Le nombre de mineurs sans abri en France a atteint plus de 2 300 enfants en 2026, selon le baromètre annuel publié ce mercredi 26 août par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité. Un chiffre en progression constante depuis 2022, alors que le gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif de « zéro enfant à la rue ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le baromètre 2026 recense plus de 2 300 enfants sans abri en France, soit une hausse continue depuis 2022.
  • Cet indicateur est publié chaque année par l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité.
  • Le gouvernement français s’était engagé à éradiquer la présence d’enfants dans la rue d’ici 2026.
  • Malgré les promesses, la situation s’aggrave, avec une hausse de 15 % en un an selon les associations.
  • Les causes évoquées incluent la précarité économique, le manque de places en hébergement d’urgence et les dysfonctionnements des dispositifs existants.

Un constat alarmant, confirmé par les associations

Pour la troisième année consécutive, l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité dressent un bilan accablant. Le chiffre de 2 300 enfants à la rue représente une réalité bien éloignée des promesses politiques. « Ce n’est pas une surprise, mais c’est une honte pour notre société », a réagi Marie-Ange Grégory, présidente de la Fédération des acteurs de la solidarité. « Les dispositifs censés protéger ces enfants sont saturés, et les familles se retrouvent livrées à elles-mêmes. »

Le baromètre s’appuie sur des données collectées auprès des associations locales, des services sociaux et des collectivités territoriales. Selon ces sources, la majorité de ces enfants vivent dans des familles monoparentales ou issues de l’immigration, souvent dans des conditions de grande précarité. Les régions les plus touchées restent l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France.

Des promesses politiques non tenues

En 2020, le gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif de « zéro enfant à la rue » d’ici 2026, dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Pourtant, les chiffres montrent une aggravation de la situation. « Les moyens alloués sont insuffisants, et les délais pour mettre en place des solutions adaptées sont régulièrement dépassés », a déploré Thomas Uthayakumar, coordinateur national de l’Unicef France.

Parmi les mesures annoncées, on citait notamment le renforcement des places en hébergement d’urgence, la création de centres d’accueil spécialisés pour les mineurs isolés et l’amélioration de l’accès aux droits sociaux. Or, selon le baromètre, seulement 40 % des enfants repérés ont pu être orientés vers un hébergement temporaire. Les autres errent dans les rues ou sont hébergés dans des conditions indignes.

Les associations réclament des actions concrètes

Face à cette situation, les organisations humanitaires multiplient les appels à l’action. « Il faut des moyens immédiats pour loger ces enfants et leurs familles », a insisté Marie-Ange Grégory. « La crise du logement touche tout le monde, mais les enfants sont les premières victimes. » Elle a également pointé du doigt les retards administratifs et le manque de coordination entre les acteurs.

Le gouvernement, contacté par nos soins, n’a pas encore réagi officiellement à ces chiffres. Pourtant, en 2025, la ministre des Solidarités avait annoncé un « plan d’urgence » pour accélérer la mise à l’abri des mineurs. Un bilan de ce plan doit être présenté avant la fin de l’année, mais les associations redoutent qu’il ne suffise pas.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront décisives : le gouvernement doit présenter un nouveau plan d’action d’ici la fin de l’année 2026. Celui-ci devra inclure des mesures immédiates pour loger les enfants déjà à la rue, mais aussi des solutions structurelles pour éviter que d’autres ne se retrouvent dans la même situation. Une échéance qui s’annonce difficile à tenir, au vu de la tendance actuelle.

Dans l’attente, les associations appellent les citoyens à interpeller les élus locaux et nationaux. « Chaque voix compte pour faire pression sur les décideurs », a souligné Thomas Uthayakumar. « Sans une mobilisation forte, la situation ne s’améliorera pas. »

Selon le baromètre 2026, les régions les plus concernées sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France, où la précarité et le manque de places en hébergement sont les plus marqués.