Une équipe d’astronomes vient de publier une étude confirmant une baisse significative de la pression atmosphérique à la surface de Pluton. Selon Futura Sciences, ces observations, menées depuis la Terre par le biais d’occultations stellaires, révèlent une diminution de **16 %** de la pression globale entre 2021 et juillet 2023.

Ce qu'il faut retenir

  • La pression atmosphérique de Pluton a chuté de 16 % entre 2021 et juillet 2023, selon des mesures réalisées depuis le sol terrestre.
  • Cette baisse s’explique par l’éloignement progressif de la planète naine par rapport au Soleil, entraînant un refroidissement de son atmosphère.
  • L’atmosphère de Pluton, composée principalement d’azote, de méthane et de monoxyde de carbone, pourrait finir par se condenser et geler.
  • Les chercheurs ont analysé dix occultations stellaires entre 2017 et 2023 pour parvenir à ces conclusions.
  • Pluton, dont l’orbite est fortement elliptique, se trouve actuellement en phase d’éloignement du Soleil.

Une méthode d’observation innovante depuis la Terre

Pour étudier l’atmosphère de Pluton, les scientifiques ont utilisé une technique vieille de plusieurs décennies : les occultations stellaires. Ce phénomène se produit lorsque Pluton passe devant une étoile, occultant temporairement sa lumière. En analysant la manière dont la lumière de l’étoile est atténuée avant et après son passage derrière la planète, les chercheurs parviennent à déduire les propriétés de son atmosphère, même si celle-ci est extrêmement ténue. « Je suis toujours émerveillée de constater que la technique très simple consistant à regarder la lumière d’une étoile diminuer puis réapparaître nous permet d’étudier une atmosphère dont la pression n’est que de quelques millionièmes de celle de la Terre », a déclaré Amanda Sickafoose, planétologue au Planetary Science Institute et autrice principale de l’étude.

Cette méthode, bien que rudimentaire en apparence, offre une précision remarquable. Pluton, dont la taille équivaut aux deux tiers de celle de la Lune et qui se trouve trente fois plus loin du Soleil que la Terre, présente une atmosphère si fine que son étude depuis le sol terrestre relève du défi technique. Pourtant, les observations menées par l’équipe d’Amanda Sickafoose ont permis de suivre l’évolution de cette atmosphère sur une décennie.

Une atmosphère en sursis, liée à l’orbite de Pluton

L’atmosphère de Pluton, principalement composée d’azote, est en réalité un phénomène temporaire. La planète naine, trop petite pour retenir durablement la chaleur de sa formation, voit son atmosphère se comporter comme un fluide qui se condense et se sublime en fonction de sa distance au Soleil. Son orbite, fortement elliptique, la fait passer de 29,7 unités astronomiques (UA) au périhélie – point le plus proche du Soleil – à 49,5 UA à l’aphélie, son point le plus éloigné. Une année sur Pluton dure 248,1 années terrestres, ce qui signifie que chaque saison y est extrêmement longue.

Actuellement, Pluton s’éloigne du Soleil. En recevant moins de lumière et de chaleur, son atmosphère se refroidit, provoquant une baisse de pression. Les chercheurs estiment que cette tendance pourrait se poursuivre jusqu’à ce que l’atmosphère gèle progressivement à la surface de la planète naine. « Il n’y a rien de mystérieux derrière ce phénomène. L’orbite de Pluton est particulièrement elliptique, ce qui veut dire que sa distance au Soleil varie de façon significative au fil de son trajet », a expliqué Amanda Sickafoose. Cette baisse de pression, mesurée à 16 % entre 2021 et juillet 2023, illustre bien cette dynamique.

Des brumes et des composés carbonés sous surveillance

Les images prises par la sonde New Horizons en 2015 avaient révélé la présence de brumes dans l’atmosphère de Pluton, formées par des composés carbonés comme le méthane et le monoxyde de carbone. Ces brumes, visibles sous forme de couches diffuses, témoignent d’une activité chimique complexe malgré la finesse de l’atmosphère. Cependant, avec la baisse de pression observée, ces phénomènes pourraient s’atténuer, voire disparaître à terme.

Les données recueillies lors des occultations stellaires confirment que la composition de l’atmosphère évolue. Les chercheurs ont pu observer comment la lumière des étoiles était filtrée à travers les différentes couches de l’atmosphère plutonienne, fournissant des indices sur la concentration des gaz présents. Ces mesures, réalisées à partir de grands observatoires terrestres, montrent que la pression à la surface de Pluton reste extrêmement faible, de l’ordre de quelques millionièmes de celle de la Terre.

Et maintenant ?

Les prochaines années seront cruciales pour comprendre l’évolution à long terme de l’atmosphère de Pluton. Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs observations par occultations stellaires, une méthode qui ne nécessite pas de mission spatiale coûteuse. À plus long terme, si la tendance se confirme, Pluton pourrait perdre la totalité de son atmosphère d’ici plusieurs décennies, lorsque son orbite l’éloignera encore davantage du Soleil. Pour l’instant, aucune mission n’est prévue pour étudier spécifiquement ce phénomène, mais les données recueillies par New Horizons en 2015 restent une référence essentielle pour les scientifiques.

Cette étude, publiée dans The Planetary Science Journal, rappelle l’importance des observations depuis la Terre pour surveiller les corps célestes lointains. Alors que les missions spatiales comme New Horizons fournissent des instantanés précieux, les techniques d’observation terrestre permettent de suivre l’évolution sur le long terme. Une démonstration de plus que, même à des milliards de kilomètres, Pluton n’a pas fini de livrer ses secrets.

La baisse de pression est directement liée à l’orbite elliptique de Pluton. En s’éloignant du Soleil, la planète naine reçoit moins de lumière et de chaleur, ce qui refroidit son atmosphère et provoque une condensation progressive des gaz, réduisant ainsi la pression à sa surface.

Une occultation stellaire se produit lorsque Pluton passe devant une étoile, bloquant temporairement sa lumière. En analysant la manière dont la lumière de l’étoile est atténuée avant et après son passage derrière Pluton, les scientifiques peuvent déduire des propriétés de son atmosphère, comme sa pression, sa composition et la présence de brumes.