Alors que la saison des baignades s’approche, une étude inédite révèle des disparités préoccupantes dans la qualité des eaux au large de Dakar. Selon RFI, un rapport publié ce jeudi 23 avril 2026 dresse un état des lieux contrasté, basé sur plus de **460 prélèvements** réalisés entre octobre 2023 et mars 2026 sur six sites de baignade et spots de surf dakarois. Menée sous l’égide de l’ONG Surfrider Foundation, cette analyse a été confiée à l’Institut Pasteur de Dakar pour évaluer la conformité des eaux.
Ce qu'il faut retenir
- 460 prélèvements effectués sur six sites dakarois entre octobre 2023 et mars 2026
- Les analyses révèlent une qualité inégale selon les plages, avec des zones conformes et d’autres dépassant les seuils de pollution
- L’étude a été coordonnée par Surfrider Foundation et menée par l’Institut Pasteur de Dakar
- Les résultats, publiés le 23 avril 2026, soulignent la nécessité de renforcer la surveillance des eaux côtières
- Six sites concernés : des plages de baignade et spots de surf emblématiques de la capitale sénégalaise
Cette enquête, la plus exhaustive jamais réalisée sur la qualité des eaux de baignade à Dakar, met en lumière des résultats pour le moins nuancés. Trois des six sites analysés présentent des eaux conformes aux normes sanitaires, selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé. En revanche, les trois autres dépassent régulièrement les seuils admissibles en matière de pollution bactérienne, notamment en coliformes fécaux. « Ces écarts s’expliquent par des rejets domestiques non traités et des pressions urbaines croissantes », a précisé un responsable de l’Institut Pasteur de Dakar, cité par RFI.
Parmi les sites les plus touchés figurent des plages très fréquentées par les Dakarois et les touristes. « Certaines zones enregistrent des taux de pollution jusqu’à **trois fois supérieurs** aux limites fixées par les autorités sanitaires », a indiqué un membre de l’équipe de recherche. Ces résultats confirment les craintes des associations environnementales, qui dénoncent depuis des années l’absence de système d’assainissement efficace dans plusieurs quartiers de la capitale. « Dakar paie aujourd’hui le prix d’un urbanisme mal maîtrisé », a souligné un porte-parole de Surfrider Foundation.
Des plages emblématiques en première ligne
Les sites concernés par l’étude incluent des lieux emblématiques de la vie dakaroise. La plage de la Corniche Ouest, prisée des surfeurs, affiche des résultats globalement satisfaisants. À l’inverse, la plage de Yarakh, située au nord de la capitale, présente des niveaux de pollution préoccupants, en partie à cause des rejets d’eaux usées en provenance de la ville. « Les courants marins transportent ces polluants vers les zones de baignade, aggravant la situation », a expliqué un expert en microbiologie de l’Institut Pasteur.
Autre site à risque : la plage de Mbao, où des prélèvements ont révélé la présence de bactéries pathogènes en concentration anormalement élevée. « Ces résultats doivent alerter les autorités locales », a rappelé un représentant de Surfrider Foundation. « Les baigneurs s’exposent à des risques d’infections cutanées ou gastro-intestinales. »
Une étude au service des décideurs
Au-delà de l’alerte sanitaire, cette étude vise à fournir aux autorités des données tangibles pour orienter leurs politiques publiques. « Nous espérons que ces résultats serviront de base à un plan d’urgence pour la dépollution des eaux côtières », a déclaré un membre de l’ONG. Le rapport recommande notamment le renforcement des stations d’épuration, l’amélioration du réseau d’assainissement et une meilleure gestion des déchets solides en bord de mer.
Les autorités sénégalaises ont d’ores et déjà réagi. « Un comité technique a été mis en place pour analyser ces données et proposer des solutions concrètes », a indiqué le ministère de l’Environnement dans un communiqué. Cependant, les associations restent sceptiques quant à la rapidité d’exécution des mesures. « Les promesses sont nombreuses, mais les actions tardent », a déploré un militant écologiste dakarois.
Cette étude soulève une question cruciale : dans un contexte de croissance démographique et d’urbanisation galopante, comment Dakar peut-elle concilier développement et préservation de son littoral ? Les prochains mois diront si les alertes lancées par les scientifiques et les ONG seront enfin entendues.
Parmi les six sites analysés, trois présentent des niveaux de pollution préoccupants : la plage de Yarakh, celle de Mbao, et un spot de surf situé près de la décharge de Mbeubeuss. Ces zones enregistrent des taux de bactéries fécales jusqu’à trois fois supérieurs aux normes de l’OMS.