Un collectif inédit de plus de 1 200 artistes et professionnels de la musique publie ce jeudi 18 juin une tribune pour alerter sur les menaces pesant sur la liberté de création. Selon Franceinfo - Culture, l’appel, intitulé « L’Appel des 1000 : la musique en résistance », est soutenu par le Syndicat des musiques actuelles (SMA) et s’accompagne du lancement officiel du collectif « Cultures Futures » à Paris.
Parmi les signataires figurent des figures emblématiques comme November Ultra, Renaud, Bernard Lavilliers, Barbara Pravi, Ebony, IAM ou encore Les Ogres de Barback. Leur tribune, publiée sur le site de Politis, met en garde contre deux dangers majeurs : l’influence croissante de l’extrême droite et la concentration industrielle dans le secteur culturel.
Ce qu'il faut retenir
- 1 200 artistes et professionnels de la musique signent un appel pour défendre la liberté de création.
- La tribune, intitulée « L’Appel des 1000 : la musique en résistance », est soutenue par le Syndicat des musiques actuelles (SMA).
- Les signataires s’inquiètent de la montée de l’extrême droite et de la concentration industrielle dans la culture.
- Le collectif « Cultures Futures » est officiellement lancé ce jeudi à Paris.
- Les artistes appellent à un modèle culturel fondé sur la pluralité, la liberté de création et l’intérêt général.
Un mouvement né dans la continuité des secteurs de l’édition et du cinéma
Ce collectif s’inscrit dans la continuité des initiatives déjà lancées par les milieux de l’édition et du cinéma. Après des appels similaires dans ces secteurs, les professionnels de la musique choisissent à leur tour de s’unir face aux défis qui pèsent sur la diversité artistique. La tribune souligne que « l’heure n’est plus à la simple résistance », mais à la construction d’un projet commun pour préserver un modèle culturel indépendant et pluraliste.
Les signataires rappellent que la culture doit rester « libre, plurielle et contradictoire ». Ils s’alarment notamment de l’élection présidentielle de 2027, évoquant le risque d’un « basculement officiel du pays à l’extrême droite » et de l’influence des forces réactionnaires dans le paysage politique et médiatique.
Une mobilisation contre deux menaces : l’extrême droite et les monopoles industriels
Dans leur appel, les artistes dénoncent non seulement la montée des discours d’extrême droite, mais aussi la concentration croissante des pouvoirs dans le secteur culturel. Ils critiquent un modèle économique qui favorise les monopoles au détriment des petits acteurs et de la diversité des expressions artistiques. « Nous avons besoin d’un projet commun : une culture fondée sur la coopération plutôt que la concentration, sur la proximité plutôt que le gigantisme, sur les communs plutôt que les monopoles », écrivent-ils.
Le collectif « Cultures Futures » se veut ainsi une réponse collective à ces enjeux. Il rassemble des artistes, des associations et des syndicats autour d’une vision commune : défendre un secteur culturel indépendant, accessible à tous et ancré dans les territoires.
Des personnalités engagées au côté des valeurs de pluralisme et de liberté
Parmi les signataires, on trouve des artistes aux engagements politiques et sociaux marqués. Renaud, connu pour son militantisme, a souvent dénoncé les dérives du système économique et politique. Bernard Lavilliers, dont la carrière s’étend sur plusieurs décennies, a toujours porté une attention particulière aux luttes sociales et culturelles. Barbara Pravi, représentante de la France à l’Eurovision en 2021, incarne quant à elle la nouvelle génération d’artistes engagés.
D’autres noms, comme ceux de Les Ogres de Barback ou IAM, rappellent que la résistance culturelle ne date pas d’aujourd’hui. Ces groupes, actifs depuis des années, ont toujours défendu une musique ancrée dans les réalités sociales et territoriales. Leur présence parmi les signataires renforce la légitimité de cet appel.
La tribune s’achève sur un constat sans appel : « L’heure n’est plus à la simple résistance. » Pour les artistes signataires, l’enjeu est désormais de construire un nouveau modèle culturel, résolument tourné vers l’avenir et la défense des valeurs démocratiques.
Le collectif vise à défendre un modèle culturel fondé sur la pluralité des expressions, la liberté de création et l’intérêt général. Ses membres appellent à une coopération entre acteurs culturels plutôt qu’à la concentration industrielle, et souhaitent promouvoir une culture ancrée dans les territoires plutôt que dans les monopoles économiques.