Une scène d’une rareté exceptionnelle vient d’être capturée au large des côtes australiennes. Le 28 juillet dernier, le photographe animalier Alexander Forrest, alors en mission pour documenter la migration annuelle des baleines à bosse, a filmé ce qui pourrait être la première naissance de cette espèce jamais enregistrée depuis les airs. Selon Futura Sciences, cette séquence vidéo inédite montre l’émergence d’un baleineau aux côtés de sa mère, dans des eaux peu profondes au large de la Nouvelle-Galles du Sud.

Ce qu'il faut retenir

  • Une première mondiale : les images capturées par Alexander Forrest seraient les premières à documenter une naissance de baleine à bosse depuis un drone.
  • Un événement rare : seuls trois cas similaires ont été décrits dans la littérature scientifique jusqu’à présent.
  • Un contexte exceptionnel : la scène a été filmée pendant la migration annuelle des baleines à bosse, un phénomène naturel majeur.
  • Un suivi scientifique : l’Organisation pour le sauvetage et la recherche des cétacés en Australie (Orrca) a pu observer la mère et son petit pendant plusieurs heures.
  • Des données précieuses : ces images pourraient enrichir les connaissances sur la reproduction et le comportement maternel de ces géants des océans.

Une découverte accidentelle au cœur d’une migration annuelle

Alors qu’il suivait la migration des baleines à bosse au large de la Nouvelle-Galles du Sud, le jeune photographe australien de 20 ans a d’abord cru assister à une scène violente. « Au premier regard, tout laisse croire à une attaque », raconte-t-il. Un vaste nuage de sang rouge vif se diffusait en effet dans l’océan, un spectacle inhabituel dans ces eaux. C’est en faisant décoller son drone que le photographe a compris qu’il s’agissait d’un événement bien plus rare : une femelle baleine à bosse venait de mettre bas.

Le baleineau, de couleur grisâtre, est apparu aux côtés de sa mère, évoluant lentement dans des eaux peu profondes. « Après des milliers d’heures passées à filmer des baleines depuis les airs, je n’ai jamais rien vu de comparable », a déclaré Alexander Forrest à Futura Sciences. La séquence montre l’animal émerger pour prendre ce qui semble être sa première respiration, avant de rester près de la femelle, un moment d’une intimité rare.

Une première scientifique qui intrigue les chercheurs

Alertés par le photographe, des spécialistes de l’Organisation pour le sauvetage et la recherche des cétacés en Australie (Orrca) ont rejoint Alexander Forrest pour suivre la mère et son petit. Grâce aux drones, les scientifiques ont pu documenter les premiers instants de vie du baleineau, ses premières plongées, ainsi que les soins maternels prodigués par la femelle. Les interactions entre le duo et d’autres baleines à bosse ont également été observées.

Selon Annie Post, responsable de la recherche à l’Orrca, seules trois observations de naissances de baleines à bosse ont été rapportées dans la littérature scientifique jusqu’à présent. « Les images capturées par Alexander Forrest seraient les premières jamais enregistrées depuis les airs », souligne-t-elle. Ces données pourraient ainsi apporter un éclairage inédit sur la reproduction et le comportement maternel de ces mammifères marins, des aspects encore mal connus malgré leur importance écologique.

« Après des milliers d’heures passées à filmer des baleines depuis les airs, je n’ai jamais rien vu de comparable. »
Alexander Forrest, photographe animalier

Des baleines à bosse sous haute surveillance

Les baleines à bosse, reconnaissables à leurs longues nageoires pectorales et à leurs acrobaties en surface, effectuent chaque année l’une des plus longues migrations du monde animal. Leur trajet les mène des zones de nourrissage polaires vers des eaux plus chaudes, où elles se reproduisent. La Nouvelle-Galles du Sud, située sur la côte est de l’Australie, est un point de passage majeur pour ces cétacés, qui s’y rassemblent entre mai et novembre pour la saison des amours.

La présence de cette femelle avec son nouveau-né dans des eaux peu profondes est un comportement inhabituel. D’ordinaire, les baleines à bosse mettent bas en eaux plus profondes avant de migrer vers des zones de nourrissage. Les chercheurs de l’Orrca ont pu observer que le baleineau effectuait ses premières plongées sous la surveillance attentive de sa mère, un apprentissage crucial pour sa survie.

Un espoir pour la conservation des cétacés

Cette découverte survient à un moment où les baleines à bosse font l’objet d’une attention accrue de la part des scientifiques et des autorités. Bien que leur population se soit partiellement rétablie après des décennies de chasse, ces animaux restent vulnérables aux collisions avec les navires, à la pollution des océans et aux changements climatiques. Des projets de conservation, comme le Projet LINDA en Corse, visent à protéger ces géants des mers et leurs habitats.

Les images capturées par Alexander Forrest offrent une opportunité unique d’étudier les premiers stades de vie de ces cétacés, une phase critique souvent difficile à observer. Les données recueillies pourraient ainsi contribuer à améliorer les stratégies de protection des baleines à bosse, dont certaines populations restent menacées.

Et maintenant ?

Les chercheurs de l’Orrca prévoient de suivre la progression de cette mère et de son baleineau pendant plusieurs semaines, afin d’obtenir des informations complémentaires sur leur comportement et leur santé. D’autres missions de surveillance par drone pourraient être organisées dans les semaines à venir, notamment dans les zones de migration des baleines à bosse. Ces observations pourraient également servir de base pour des études plus approfondies sur la reproduction de ces cétacés, un sujet encore peu documenté. Reste à savoir si d’autres naissances similaires pourront être filmées dans les années à venir, une perspective qui intrigue déjà la communauté scientifique.

La séquence vidéo, diffusée par Red Sea Creatures Official sur YouTube, suscite un vif intérêt auprès du public et des spécialistes. Elle rappelle l’importance de documenter les événements rares dans la nature, qui peuvent apporter des réponses aux questions que se posent encore les scientifiques sur ces animaux fascinants.