À huit mois du scrutin présidentiel de 2027, l’intérêt des Français pour la campagne reste marqué, comme l’indique un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, qui révèle que deux tiers des citoyens se disent « intéressés » par les débats à venir. Dans ce contexte, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a livré une interview détaillée sur la chaîne BFMTV, esquissant les grandes lignes de son programme et répondant aux critiques de l’opposition.

Ce qu'il faut retenir

  • Jordan Bardella propose un référendum sur l’immigration en cas de victoire du RN en 2027
  • Il dénonce un « coup de force anticonstitutionnel » sur la question migratoire
  • Le RN envisage de supprimer 120 taxes et impôts et d’augmenter les cotisations retraites
  • Florence Portelli (LR) qualifie ses propositions d’« stupides et puériles »
  • Bardella exclut de censurer le budget de Sébastien Lecornu, tout en critiquant la gestion gouvernementale

Un référendum sur l’immigration au cœur du débat

Lors de son passage sur BFMTV, Jordan Bardella a réaffirmé sa volonté de soumettre à référendum la question de l’immigration, une promesse phare de sa campagne. Selon lui, cette consultation permettrait de contourner les blocages institutionnels et d’imposer une politique migratoire plus restrictive. Cette proposition a immédiatement suscité des réactions vives dans l’opposition, notamment de la part d’Alexis Corbière, député écologiste, qui y voit un « coup de force sur le fond et sur la forme, anticonstitutionnel ».

Des mesures économiques ambitieuses, mais controversées

Sur le plan économique, Bardella a détaillé plusieurs mesures phares, à commencer par la suppression de 120 taxes et impôts. Il a également évoqué la nécessité d’augmenter les cotisations retraites, une annonce qui pourrait alimenter les tensions avec les syndicats. Par ailleurs, il a confirmé que « aucune banque française ne souhaite financer sa campagne », un constat qui illustre les difficultés de financement des partis politiques en dehors des circuits traditionnels.

Critiques croisées avec Les Républicains et La France Insoumise

Florence Portelli, vice-présidente de LR, n’a pas manqué de réagir aux propositions de Bardella. Elle a qualifié ses déclarations de « propos stupides et puérils », soulignant l’incompatibilité entre les programmes du RN et ceux de la droite traditionnelle. Bardella, de son côté, a tenté de tendre la main aux électeurs de LR, affirmant qu’il « tend la main aux électeurs LR » pour rassembler une « union des droites » en vue de la présidentielle.

Du côté de LFI, Jordan Bardella a accusé le mouvement de « multiplier les outrances et les appels à l’insurrection », une charge qui s’inscrit dans la continuité des tensions entre l’extrême droite et la gauche radicale.

Un bilan gouvernemental sous le feu des critiques

Sur la gestion des comptes publics, Bardella a réservé ses flèches au gouvernement. Il a dénoncé un « plan de soutien à l’agriculture annuel, censé régler le malaise dans le monde rural », tout en critiquant la communication ministérielle. « Chaque année, on a droit à un plan de soutien à l’agriculture », a-t-il ironisé, avant d’ajouter que « le gouvernement est toujours en train d’expliquer que ce n’est pas de sa faute ».

Autre sujet d’inquiétude pour Bardella : la situation des sapeurs-pompiers, dont il a salué le travail après un été qu’il qualifie d’« apocalyptique ». Il a appelé à un hommage national à la rentrée pour reconnaître leur engagement.

Et maintenant ?

Alors que la campagne présidentielle s’annonce particulièrement tendue, les prochaines semaines devraient être marquées par des débats sur la faisabilité des propositions du RN. Entre blocages institutionnels et oppositions politiques, la question d’un référendum sur l’immigration reste incertaine, tandis que les mesures économiques annoncées par Bardella devraient alimenter les discussions sur le financement de l’État et la soutenabilité des retraites. Pour l’opposition, la priorité sera de contrer l’influence du RN, notamment en clarifiant ses propres propositions.

La présidentielle de 2027 s’annonce donc comme un scrutin où s’affronteront non seulement des visions politiques, mais aussi des conceptions radicalement opposées de la démocratie et de l’économie.

Selon lui, cette consultation permettrait de contourner les blocages institutionnels et d’imposer une politique migratoire plus restrictive, en s’appuyant directement sur la souveraineté populaire.

Parmi les propositions phares figurent la suppression de 120 taxes et impôts, une augmentation des cotisations retraites et une critique des plans de soutien à l’agriculture jugés inefficaces.