À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a annoncé vouloir organiser une primaire au sein du bloc central si aucun candidat ne se détache clairement d’ici l’automne prochain. Cette proposition, formulée ce jeudi 4 juin lors du congrès des Jeunes agriculteurs (JA) à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, s’inscrit dans une stratégie visant à éviter une fragmentation des forces politiques modérées face à la montée de la gauche radicale et de l’extrême droite. Selon BFM - Politique, Gabriel Attal a précisé que cette initiative serait portée par son numéro deux, Franck Riester, dès le mois de juin.

Ce qu'il faut retenir

  • Une primaire envisagée début 2027 si aucun candidat du bloc central ne se dégage à l’automne 2026.
  • Gabriel Attal et Édouard Philippe, représentants respectifs de Renaissance et d’Horizons, s’affrontent déjà pour la présidentielle.
  • Bruno Retailleau (LR), bien que membre d’un parti hors du bloc central, pourrait jouer un rôle clé en cas de risque d’affrontement entre LFI et le RN au second tour.
  • Un comité de liaison sera réuni la semaine prochaine pour concrétiser cette dynamique de rassemblement.
  • Marine Tondelier (EELV) a critiqué l’absence de débat entre candidats lors du congrès des JA, pointant le refus d’Attal et de Retailleau de participer.
  • Jean-Philippe Tanguy (RN) et Aurélie Trouvé (LFI) étaient présents au congrès, contrairement à Marine Le Pen, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon.

Lors de son intervention devant les Jeunes agriculteurs, Gabriel Attal a souligné l’urgence de « se rassembler » pour contrer les partis perçus comme les plus radicaux. « S’il y a un risque LFI/RN au second tour, on devra se rassembler », a-t-il déclaré, en référence à La France insoumise et au Rassemblement national. Cette prise de position intervient alors que plusieurs figures du bloc central ont déjà annoncé leur candidature, comme Édouard Philippe, qui a officialisé la sienne dès 2024 et reste le principal rival d’Attal au sein de Renaissance. « Plusieurs candidatures se sont exprimées, des projets vont être présentés et le sont déjà. On va voir cette campagne se faire dans les mois qui viennent », a-t-il ajouté.

Pour concrétiser cette stratégie, Gabriel Attal a révélé qu’il avait pris « l’initiative d’un comité de liaison », dont la première réunion est prévue la semaine prochaine. « On sera force de proposition », a-t-il martelé, précisant que Franck Riester serait chargé de proposer des mesures pour faciliter ce rassemblement. « Nous voulons porter un projet d’espoir pour les Français en 2027 », a-t-il insisté, tout en se disant « ouvert » à l’idée d’un calendrier de primaire si les négociations échouent. Parallèlement, il a réaffirmé sa disponibilité pour débattre avec les autres candidats et chefs de parti, une proposition qui fait écho aux critiques formulées par Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts.

Un bloc central en ordre dispersé

La dynamique de rassemblement prônée par Gabriel Attal se heurte à la réalité d’un paysage politique déjà très fragmenté. Outre Édouard Philippe, qui incarne une ligne libérale et modérée au sein d’Horizons, Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), reste une figure influente de la droite traditionnelle. Bien que LR ne fasse pas officiellement partie du bloc central, son rôle pourrait s’avérer décisif en cas de duel entre LFI et le RN au second tour. « S’il y a un risque LFI/RN au second tour, on devra se rassembler », a rappelé Attal, suggérant que des alliances transpartisanes pourraient émerger in extremis.

Cette stratégie de rassemblement s’accompagne d’une critique implicite de la gauche radicale et de l’extrême droite, dont les leaders sont régulièrement pointés du doigt pour leur radicalité. Gabriel Attal a d’ailleurs noté l’absence des principaux responsables de ces formations lors du congrès des JA : « Ils n’ont pas voulu venir », a-t-il déploré, citant spécifiquement Marine Le Pen, Jordan Bardella (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI). Pourtant, deux représentants de ces partis étaient présents : Jean-Philippe Tanguy pour le Rassemblement national et Aurélie Trouvé pour La France insoumise, une présence qui n’a pas manqué de susciter des réactions.

Une opposition frontale aux partis radicaux

La proposition d’Attal s’inscrit dans un contexte où les partis du bloc central peinent à s’unir autour d’un candidat unique. Les tensions entre Renaissance et Horizons, mais aussi au sein même de Renaissance où plusieurs figures aspirent à porter l’étendard du macronisme pour 2027, compliquent la donne. Gabriel Attal a tenté de désamorcer ces rivalités en insistant sur la nécessité de « porter un projet d’espoir », tout en laissant la porte ouverte à des compromis. « Je suis prêt à débattre avec les candidats et les chefs de partis », a-t-il affirmé, en réponse aux critiques de Marine Tondelier, qui a regretté que ni Attal ni Retailleau n’aient accepté de participer à un débat lors du congrès des JA.

Cette volonté de rassemblement s’accompagne également d’une stratégie de communication offensive. Gabriel Attal a évoqué la création d’un « comité de liaison » chargé de proposer des solutions pour éviter une scission du bloc central. Franck Riester, son numéro deux, sera en première ligne pour défendre ces propositions. « On sera force de proposition », a-t-il répété, soulignant que Renaissance ne resterait pas inactive face à la montée des extrêmes. « Nous devons être prêts à tout pour éviter un second tour LFI/RN », a-t-il ajouté, sans pour autant préciser quelles mesures concrètes seraient envisagées.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera en la réunion du comité de liaison annoncé par Gabriel Attal, prévue la semaine prochaine. Cette instance devra proposer un calendrier et des modalités pour une éventuelle primaire, si la situation politique ne s’éclaircit pas d’ici l’automne 2026. Par ailleurs, les prochains mois seront marqués par les déclarations officielles de candidatures au sein du bloc central, où Édouard Philippe et Gabriel Attal devraient s’affronter pour obtenir l’investiture. Enfin, la capacité des partis modérés à présenter un front uni face aux extrêmes restera un enjeu clé pour les prochaines élections.

Quoi qu’il en soit, cette proposition de primaire reflète une prise de conscience : dans un contexte politique aussi polarisé, le rassemblement des forces modérées pourrait bien devenir une nécessité stratégique. Reste à savoir si les ego et les divergences de fond permettront de concrétiser cette ambition.

Le bloc central regroupe principalement Renaissance, le parti d’Emmanuel Macron, ainsi que Horizons, dirigé par Édouard Philippe. À cela s’ajoutent des figures issues de la droite modérée ou du centre, bien que certains partis comme Les Républicains (LR) ne fassent pas officiellement partie de cette alliance.

Attal craint une fragmentation des voix du bloc central, ce qui pourrait permettre à un candidat de LFI ou du RN de se qualifier pour le second tour. En proposant une primaire, il cherche à éviter une dispersion des candidatures modérées et à présenter un candidat unique face aux extrêmes.