La police sud-coréenne a mené une perquisition dans les locaux de la Fédération de football du pays (KFA), jeudi 7 août 2026, dans le cadre d’une enquête sur les circonstances ayant entouré la nomination de Hong Myung-bo au poste de sélectionneur de l’équipe masculine. Cette intervention survient plusieurs semaines après l’élimination prématurée des « Guerriers Taeguk » dès le premier tour de la Coupe du monde 2026, un échec qui a relancé les interrogations sur les processus décisionnels au sein de la fédération.
Selon RMC Sport, les forces de l’ordre ont réalisé des « opérations de perquisition et de saisie » dans les bureaux de la KFA, situés à Séoul. L’objectif affiché est de vérifier si des irrégularités ont entravé le processus de désignation de Hong Myung-bo, alors que les autorités suspectent d’éventuelles interférences de hauts responsables. Contactée par l’Agence France-Presse (AFP), la fédération n’a pas souhaité réagir à cette perquisition, comme le rapporte RMC Sport.
Ce qu'il faut retenir
- Hong Myung-bo, 57 ans, a mis fin à son deuxième mandat de sélectionneur à l’issue de la Coupe du monde 2026, un échec qui s’ajoute à celui de 2014.
- La police sud-coréenne enquête sur une possible « entrave à l’activité » lors de sa nomination en 2024, avec des soupçons d’interventions indues de responsables de la KFA.
- Les autorités cherchent à déterminer si des règles internes ont été violées lors de ce processus.
- L’équipe de Corée du Sud a été éliminée dès la phase de groupes, malgré une victoire initiale contre la République tchèque (2-1).
- Lee Jae Myung, président sud-coréen, avait critiqué l’échec en pointant du doigt des « personnes incompétentes » promues à des postes clés, évoquant un « sectarisme » dans les recrutements.
Une nomination sous haute surveillance
La perquisition opérée par la police intervient alors que les tensions autour de la gestion de la sélection masculine sud-coréenne persistent. Selon les médias locaux cités par RMC Sport, l’enquête se concentre sur d’éventuelles pressions exercées par des responsables de la KFA lors de la désignation de Hong Myung-bo en 2024. Les autorités cherchent à établir si des règles internes ont été contournées, notamment en matière de transparence et de mérite sportif.
Hong Myung-bo, légende du football sud-coréen — ancien capitaine de la sélection et Ballon de bronze lors de la Coupe du monde 2002 organisée à domicile — a assumé l’entière responsabilité de l’élimination de son équipe lors d’une audition devant un comité parlementaire fin juillet 2026. « Je prends toute la responsabilité de cet échec », avait-il déclaré, selon les comptes-rendus de presse.
Un parcours en dents de scie pour les « Guerriers Taeguk »
La campagne de Corée du Sud en Coupe du monde 2026 s’est soldée par un bilan mitigé. Après un succès encourageant face à la République tchèque (2-1), l’équipe a enchaîné deux défaites consécutives, d’un but d’écart, face au Mexique et à l’Afrique du Sud. Avec seulement trois points engrangés, les Sud-Coréens n’ont pas réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale, une performance en deçà des attentes d’un pays où le football occupe une place centrale.
Ce revers s’inscrit dans la continuité des déceptions récentes de la sélection, déjà éliminée dès la phase de groupes lors des Coupes du monde 2014 et 2018. Hong Myung-bo, qui avait succédé à Shin Tae-yong en 2024, a ainsi mis un terme à son deuxième mandat, marqué par des résultats en demi-teinte et des critiques récurrentes sur la gestion de l’équipe.
Les déclarations de Lee Jae Myung et le climat interne à la KFA
Dans un contexte déjà tendu, le président sud-coréen Lee Jae Myung avait pointé du doigt les dysfonctionnements au sein de la fédération. Lors d’une déclaration publique, il avait imputé l’échec de la sélection à des « personnes incompétentes » promues à des postes de direction, évoquant un « sectarisme » dans les recrutements. Ces propos, rapportés par plusieurs médias, ont alimenté les spéculations sur des luttes de pouvoir internes à la KFA.
Les observateurs soulignent que la nomination de Hong Myung-bo, bien que soutenue par son palmarès de joueur, a été perçue comme un choix controversé par une partie des observateurs. Ancien défenseur emblématique — il avait mené la Corée du Sud en demi-finales du Mondial 2002 — son retour à la tête de la sélection en 2024 avait divisé, certains estimant qu’il manquait d’expérience en tant qu’entraîneur.
Les prochaines étapes de l’enquête
La police sud-coréenne n’a pas précisé la durée des investigations ni les éventuelles suites judiciaires. Selon un porte-parole cité par l’AFP et repris par RMC Sport, les enquêteurs analysent désormais les documents saisis lors de la perquisition pour déterminer si des infractions ont été commises. Si des irrégularités sont avérées, des poursuites pourraient être engagées contre des responsables de la fédération.
De son côté, la KFA reste silencieuse, malgré les sollicitations des médias. Aucune date n’a été avancée pour une éventuelle prise de parole officielle de la part des dirigeants de la fédération, qui pourraient être convoqués dans le cadre de l’enquête.
Pour rappel, la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’est achevée en juillet sans voir la Corée du Sud franchir le cap des phases de groupes. Cet échec, couplé à l’enquête en cours, pose désormais la question de la crédibilité et de la transparence du football sud-coréen sur la scène internationale.
L’enquête vise à déterminer si des irrégularités, comme une entrave à l’activité ou des pressions indues de la part de responsables de la KFA, ont eu lieu lors de sa désignation en 2024. La police cherche notamment à vérifier si des règles internes ont été violées, comme le rapporte RMC Sport.