Les scandales sanitaires liés à la présence de polluants dans l’alimentation se multiplient depuis plusieurs années, rendant la question de l’exposition aux substances toxiques presque incontournable. Selon France 24, les alertes se sont intensifiées, révélant la présence de PFAS et de cadmium dans de nombreux produits alimentaires. Un phénomène qui pousse les consommateurs à s’interroger sur les moyens de réduire leur exposition à ces substances, parfois qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement.

Ce qu'il faut retenir

  • Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) et le cadmium sont des polluants persistants, souvent présents dans l’alimentation, selon les autorités sanitaires.
  • Ces substances sont liées à des risques accrus de cancers, de troubles hormonaux et de maladies rénales, notamment en cas d’exposition prolongée.
  • Certains produits alimentaires, comme les poissons, les légumes-feuilles ou les produits laitiers, sont plus exposés à ces contaminants.
  • Les seuils réglementaires européens et français encadrent partiellement leur présence, mais les associations dénoncent un manque de contrôle suffisant.
  • Des guides pratiques permettent de limiter son exposition, en adaptant ses choix alimentaires et ses modes de cuisson.

Des polluants persistants aux effets sanitaires préoccupants

Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur résistance à la dégradation naturelle, sont utilisés depuis des décennies dans les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine antiadhésifs ou encore les mousses anti-incendie. D’après les données de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ces substances s’accumulent dans l’organisme et sont associées à des risques de cancers, de perturbations endocriniennes et de maladies immunitaires. Le cadmium, quant à lui, est un métal lourd présent naturellement dans les sols, mais dont la concentration peut être amplifiée par les activités industrielles ou agricoles. Il est classé comme cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Selon un rapport publié en 2024 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), près de 10 % des adultes en France dépasseraient les seuils recommandés d’exposition au cadmium. Pour les PFAS, les données restent fragmentaires, mais les études épidémiologiques soulignent des taux préoccupants chez les populations exposées via l’alimentation ou l’eau potable. « Les études récentes montrent une corrélation entre l’exposition aux PFAS et des troubles de la fertilité, ainsi que des retards de développement chez les enfants », précise un expert cité par France 24.

Quels aliments sont les plus exposés ?

Certains produits alimentaires concentrent davantage de ces polluants en raison de leur mode de production ou de leur capacité à absorber les contaminants. Les poissons d’eau douce, notamment ceux issus de zones industrielles ou agricoles, présentent des taux élevés de PFAS et de cadmium. Les légumes-feuilles, comme les épinards ou les salades, peuvent aussi en contenir, surtout s’ils sont cultivés sur des sols pollués. Les produits laitiers et les abats (foie, rognons) figurent également parmi les denrées les plus à risque, en raison de leur capacité à bioaccumuler ces substances.

Les emballages alimentaires, en particulier ceux en papier ou carton traités avec des PFAS, peuvent aussi contaminer les aliments lors du chauffage ou du stockage. Une étude de l’ONG Générations Futures, publiée en 2025, a révélé que près de 20 % des emballages testés en France contenaient des taux de PFAS supérieurs aux seuils recommandés. « Les consommateurs ne sont pas toujours conscients de cette exposition indirecte, qui s’ajoute à celle liée à l’alimentation », explique un représentant de l’association.

Comment limiter son exposition ? Les recommandations des autorités

Face à ces risques, les autorités sanitaires et les associations de consommateurs proposent des pistes pour réduire son exposition. L’ANSES recommande de diversifier son alimentation, en évitant de consommer trop régulièrement les aliments les plus exposés. Pour les poissons, il est conseillé de privilégier les espèces moins contaminées, comme la sardine ou le maquereau, plutôt que le saumon ou la lotte. Côté légumes, un rinçage abondant des feuilles permet d’éliminer une partie des particules de sol.

Côté cuisson, l’utilisation de casseroles en inox ou en fonte, plutôt que des poêles antiadhésives, peut réduire l’exposition aux PFAS. Les experts déconseillent aussi de réutiliser les emballages en carton pour chauffer des aliments au micro-ondes. « Ces gestes simples ne garantissent pas une élimination totale des risques, mais ils permettent de réduire significativement son exposition », souligne un nutritionniste interrogé par France 24. Les personnes les plus exposées – comme les femmes enceintes ou les jeunes enfants – devraient particulièrement veiller à ces précautions.

Et maintenant ?

À l’approche de 2027, la Commission européenne devrait présenter une nouvelle proposition pour renforcer les limites maximales de PFAS dans les aliments, après un premier plan en 2023 qui s’est avéré insuffisant pour certains États membres. En France, un décret attendu pour la fin de l’année 2026 pourrait imposer des contrôles plus stricts sur les emballages alimentaires. Les associations demandent par ailleurs un étiquetage obligatoire des produits contenant des PFAS, afin de permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés. Reste à voir si ces mesures seront suivies d’effets concrets.

Au-delà des actions individuelles, la question de la pollution des sols et des eaux reste centrale. Les agriculteurs et les industriels sont appelés à adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement, tandis que les pouvoirs publics doivent renforcer les contrôles et la transparence sur les polluants présents dans l’alimentation. Bref, la route vers une assiette plus sûre est encore longue, mais les outils pour s’en approcher existent déjà.

En France, les seuils pour le cadmium sont fixés à 0,05 mg/kg pour les produits carnés et 0,1 mg/kg pour les abats, selon le règlement européen (CE) n°1881/2006. Pour les PFAS, il n’existe pas encore de limite légale spécifique, mais la Commission européenne travaille sur une proposition pour 2027. En attendant, l’ANSES recommande de ne pas dépasser une exposition cumulée de 4,4 ng/kg de poids corporel par semaine pour les PFAS.