Et si la fin du monde se lisait dans les mouvements des jets privés ? C’est l’idée originale développée par un site spécialisé, qui surveille les décollages inhabituels d’appareils d’affaires pour tenter d’anticiper d’éventuelles catastrophes. Selon Numerama, cet outil, baptisé « Apocalypse Early Warning System », repose sur l’hypothèse que les personnes les plus influentes seraient les premières informées d’un danger majeur.
Ce qu'il faut retenir
- Un site surveille les jets privés pour détecter d’éventuels signaux d’alerte précoce en cas de catastrophe.
- L’outil « Apocalypse Early Warning System » analyse les mouvements de 31 000 jets d’affaires, sur la base de données ADS-B publiques et du registre de la FAA.
- L’algorithme calcule un niveau d’alerte allant de 1 à 5, reflétant l’écart entre le trafic actuel et les données historiques.
- Un niveau 5, correspondant à un écart-type exceptionnel, pourrait signaler une situation anormale — mais pas nécessairement une fin du monde.
- L’auteur du projet reconnaît les limites de l’outil : couverture ADS-B incomplète, approximations dans le calcul du nombre de passagers, et risques de faux positifs.
Une méthode inspirée par la logique des élites
Pendant des années, les prédictions de fin du monde se sont appuyées sur des mythes comme le calendrier maya, censé s’arrêter le 21 décembre 2012. Pourtant, en juin 2026, une approche plus contemporaine émerge : surveiller les jets privés. Selon Numerama, cette méthode part d’un constat simple : en cas de menace majeure — qu’elle soit nucléaire, géopolitique ou climatique — les premiers informés seraient probablement les dirigeants politiques, les milliardaires ou les grands patrons. Autrement dit, des personnes ayant un accès privilégié à ce type de transport.
L’outil « Apocalypse Early Warning System », conçu par l’artiste et développeur Kyle McDonald, se concentre sur les décollages inhabituels depuis les grandes métropoles vers des zones jugées plus sûres. Un pic soudain pourrait ainsi être interprété comme un signal faible : « ceux qui savent » seraient en train de fuir avant l’heure. Pour l’instant, cette hypothèse reste théorique, mais elle transforme une intuition en indicateur mesurable.
Des données publiques et une méthodologie rigoureuse
L’outil s’appuie sur des données publiques et des outils de suivi aérien comme Mictronics/TAR1090. Il exploite notamment les signaux ADS-B, qui fournissent la position, l’altitude, la vitesse et l’immatriculation des appareils. Sur les 31 000 jets d’affaires suivis, l’algorithme filtre uniquement les appareils les plus susceptibles d’être utilisés par des personnalités riches ou influentes. Les avions militaires, les gros porteurs ou les appareils régionaux sont exclus de l’analyse.
Pour éviter les fausses alertes, le système compare le trafic actuel à une base de référence précise : le même jour de la semaine, à la même tranche horaire de 30 minutes, en tenant compte des profils horaires autour des jours fériés fédéraux américains. Par exemple, un départ massif en week-end prolongé ne sera pas confondu avec une fuite vers des bunkers. Plusieurs indicateurs sont calculés, dont un écart par rapport à la moyenne historique et une valeur sigma pour mesurer l’anormalité de la situation.
Un niveau d’alerte pour décrypter les signaux
À partir de ces données, l’outil génère un « Emergency Level », ou niveau d’alerte, allant de 1 à 5. Le niveau 1 correspond à un trafic parfaitement normal, tandis que le niveau 5 indique un nombre de vols anormalement élevé par rapport aux variations observées sur l’année écoulée. Un score de 5 équivaut à environ cinq écarts-types au-dessus de la moyenne, ce que le site présente comme un « possible signal d’apocalypse imminente » — une formulation à prendre avec prudence, car plusieurs facteurs peuvent expliquer un pic de trafic : grands événements, rassemblements politiques ou erreurs de données.
Le système tente également d’estimer le nombre de passagers potentiellement à bord. Il associe les modèles d’avions à leurs capacités maximales publiées, additionne ces capacités pour les appareils identifiés, puis comble les données manquantes avec une moyenne calculée à partir des avions connus. Cependant, cette estimation reste approximative, car la couverture ADS-B peut être incomplète et certains aéronefs peuvent être mal identifiés.
« La couverture ADS‑B peut être incomplète, des aéronefs peuvent être masqués ou mal identifiés, les cartes thermiques sont disponibles par tranches horaires d’une demi‑heure environ, et la cohorte mondiale est une approximation plutôt qu’une définition parfaite de chaque jet d’affaires concerné. »
— Kyle McDonald, concepteur de l’outil « Apocalypse Early Warning System »
Une idée à prendre avec précaution
Si l’outil ne prétend pas prédire la fin du monde, il offre une manière originale d’interpréter les mouvements des élites. En transformant une intuition cynique en indicateur mesurable, il permet de poser des questions sur les comportements des plus fortunés en période de crise. Pour autant, les limites techniques et méthodologiques sont nombreuses. La couverture ADS-B, bien que publique, n’est pas exhaustive, et les erreurs de classification ou de calcul peuvent fausser les résultats. De plus, un pic de trafic peut toujours s’expliquer par des événements parfaitement légitimes, comme un sommet international ou un déplacement massif de chefs d’entreprise.
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L’outil compare le trafic actuel à une base de référence précise : le même jour de la semaine, à la même tranche horaire de 30 minutes, en tenant compte des profils horaires autour des jours fériés fédéraux américains. Il calcule également un écart par rapport à la moyenne historique et une valeur sigma pour mesurer l’anormalité de la situation.
La couverture ADS-B peut être incomplète, certains aéronefs peuvent être masqués ou mal identifiés, et l’estimation du nombre de passagers reste approximative. De plus, un pic de trafic peut toujours s’expliquer par des événements légitimes, comme un sommet international.