Les propos tenus récemment par l’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, Édouard Philippe, lors d’un déplacement à La Réunion, ont ravivé les tensions autour de la question coloniale. Comme en 2025, celui-ci a une nouvelle fois refusé de qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité », une position qui suscite l’indignation de la gauche réunionnaise et des associations mémorielles.
Ce qu'il faut retenir
- Refus catégorique : Édouard Philippe a une nouvelle fois écarté le terme de « crime » pour désigner la colonisation, une position déjà exprimée en 2025.
- Réactions vives : La gauche locale et les associations historiques dénoncent un « profond aveuglement » face à l’histoire coloniale de l’île.
- Contexte politique : Ce débat s’inscrit dans un contexte de campagne électorale, où les questions mémorielles prennent une place croissante.
- Enjeux locaux : À La Réunion, l’héritage colonial reste un sujet sensible, notamment en raison de son passé d’esclavage et de son statut de département français d’outre-mer.
Un déplacement marqué par la polémique
Lors d’une visite officielle sur l’île, Édouard Philippe a réitéré son refus de qualifier la colonisation de « crime », une position qu’il avait déjà défendue lors de précédentes interventions. Selon nos confrères de Libération, ces déclarations ont immédiatement suscité des réactions vives parmi les élus et les associations locales, pour qui cette formulation relève d’une minimisation des crimes historiques. « La colonisation n’a pas été un crime, mais elle a été une période de domination et d’exploitation », avait-il précisé lors d’un meeting à Saint-Denis.
La gauche réunionnaise monte au créneau
Les partis de gauche, notamment La France Insoumise et le Parti communiste réunionnais, ont vivement critiqué les propos du candidat. « C’est un profond aveuglement historique que de refuser de reconnaître les crimes de la colonisation », a dénoncé le député de La Réunion, **Huguette Bello**, membre du groupe LFI à l’Assemblée nationale. De son côté, le maire de Saint-Paul, **Stéphane Fouassin** (PS), a rappelé que « La Réunion porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation, et nier cette réalité, c’est faire preuve d’un manque de respect envers nos ancêtres ».
Un débat récurrent dans la campagne présidentielle
Cette prise de position d’Édouard Philippe s’inscrit dans un débat plus large sur la reconnaissance des crimes coloniaux, qui anime la campagne présidentielle. Plusieurs candidats ont déjà exprimé leur volonté de voir la France reconnaître officiellement les crimes de la colonisation, notamment en Afrique et dans les territoires d’outre-mer. En 2025, une proposition de loi avait été déposée en ce sens, mais elle n’avait pas abouti. « La question mémorielle est essentielle pour construire une société apaisée », a rappelé **Olivier Faure**, premier secrétaire du Parti socialiste, lors d’une intervention publique.
« La colonisation n’a pas été un crime, mais elle a été une période de domination et d’exploitation. » — Édouard Philippe, lors d’un meeting à Saint-Denis (La Réunion)
Pour l’heure, le débat reste ouvert : la France parviendra-t-elle à tourner définitivement la page d’un passé colonial encore douloureux ? La question, loin d’être tranchée, continue de diviser.
Cette qualification implique une reconnaissance juridique et morale des crimes commis pendant la colonisation, notamment l’esclavage et l’exploitation des populations. Pour certains historiens et associations, cette reconnaissance est indispensable pour tourner la page et permettre une véritable réconciliation. D’autres, comme Édouard Philippe, estiment que la colonisation relève davantage d’un « passé douloureux » que d’un « crime » au sens pénal du terme.