Plus de 20 000 civils cambodgiens déplacés par les combats à la frontière avec la Thaïlande en décembre 2025 n’ont toujours pas pu regagner leur foyer, sept mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, comme l’a révélé une mission onusienne conduite par le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains au Cambodge. Selon RFI, qui relaie les conclusions de cette enquête, Phnom Penh accuse l’armée thaïlandaise d’occuper illégalement une partie du territoire national, une allégation rejetée par Bangkok.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 20 000 Cambodgiens déplacés en décembre 2025 à la suite des combats frontaliers restent sans solution de retour.
- Un cessez-le-feu a été conclu en décembre 2025, mais les négociations sur un règlement définitif n’ont pas encore abouti.
- Le Cambodge accuse la Thaïlande d’occupation illégale de son territoire, ce que Bangkok dément catégoriquement.
- La mission de Tom Andrews, rapporteur spécial de l’ONU, a confirmé ce blocage prolongé après une visite sur place.
Une situation humanitaire toujours bloquée malgré le cessez-le-feu
Sept mois après l’accord de trêve signé en décembre 2025 entre Phnom Penh et Bangkok, les populations civiles affectées par les affrontements frontaliers n’ont toujours pas pu rentrer chez elles. Plus de 20 000 personnes, selon les dernières estimations, sont toujours hébergées dans des camps de fortune ou chez des proches, sans perspective immédiate de retour.
La mission du rapporteur spécial de l’ONU, Tom Andrews, a permis de dresser un état des lieux précis de la situation. « Les conditions de vie dans les camps restent précaires, avec des besoins persistants en abris, nourriture et soins médicaux », a-t-il souligné lors de sa visite. Les autorités cambodgiennes ont exprimé leur inquiétude quant à l’absence de progrès concrets dans les négociations bilatérales.
Phnom Penh et Bangkok s’opposent sur la question territoriale
Le gouvernement cambodgien maintient ses accusations contre l’armée thaïlandaise, affirmant qu’elle occupe illégalement une partie du territoire national dans la région frontalière. Selon les autorités de Phnom Penh, cette occupation empêcherait le retour des déplacés et prolongerait la crise humanitaire. « La présence militaire thaïlandaise sur notre sol est une violation flagrante de notre souveraineté », a rappelé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cambodgien.
De son côté, Bangkok rejette catégoriquement ces allégations. « Aucune partie du territoire cambodgien n’est occupée par les forces thaïlandaises », a affirmé un responsable du gouvernement thaïlandais. Les deux pays peinent à trouver un terrain d’entente, malgré les médiations internationales en cours. Les tensions persistent, notamment sur la définition exacte de la frontière dans cette zone.
L’ONU appelle à une solution rapide pour éviter une crise durable
Dans son rapport préliminaire, le rapporteur spécial de l’ONU, Tom Andrews, a appelé à une accélération des négociations entre les deux pays pour permettre le retour des déplacés. « La situation humanitaire ne peut plus attendre. Les familles doivent pouvoir rentrer chez elles en sécurité », a-t-il déclaré. Il a également souligné l’importance d’une enquête indépendante sur les violences passées et les responsabilités éventuelles.
Les Nations unies ont proposé leur médiation pour faciliter le dialogue, mais aucune rencontre formelle n’a encore abouti à des avancées tangibles. Les organisations humanitaires, comme le HCR et la Croix-Rouge, continuent d’apporter un soutien d’urgence aux populations affectées, tout en appelant à une solution politique durable.
Pour l’heure, les 20 000 déplacés cambodgiens restent dans l’incertitude, entre espoir de retour et crainte d’un enlisement du conflit. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, tout en appelant au respect des droits des populations civiles.