Selon Courrier International, une découverte inattendue vient d’être publiée dans la revue Ecology and Evolution. Un entomologiste américain, spécialiste des fourmis, a observé et documenté ce qui pourrait être le premier exemple de mutualisme de nettoyage entre deux espèces de fourmis. Une interaction rare, où des individus nettoient leurs congénères, a été capturée en images après près de vingt ans de collecte de données.
Ce qu'il faut retenir
- Une première mondiale : il s’agirait du premier cas documenté de mutualisme de nettoyage chez les fourmis, où des individus prennent soin de leurs semblables.
- Deux espèces impliquées : des fourmis moissonneuses Pogonomyrmex barbatus (de couleur rougeâtre) et des fourmis plus petites, Dorymyrmex, qui assurent leur toilettage.
- Un comportement surprenant : contrairement à la tendance générale des fourmis à l’agressivité inter-espèces, ici, les deux groupes entretiennent une relation de coopération.
- Une découverte tardive : les clichés, pris en 2006 en Arizona, ont été réexaminés récemment, révélant ce comportement unique.
- Un chercheur de renom : Mark Moffett, photographe et entomologiste au Smithsonian National Museum of Natural History, signe cette étude.
- Une reconnaissance scientifique : Moffett a été nommé « Légende de l’entomologie » par la revue American Entomologist en 2025.
Des fourmis qui font exception à la règle
On sait que les fourmis établissent des partenariats avec d’autres insectes, comme avec les pucerons. Ces derniers produisent un miellat sucré dont se nourrissent les fourmis en échange de leur protection. Mais, dans la plupart des cas, les fourmis adoptent une attitude bien différente envers leurs congénères d’autres espèces : l’agressivité. Pourtant, comme le rapporte Courrier International, deux espèces semblent déroger à cette règle.
Les fourmis moissonneuses Pogonomyrmex barbatus — reconnaissables à leur corps rougeâtre et leur taille imposante — ont été observées en train d’être « toilettées » par des fourmis plus petites, Dorymyrmex. Ce comportement, où des individus nettoient méticuleusement d’autres fourmis, s’apparente à ce que l’on observe chez certaines espèces d’oiseaux ou de poissons, mais jamais encore chez les fourmis. « C’est un mutualisme de nettoyage, une première chez ces insectes », précise Mark Moffett, qui a publié ses observations le 12 avril 2026 dans Ecology and Evolution.
Un cliché vieux de vingt ans, une révélation récente
La découverte remonte à 2006, lorsque Mark Moffett, alors en mission dans un centre de recherche en Arizona, avait capturé des images de ce comportement insolite. Pourtant, ce n’est que récemment, en réexaminant ses archives, qu’il a compris l’importance de ces clichés. « J’avais ces photos depuis près de vingt ans, mais je n’avais pas saisi immédiatement ce qu’elles représentaient. Ce n’est qu’en les analysant à nouveau que j’ai réalisé que j’avais sous les yeux une interaction inédite », explique-t-il.
Mark Moffett, dont les travaux sont régulièrement publiés dans des médias comme National Geographic, est une figure reconnue de l’entomologie. Son expertise et son approche visuelle de la recherche lui ont valu le titre de « Légende de l’entomologie » en 2025, décerné par la revue American Entomologist. Ses photographies, souvent primées, illustrent la complexité et la diversité des comportements chez les insectes sociaux.
Un mutualisme inédit dans le monde des fourmis
Les fourmis sont des insectes eusociaux, organisés en colonies hiérarchisées où chaque individu a un rôle précis. Leur comportement envers les autres espèces varie : certaines coopèrent, comme avec les pucerons, tandis que d’autres adoptent une attitude prédatrice ou agressive. Pourtant, dans ce cas précis, deux espèces aux dynamiques différentes semblent avoir développé une relation symbiotique où l’une nettoie l’autre.
« Ce mutualisme de nettoyage pourrait s’expliquer par des bénéfices mutuels », suppose Moffett. Les fourmis moissonneuses, par exemple, pourraient profiter d’une hygiène accrue, réduisant les risques de maladies dans la colonie. Quant aux Dorymyrmex, elles pourraient y trouver une source de nourriture, comme des résidus organiques ou des parasites éliminés pendant le toilettage. Bref, une interaction qui profite aux deux parties, sans que l’on en comprenne encore tous les mécanismes.
En attendant, cette étude rappelle que le monde des fourmis, bien que largement étudié, réserve encore bien des surprises. Comme le souligne Moffett, « la nature est pleine de comportements que nous n’avons pas encore découverts ».
C’est en réexaminant ses archives près de vingt ans plus tard que Mark Moffett a compris l’importance de ces images. Initialement, il n’avait pas identifié ce comportement comme une première mondiale. Ce n’est qu’en analysant à nouveau les clichés, pris en Arizona en 2006, qu’il a réalisé qu’il s’agissait d’une interaction inédite entre deux espèces de fourmis.
Les fourmis sont généralement connues pour leur agressivité envers les autres espèces, y compris leurs congénères d’autres colonies ou espèces. Ce mutualisme de nettoyage, où deux espèces distinctes coopèrent pour l’hygiène mutuelle, est un comportement rarement observé chez ces insectes. La plupart des interactions entre fourmis reposent sur la prédation, la compétition ou, au mieux, une forme de commensalisme, mais rarement sur une coopération aussi étroite.
