Au Maroc, l’examen national de français pour les élèves de première a suscité une vive polémique début juin 2026. Le sujet proposé aux candidats invitait à discuter d’une affirmation selon laquelle « la femme est faite pour se marier et faire des enfants ». Cette formulation, jugée sexiste par une partie de la société civile et des internautes, a déclenché une vague de protestations sur les réseaux sociaux. Selon Ouest France, les réactions ont été immédiates, révélant des tensions persistantes autour des stéréotypes de genre dans le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Un sujet du baccalauréat de français en première au Maroc proposait de débattre si « la femme est faite pour se marier et faire des enfants ».
- Cette question a provoqué une vague de protestations sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile marocaine.
- Les associations féministes et des internautes dénoncent un sujet « rétrograde » et « hors-sujet ».
- Le ministère de l’Éducation n’a pas encore réagi officiellement à cette polémique.
Un sujet de débat jugé anachronique par les défenseurs des droits des femmes
La polémique a pris de l’ampleur dès l’annonce des sujets du baccalauréat, le 3 juin 2026, selon les informations d’Ouest France. Le libellé exact de la question soulevait un débat sur la place de la femme dans la société marocaine, en la réduisant à un rôle domestique traditionnel. « Ce sujet relève d’une vision dépassée et essentialiste des rôles de genre », a réagi l’association marocaine Union pour le Progrès de la Femme (UPF). Les défenseurs des droits des femmes y voient une tentative de normalisation de stéréotypes nuisibles, en contradiction avec les avancées légales récentes, comme la réforme du Code de la famille en 2024.
Les réseaux sociaux s’embrasent contre le sujet
Les plateformes comme Twitter (X), Facebook et Instagram sont devenues le théâtre d’un mouvement de contestation massif. Des hashtags comme #PasMaValeur ou #BacSexiste ont rapidement émergé, recueillant des milliers de partages en quelques heures. « On nous demande de débattre si une femme doit rester à la maison ? C’est une insulte à notre intelligence », a tweeté une internaute marocaine. Les commentaires dénonçaient également l’inadéquation du sujet avec les programmes scolaires, qui intègrent désormais des modules sur l’égalité de genre.
« Ce n’est pas un sujet de philosophie, c’est une provocation. »
— Fatima Ezzahra, militante féministe
Le ministère de l’Éducation reste silencieux
Malgré l’ampleur de la polémique, les autorités marocaines n’ont pas encore pris position publiquement. Contacté par Ouest France, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas répondu dans l’immédiat. Cette absence de réaction alimente les spéculations sur un éventuel désaveu du sujet, ou à l’inverse, sur une volonté de maintenir un statu quo. « Les programmes scolaires doivent refléter les valeurs de la société moderne, pas les préjugés du passé », a souligné un enseignant marocain sous couvert d’anonymat. Le débat pourrait s’étendre jusqu’aux prochaines réunions des commissions pédagogiques, prévues pour septembre 2026.
En attendant, la polémique continue de faire rage, révélant une fois de plus les fractures sociales autour des questions de genre au Maroc. Les associations féministes appellent à une mobilisation durable, tandis que certains défenseurs d’une vision traditionnelle du rôle des femmes restent attachés à ces idées.
Selon Ouest France, l’un des sujets de dissertation proposés aux élèves de première invitait à discuter de l’affirmation suivante : « La femme est faite pour se marier et faire des enfants ». Ce sujet a suscité une vive polémique en raison de son caractère jugé sexiste.
À ce jour, aucune réaction officielle n’a été publiée par le ministère de l’Éducation nationale du Maroc. La polémique reste donc sans réponse institutionnelle directe, malgré l’ampleur des protestations.