Selon Le Figaro, les déclarations de Bally Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis, sur la Marseillaise et ses prises de position récentes alimentent une nouvelle polémique en pleine Coupe du monde de football. L’élu a affirmé dans L’Opinion, mardi, qu’« siffler la Marseillaise lorsque la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire ». Une déclaration qui intervient alors que l’hymne national est souvent au cœur des débats sur l’unité nationale.
Ce qu’il faut retenir
- Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a légitimé le fait de siffler la Marseillaise lors d’interviews publiées mardi dans L’Opinion.
- Il justifie cette position en invoquant la défense des « citoyens d’ici mais aussi de là-bas », en référence aux habitants issus de l’immigration.
- Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a réagi en dénonçant un « cynisme électoral » et une « haine envers nos symboles nationaux ».
- Bagayoko avait déjà suscité la controverse en refusant d’afficher le portrait d’Emmanuel Macron dans son bureau, un geste politique sans conséquence juridique.
- Début mai, il avait évoqué la possibilité d’une « insurrection populaire » en cas de victoire du RN à la présidentielle, avant de nuancer ses propos.
Un élu en première ligne des tensions politiques
Bally Bagayoko, figure montante de La France Insoumise (LFI), s’est imposé ces derniers mois comme l’un des porte-parole de la « Nouvelle France » portée par Jean-Luc Mélenchon. Son ascension fulgurante s’accompagne toutefois d’une série de prises de position qui divisent. Le maire de Saint-Denis, ville emblématique de la Seine-Saint-Denis, a multiplié les déclarations perçues comme des provocations par ses détracteurs, tout en renforçant son ancrage dans l’aile radicale de la gauche.
Sa dernière sortie, publiée en pleine Coupe du monde de football, a particulièrement retenu l’attention. Interrogé sur la légitimité de perturber l’hymne national, Bagayoko a développé une argumentation centrée sur la justice sociale et internationale. « Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas », a-t-il expliqué, liant la question de l’identité nationale à celle des inégalités mondiales.
Des réactions politiques immédiates et tranchées
Les propos du maire de Saint-Denis n’ont pas manqué de faire réagir, y compris au plus haut niveau de l’échiquier politique. Jordan Bardella, président du Rassemblement national et potentiel candidat à l’élection présidentielle de 2027, a vivement réagi. « À quels peuples exactement le maire LFI de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ? Qui, en France, nourrit une telle haine à l’égard de nos symboles nationaux ? », a-t-il lancé sur X (ex-Twitter).
Cette attaque directe illustre la polarisation croissante autour des symboles républicains, notamment la Marseillaise, souvent instrumentée dans les débats sur l’identité nationale. Bardella, connu pour son opposition frontale aux « extrêmes », a ainsi déplacé le débat sur le terrain de la légitimité des institutions et de leurs représentants.
Un refus symbolique du portrait présidentiel
Bagayoko s’était déjà illustré en mars 2025 en refusant d’afficher le portrait officiel d’Emmanuel Macron dans son bureau de maire, conformément à l’usage républicain. Un geste politique, mais sans conséquence juridique, qui avait nonetheless provoqué une réaction du préfet de Seine-Saint-Denis. Ce dernier avait demandé à l’élu de revenir sur sa décision, sans succès : la photo du président, retournée, trône toujours dans un coin du bureau municipal.
Ce refus s’inscrit dans une logique de défiance envers le pouvoir en place, caractéristique de la ligne affichée par LFI. Si aucune sanction n’a été prononcée, l’incident a rappelé les tensions persistantes entre certains élus locaux et l’État, surtout dans des territoires où les rapports de force politiques sont marqués.
Les déclarations sur l’insurrection et la controverse médiatique
Début mai 2026, Bagayoko avait accordé un long entretien au média en ligne Oumma, destiné à la communauté musulmane francophone. Interrogé sur les risques d’une victoire du Rassemblement national à la présidentielle, il avait déclaré partager une « intime conviction que la population (serait) capable de se lever ». « Toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire », avait-il affirmé, citant pêle-mêle la prise de la Bastille et le mouvement des « gilets jaunes ».
Ces propos avaient immédiatement été interprétés par ses opposants comme un appel à contester le résultat des urnes en cas de défaite de la gauche. Bagayoko avait ensuite nuancé ses déclarations, tout en réaffirmant sa conviction : « Il va y avoir une levée en riposte avec des formes d’auto-organisation qui vont prendre place, que vous le vouliez ou non ». Une formulation qui laisse planer le doute sur sa vision de la démocratie, entre légitimité des urnes et action directe.
Un amendement controversé sur les signes religieux
En parallèle, Bagayoko a expliqué avoir voulu dénoncer, via ses prises de parole, le rejet de sa proposition d’amender le règlement intérieur de la mairie pour interdire le port ostentatoire de signes religieux. Une initiative qui s’inscrit dans la lignée des débats récurrents sur la laïcité en France, mais qui avait été rejetée par les instances locales.
Ce refus, couplé à ses autres déclarations, a contribué à forger l’image d’un élu intransigeant, prêt à bousculer les codes républicains au nom de ses convictions. Un positionnement qui séduit une partie de l’électorat de gauche radicale, mais qui isole Bagayoko dans le paysage politique national.
La polémique autour de la Marseillaise et des symboles républicains ne semble donc pas près de s’éteindre. Entre légitimité démocratique et provocations politiques, le débat reste ouvert, dans un contexte où les tensions sociales et identitaires pèsent de plus en plus sur la scène publique.
Selon ses déclarations publiées dans L’Opinion le 17 juin 2026, Bagayoko estime que siffler l’hymne national est un « droit à la réplique populaire » lorsque la France commet des actes jugés déshonorants à l’international. Il lie cette position à la défense des « citoyens d’ici mais aussi de là-bas », en référence aux populations issues de l’immigration vivant en France.
Aucune sanction juridique n’a été prononcée à son encontre. Le préfet de Seine-Saint-Denis s’était contenté de lui demander de revenir sur sa décision, ce que Bagayoko a refusé. La photo du président reste donc retournée dans son bureau.