Le Portugal a atteint son Jour du dépassement dès ce jeudi 7 mai 2026, selon les données publiées par l’association environnementale ZERO en partenariat avec le Global Footprint Network et relayées par Euronews FR. Ce seuil marque la date à laquelle la consommation annuelle de ressources naturelles par un pays dépasse ce que ses écosystèmes peuvent régénérer en un an. Autrement dit, le Portugal vit désormais « à crédit » écologique pour le reste de l’année, puisant dans des réserves qui ne devraient être utilisées qu’à partir de janvier 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Le Jour du dépassement du Portugal est fixé au 7 mai 2026, contre le 5 mai 2025.
- Si toute l’humanité vivait comme un Portugais moyen, 2,9 planètes seraient nécessaires pour couvrir ses besoins en ressources.
- L’alimentation et les transports sont pointés du doigt comme les principaux responsables de ce déséquilibre.
- Le Portugal se situe dans la moyenne des pays de l’Union européenne, qui ont collectivement dépassé leur seuil le 3 mai 2026.
- Parmi les pays de l’UE, le Luxembourg a atteint son Jour du dépassement le plus tôt (17 février), tandis que la Hongrie le fera le 24 juin.
- À l’échelle mondiale, le Qatar a épuisé ses ressources dès le 4 février, contre le 27 novembre pour le Honduras.
Un dépassement qui s’inscrit dans une tendance européenne
Cette date du 7 mai place le Portugal dans une dynamique similaire à celle de nombreux pays européens. Selon les calculs du Global Footprint Network, l’Union européenne dans son ensemble a franchi son seuil de ressources disponibles dès le 3 mai 2026. ZERO, l’association à l’origine de ces données, souligne que la « dette environnementale » du Portugal reste stable par rapport aux années 2022 et 2023, malgré une légère amélioration en 2026.
Cette situation n’est pas isolée : la France, par exemple, a atteint son Jour du dépassement le 24 avril 2026. À l’inverse, certains pays comme Chypre ou l’Allemagne ne devraient dépasser leur seuil qu’au début du mois de juin. Ces écarts s’expliquent par des modèles de production et de consommation très variables d’un État à l’autre.
Alimentation et transports : les deux leviers de la surconsommation
Dans un communiqué, ZERO a détaillé les principaux facteurs expliquant ce dépassement. L’association met en avant « le modèle de production et de consommation associé au mode de vie portugais », avec une attention particulière portée sur deux secteurs : l’alimentation et les transports. Ces deux domaines concentrent une part majeure de l’empreinte écologique du pays, en raison notamment de la forte consommation de protéines animales et de l’usage massif de véhicules individuels.
« Chaque citoyen peut contribuer activement à la réduction de l’empreinte écologique par des changements simples », rappelle l’association. Parmi les gestes concrets proposés, ZERO cite la réduction de la consommation de viande, l’adoption de transports durables comme le vélo ou les transports en commun, et une consommation plus circulaire, privilégiant la réutilisation et le recyclage des produits.
Des solutions concrètes pour inverser la tendance
Pour remédier à ce déséquilibre, ZERO formule plusieurs recommandations à l’attention des pouvoirs publics et des citoyens. Côté agriculture, l’association plaide pour un investissement dans des pratiques plus durables : production d’aliments de qualité, réduction de la consommation d’eau et augmentation de la part des végétaux dans l’alimentation. Elle préconise également de favoriser le télétravail et les événements en ligne afin de limiter les trajets domicile-travail, ainsi que de développer les infrastructures cyclables et les transports publics.
Enfin, ZERO insiste sur la nécessité de créer des réglementations garantissant la durabilité et la recyclabilité des produits. « Il s’agit de concevoir des règles qui obligent les fabricants à concevoir des biens plus résistants, réparables et recyclables », précise l’association. Ces mesures visent à réduire la « dette environnementale » accumulée par le Portugal, qui reste comparable à celle des années précédentes.
Comparaison internationale : le Portugal dans la moyenne européenne
Avec un Jour du dépassement fixé au 7 mai, le Portugal se situe presque dans la moyenne des pays de l’Union européenne. ZERO rappelle que le Luxembourg a atteint son seuil le plus tôt (17 février), suivi par le Danemark en mars et plusieurs pays en avril, comme l’Autriche, la Croatie ou la France. À l’inverse, des États comme Chypre, l’Allemagne ou le Royaume-Uni ne devraient dépasser leur capacité de régénération qu’au début du mois de juin.
À l’échelle mondiale, les disparités sont encore plus marquées. Le Qatar, par exemple, a épuisé ses ressources dès le 4 février 2026, tandis que le Honduras ne devrait le faire que le 27 novembre. Parmi les pays consommant davantage de ressources que le Portugal figurent le Canada, les États-Unis et le Danemark. À l’inverse, des nations comme l’Italie ou la Suède affichent un bilan plus favorable, avec des Jours du dépassement situés plus tard dans l’année.
« Le déséquilibre environnemental actuel est le résultat du modèle de production et de consommation associé au mode de vie portugais. » — Communiqué de ZERO
D’ici là, les associations comme ZERO appellent à une prise de conscience collective. « Chaque geste compte », rappellent-elles, en insistant sur l’urgence d’adopter des modes de vie plus sobres. Les prochaines élections européennes, prévues en juin 2029, pourraient aussi être l’occasion pour les citoyens de faire pression sur les candidats afin que la question écologique occupe une place centrale dans les programmes.
Le Jour du dépassement correspond à la date à laquelle la consommation annuelle de ressources naturelles par un pays dépasse ce que ses écosystèmes peuvent régénérer en un an. Il est calculé chaque année par le Global Footprint Network et permet de mesurer la pression exercée par l’humanité sur la planète.
À l’échelle mondiale, le Qatar a atteint son Jour du dépassement le plus tôt (4 février 2026), suivi par plusieurs pays européens comme le Luxembourg (17 février) et le Danemark (mars). Le Honduras, en revanche, est le dernier pays à épuiser ses ressources, le 27 novembre 2026.