Comme l’indique BFM - Politique, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), n’a pas écarté mardi 9 juin la possibilité de mener une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2027. Une hypothèse validée ce week-end par les militants du parti lors d’une décision formelle de présenter une liste autonome, et non une alliance avec d’autres forces de gauche comme en 2022.
Ce choix s’inscrit dans un contexte où Fabien Roussel affirme clairement que « le PCF a toute légitimité à présenter un candidat », ce dernier devant être désigné par les adhérents lors d’un vote prévu début septembre 2026. Pour le dirigeant communiste, cette candidature s’appuiera sur des thèmes phares comme la paix, la défense du monde du travail, la refonte des institutions et une opposition frontale à l’extrême droite. « Il y a la France insoumise et nous », a-t-il souligné, ajoutant que « à gauche, il y a peu de forces politiques unies sur une orientation, un programme et un potentiel candidat ».
Ce qu'il faut retenir
- Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, n’exclut pas une candidature communiste autonome à la présidentielle 2027, après validation par les militants le 8 juin 2026.
- Un candidat communiste sera désigné début septembre 2026 par l’ensemble des adhérents du parti.
- Le PCF justifie cette démarche par la volonté de ne pas être « étouffé » en soutenant Jean-Luc Mélenchon ou une alliance avec La France insoumise (LFI).
- Roussel critique l’idée d’une primaire à gauche, la qualifiant d’« alliance insincère » qui ne créerait aucune dynamique.
- Une partie du parti, notamment le député Stéphane Peu, s’oppose à cette candidature, estimant que le PCF doit d’abord préserver sa représentation à l’Assemblée nationale.
Une candidature communiste « jusqu’au bout », malgré les divisions internes
Pour Fabien Roussel, la candidature communiste de 2027 ne sera pas un simple symbole. « Elle ira jusqu’au bout », a-t-il assuré, tout en précisant que le dialogue avec les autres forces de gauche resterait ouvert. Il a rappelé que, lors de la précédente élection, il avait critiqué « les choix de brutalisation du débat » portés par LFI, sans pour autant renoncer à des alliances stratégiques au second tour.
Ce positionnement tranché s’accompagne d’une volonté affichée de convaincre les électeurs tentés par le Rassemblement national. « Nous voulons convaincre ceux qui pensent à tort que voter RN va améliorer leur vie », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de « débattre avec ces électeurs pour les dissuader ». Pour le secrétaire national du PCF, la gauche ne peut se réduire à un seul visage, celui de Jean-Luc Mélenchon, et doit représenter une pluralité d’options.
LFI et le PCF : une divergence stratégique irréconciliable ?
La fracture entre le PCF et LFI, déjà visible lors de la campagne de 2022, s’accentue avec cette annonce. Fabien Roussel a martelé que « le PCF n’est pas LFI », rejetant l’idée d’un soutien inconditionnel à Mélenchon. « Si je me rangeais derrière un candidat comme Jean-Luc Mélenchon, alors la voix du PCF serait tue », a-t-il déclaré, estimant qu’une telle stratégie serait « mortifère » pour le parti. Il a ajouté que les militants avaient « fait un choix clair » en validant une candidature autonome, même si cette position ne fait pas l’unanimité au sein du PCF.
Cette divergence s’exprime également sur la méthode. Alors que certains observateurs évoquaient l’idée d’une primaire à gauche pour désigner un candidat commun, Roussel l’a balayée d’un revers de main : « Pour moi, pour nous, elle n’a jamais existé », car « une alliance insincère ne crée pas de dynamique ». Pour lui, les différences idéologiques entre partis de gauche doivent être assumées, sans pour autant exclure des rassemblements ponctuels en vue du second tour.
Une opposition interne au sein du PCF
Malgré la détermination affichée par Fabien Roussel, tous les membres du PCF ne partagent pas son enthousiasme pour une candidature présidentielle. Stéphane Peu, député et responsable des élus communistes à l’Assemblée nationale, a publiquement exprimé ses réserves auprès de LCP le 9 juin. Selon lui, « ce n’est pas une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat » à cette élection.
Son argumentaire repose sur un constat : « Si le parti communiste ne veut pas s’effacer, il doit surtout s’occuper de perpétuer un groupe à l’Assemblée nationale ». Pour Stéphane Peu, l’enjeu immédiat du PCF est de préserver sa représentation parlementaire, alors que le parti peine à maintenir une dynamique électorale forte depuis plusieurs années. Ce débat interne reflète les tensions persistantes au sein d’une formation politique tiraillée entre son héritage historique et les défis contemporains.
Cette annonce intervient alors que le paysage politique français se prépare déjà activement à la présidentielle de 2027, avec plusieurs candidatures déclarées ou pressenties. Elle pose une question centrale : dans un contexte où l’extrême droite et le centre se structurent, la gauche parviendra-t-elle à s’unir, ou chaque parti continuera-t-il à défendre sa propre voie ?
Fabien Roussel justifie ce refus par la volonté de ne pas voir la voix du PCF « étouffée » au sein d’une alliance avec LFI. Pour lui, les différences idéologiques et stratégiques entre les deux partis sont trop marquées pour envisager un soutien inconditionnel, comme il l’a expliqué au Parisien le 9 juin 2026 : « Si je me rangeais derrière un candidat comme Jean-Luc Mélenchon, alors la voix du PCF serait tue. »