Le navire de croisière MV Hondius, actuellement en route vers les îles Canaries, est au cœur d’une épidémie d’hantavirus qui mobilise les autorités sanitaires internationales. Selon BMF - International, le bateau, parti du Cap-Vert, doit accoster à Tenerife ce samedi 9 mai 2026 avant le rapatriement des passagers à partir de lundi. Une hôtesse de l’air néerlandaise de 69 ans, hospitalisée à Amsterdam pour des symptômes compatibles avec une infection au virus, avait brièvement séjourné à bord du vol Johannesburg-Amsterdam le 25 avril dernier, où elle a été contaminée avant de décéder.

Ce qu'il faut retenir

  • 62 cas contacts identifiés par les autorités sud-africaines, dont 42 déjà retrouvés et placés sous surveillance.
  • Deux avions sanitaires ont atterri à Amsterdam avec des passagers évacués du navire, où trois professionnels de santé supplémentaires ont embarqué pour renforcer les soins.
  • Cinq Français à bord, dont un « cas contact », suivis par le ministère des Affaires étrangères pour un rapatriement sécurisé.
  • L’Argentine enquête sur le parcours de deux passagers néerlandais décédés, dont le trajet inclut Ushuaïa, d’où le bateau a appareillé le 1er avril.
  • Risque « extrêmement faible » pour les Américains, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
  • Mesures critiquées par une Française à bord, dénonçant des rassemblements comme un barbecue malgré l’épidémie.

Un navire en quarantaine sanitaire en route vers Tenerife

Le MV Hondius, parti des côtes du Cap-Vert dans la soirée du 7 mai, doit atteindre les îles Canaries ce samedi 9 mai. Tous les passagers resteront à bord jusqu’à l’arrivée des avions de rapatriement, prévue à partir de lundi, a indiqué le ministère espagnol de l’Intérieur. L’évacuation des ressortissants de l’Union européenne sera organisée par leurs pays respectifs, avec un possible soutien de la Commission européenne, tandis que les passagers extra-européens feront l’objet d’une prise en charge spécifique. Le bateau a quitté la baie de Praia, au Cap-Vert, hier soir, après l’embarquement de trois professionnels de santé supplémentaires, missionnés pour assurer des soins optimaux pendant la traversée.

Une hôtesse de l’air néerlandaise décédée après une contamination à bord

Une hôtesse de l’air de 69 ans, employée par la compagnie KLM, a été hospitalisée à Amsterdam pour des symptômes compatibles avec une infection par hantavirus. Selon le ministère néerlandais de la Santé, elle avait brièvement séjourné à bord d’un vol Johannesburg-Amsterdam le 25 avril, où elle a été contaminée. La femme est décédée depuis, a confirmé le ministère dans un communiqué transmis au média néerlandais RTL. Cette situation a déclenché une recherche active des cas contacts par les autorités sanitaires, tant à bord du navire qu’en dehors.

62 cas contacts identifiés et 42 placés sous surveillance

Les autorités sud-africaines ont identifié 62 personnes ayant potentiellement été en contact avec les personnes infectées, dont deux Néerlandaises décédées. Parmi elles, 42 ont déjà été retrouvées et font l’objet d’une surveillance sanitaire. Les recherches se concentrent sur deux groupes : d’une part, les voyageurs ayant emprunté le vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg, emprunté par l’hôtesse de l’air néerlandaise avant son décès ; d’autre part, les professionnels de santé ayant été en contact avec un Britannique de 69 ans, également hospitalisé à Johannesburg pour des symptômes similaires.

Cinq Français à bord, dont un « cas contact » : état des lieux

Cinq ressortissants français se trouvent toujours à bord du MV Hondius. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a confirmé ce matin sur RTL que « ils se portent bien » et sont suivis par les équipes médicales. L’un d’eux est considéré comme un « cas contact », ayant été en contact avec une personne malade. « Nous travaillons pour programmer leur rapatriement », a-t-il déclaré, précisant que des discussions sont en cours avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour définir des protocoles sécurisés et éviter toute propagation du virus. Le gouvernement français suit la situation « avec attention ».

L’Argentine retrace le parcours des deux Néerlandais décédés

L’Argentine a lancé une enquête pour retracer l’itinéraire des deux passagers néerlandais du MV Hondius décédés des suites d’une infection présumée par hantavirus. Selon le ministère argentin de la Santé, le couple avait voyagé pendant plusieurs mois entre l’Argentine, le Chili, l’Uruguay et l’Argentine à nouveau, avant d’embarquer à bord du navire le 1er avril à Ushuaïa. Les autorités sanitaires argentines ont également annoncé l’envoi d’experts à Ushuaïa pour capturer et analyser des rongeurs, afin de vérifier la présence possible du virus dans la région. Aucune hypothèse sur un scénario de contamination n’a été avancée pour l’instant.

Risque « extrêmement faible » pour les Américains, selon les CDC

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont estimé que le risque pour les Américains de contracter l’hantavirus à bord du MV Hondius était « extrêmement faible ». « L’administration suit de près la situation concernant les voyageurs américains à bord du navire de croisière. À l’heure actuelle, le risque pour la population américaine est extrêmement faible », a souligné l’agence sanitaire. Les CDC ont appelé les Américains à bord du navire à suivre les consignes des autorités sanitaires pendant leur rapatriement. Deux passagers rentrés indépendamment au Royaume-Uni après avoir séjourné sur le bateau ont été invités à se confiner, bien qu’aucune ne présente actuellement de symptômes, a précisé l’UKHSA (Agence britannique de sécurité sanitaire).

Des mesures critiquées à bord : un barbecue organisé malgré l’épidémie

Cinq Français se trouvent à bord du MV Hondius, dont Françoise (prénom d’emprunt), qui a témoigné auprès de BFMTV de ses craintes face à la gestion de l’épidémie à bord. « Nous mangeons tous ensemble au restaurant. Il y a la distanciation sociale, mais ce n’est que depuis trois jours seulement », a-t-elle expliqué. « Nous mangeons assis en quinconce. Les passagers font ce qu’ils veulent. Il y a eu un grand barbecue comme si de rien n’était sur le bateau », a-t-elle ajouté, dénonçant des mesures jugées insuffisantes pour limiter les risques de contamination.

« Ils se portent bien. Ils sont toujours sur place, ils ont été contactés par les médecins du ministère des Affaires étrangères, ils se portent bien, on suit attentivement et avec eux la situation. »

— Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, sur RTL

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires internationales et les gouvernements concernés devraient finaliser dans les prochains jours les protocoles de rapatriement des passagers, avec une attention particulière portée aux « cas contacts ». L’enquête argentine sur le parcours des deux Néerlandais décédés pourrait apporter des éclaircissements sur l’origine de la contamination, tandis que les mesures de prévention à bord du navire feront l’objet d’un bilan après l’arrivée à Tenerife. La situation reste sous surveillance, notamment en raison des incertitudes persistantes pointées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Une situation sous haute surveillance, mais maîtrisée selon l’OMS

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la situation actuelle ne présentait pas de similarité avec le début de la pandémie de Covid-19. « Je ne pense pas que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19 », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que de « nombreuses incertitudes subsistent » sur l’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a rappelé, dans un communiqué, que l’évaluation des risques restait complexe en raison du manque de données disponibles sur la propagation du virus dans cette situation spécifique.

Alors que le navire approche des côtes des Canaries, les autorités locales et internationales s’attellent à organiser un rapatriement sécurisé des passagers, tout en renforçant la surveillance des cas contacts et en menant des investigations pour comprendre l’origine de l’épidémie. La gestion de cette crise sanitaire à bord d’un navire en mouvement illustre les défis posés par les épidémies dans un contexte de mondialisation et de mobilité accrue.

L’hantavirus est une maladie rare mais grave transmise principalement par l’inhalation d’aérosols contaminés par les déjections (urine, excréments, salive) de rongeurs infectés. La transmission interhumaine est extrêmement rare. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais une prise en charge précoce améliore le pronostic.

Les passagers ne peuvent pas débarquer immédiatement pour éviter une éventuelle propagation du virus en dehors du navire. Les autorités sanitaires espagnoles et européennes ont décidé de maintenir les passagers à bord jusqu’à leur rapatriement par avion, afin de limiter les risques de contamination dans les ports d’escale ou les aéroports.