchets plastiques, alors que la France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Selon les dernières données de l’Agence de la transition écologique (ADEME), les cantines scolaires produisent chaque année plus de 30 000 tonnes de déchets plastiques en France, un chiffre qui pourrait être drastiquement réduit avec cette mesure.
Les alternatives au plastique : des solutions déjà disponibles
Contrairement aux idées reçues, les alternatives au plastique existent et sont déjà utilisées dans de nombreuses cantines. Les assiettes en mélamine, en bambou ou en matériaux compostables, ainsi que les couverts en inox ou en bois, offrent des solutions durables et sûres. « Les collectivités qui ont adopté ces alternatives n’ont pas rencontré de difficultés majeures », assure Marine Bonavita. Certaines communes ont même opté pour un système de consigne, permettant de réutiliser les contenants en verre ou en plastique dur plusieurs fois avant recyclage.
Le surcoût lié à ces alternatives est souvent compensé par des subventions de l’État ou des aides régionales. Par exemple, le programme « Cantines Durables » lancé par le ministère de la Transition écologique en 2024 prévoit un soutien financier pour les communes souhaitant abandonner le plastique. « Le retour sur investissement est rapide, surtout lorsqu’on prend en compte les économies réalisées sur la gestion des déchets », précise un expert en économie circulaire interrogé par Franceinfo - Santé.
En attendant, la pression monte sur les pouvoirs publics pour que cette interdiction ne reste pas lettre morte. Zero Waste France a d’ores et déjà annoncé qu’elle suivrait de près le vote de ce jeudi, tout en préparant des campagnes de sensibilisation auprès des parents et des élus locaux. Une chose est sûre : le débat sur l’avenir de la vaisselle jetable dans les cantines est loin d’être clos.
La proposition de loi vise spécifiquement les cantines scolaires, les crèches et les maternités, c’est-à-dire tous les établissements accueillant des enfants de moins de six ans.
Le texte ne prévoit pas de sanctions immédiates, mais les établissements pourraient être tenus de se mettre en conformité sous peine de perdre des subventions publiques. Une période de transition est également envisagée pour permettre aux collectivités de s’adapter.