Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’amorce, le Rassemblement national (RN) affine sa stratégie électorale. Invité sur BFMTV ce samedi 29 août, Jordan Bardella a évoqué un projet politique structuré autour d’un binôme inédit : l’un des deux candidats se porterait à l’Élysée tandis que l’autre briguait Matignon. Une déclaration qui s’inscrit dans un calendrier politique déjà bien engagé, alors que plusieurs formations tentent de se positionner avant le scrutin.

Selon BFM - Politique, Matthieu Valet, député européen du RN, a confirmé cette approche lors de l’émission. « On a un binôme, l’une postule à l’Élysée et l’autre postule à Matignon », a-t-il indiqué, sans préciser pour l’instant les noms des deux figures concernées. Une stratégie qui vise à rassembler l’électorat tout en maximisant les chances de victoire, dans un contexte où le parti mise sur une dynamique de front républicain inversé.

Ce qu'il faut retenir

  • Un binôme Élysée-Matignon envisagé par le RN pour la présidentielle 2027, selon Matthieu Valet, député européen du parti.
  • Jordan Bardella, président du RN, a réaffirmé son soutien à Marine Le Pen et annoncé son intention de supprimer « 120 taxes et impôts » s’il accédait au poste de Premier ministre.
  • Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a défendu une ligne écologiste et sociale lors des universités d’été du PS, qualifiant l’heure du « socialisme écologique » de « sonnée ».
  • Le RN et La France insoumise (LFI) sont présentés par Jad Zahab, secrétaire national de Renaissance, comme « les deux revers de la même médaille ».

Le RN mise sur un duo gagnant pour 2027

Lors de son intervention sur BFMTV, Jordan Bardella a rappelé l’importance de « rassembler le peuple français », tout en affichant une ligne claire sur les priorités économiques du parti. « Ma première décision si je suis chef du gouvernement sera de supprimer une myriade de 120 taxes et impôts », a-t-il annoncé, sans détailler la liste des mesures concernées. Une promesse qui s’inscrit dans la continuité de la rhétorique anti-fiscalité portée par le RN depuis plusieurs années.

Par ailleurs, Bardella a réaffirmé sa loyauté envers Marine Le Pen, candidate historique du parti. « Je respecterai ma parole », a-t-il assuré, alors que les spéculations sur la stratégie électorale du RN persistent. Pour le député européen Matthieu Valet, cette organisation en binôme permettrait de couvrir à la fois l’exécutif et le législatif, une approche inédite dans le paysage politique français.

Le PS recentre son discours sur l’écologie et la justice sociale

Pendant ce temps, le Parti socialiste (PS) tente de se repositionner après une période de recomposition interne. Aux universités d’été du parti, Olivier Faure a martelé une ligne idéologique mêlant écologie et justice sociale. « L’heure du socialisme écologique a sonné », a-t-il déclaré, tout en insistant sur la nécessité de retrouver « le fil historique du socialisme français ».

Faure a également défendu une vision inclusive de la nation, affirmant : « Aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l’appartenance à la nation. » Il a aussi critiqué la politique fiscale actuelle, qualifiant l’impôt de « n’est pas une punition, l’impôt n’est pas un gros mot », avant d’ajouter : « Nous devons des excuses à la jeunesse. » Des déclarations qui visent à redonner une crédibilité au PS auprès d’un électorat déçu par les années Macron.

Les adversaires du RN et de LFI pointés du doigt

Le RN et La France insoumise (LFI) se retrouvent une nouvelle fois dans le collimateur de leurs détracteurs. Jad Zahab, secrétaire national de Renaissance, a estimé lors d’une intervention rapportée par BFM - Politique que ces deux formations étaient « les deux revers de la même médaille ». Une critique qui s’ajoute aux tensions déjà vives entre le camp présidentiel et l’extrême droite comme l’extrême gauche.

Andrea Kotarac, porte-parole du RN, a également appelé à « rassembler le peuple français », une formule qui reflète la volonté du parti de dépasser ses clivages internes pour mieux affronter les prochaines échéances électorales. Une stratégie qui contraste avec les divisions persistantes au sein de la majorité présidentielle.

Un calendrier politique déjà chargé

Alors que les primaires et les déclarations de candidature se multiplient, la présidentielle de 2027 s’annonce comme un scrutin charnière. Entre les promesses fiscales du RN, la ligne écologiste du PS et les tensions entre les partis, le paysage politique se recompose. Jordan Bardella, dont le nom circule de plus en plus pour un rôle clé, reste au cœur des débats. « Que nos détracteurs et nos adversaires ne comptent pas sur moi pour faire preuve de déloyauté », a-t-il lancé, une déclaration qui sonne comme un avertissement à ses opposants.

Du côté du PS, Olivier Faure a insisté sur la nécessité pour l’État de jouer un rôle « de stratège protecteur et organisateur du temps long ». Une vision qui s’oppose frontalement à celle du RN, mais qui pourrait séduire un électorat en quête de stabilité après des années de réformes controversées.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être marquées par l’officialisation des candidatures, tant à gauche qu’à l’extrême droite. Le RN pourrait préciser d’ici la fin de l’année la composition de son binôme Élysée-Matignon, tandis que le PS peaufinera son programme pour les primaires. Côté majorité présidentielle, les débats internes sur la stratégie à adopter face à la montée du RN et de LFI devraient s’intensifier avant le printemps 2027.

Une chose est sûre : la campagne s’annonce déjà comme l’une des plus disputées de la Ve République, avec des enjeux économiques, sociaux et sociétaux majeurs. Les électeurs, eux, devront trancher entre des visions radicalement opposées de l’avenir du pays.

Aucun nom n’a été officiellement confirmé à ce stade. Matthieu Valet, député européen du RN, s’est contenté d’évoquer l’existence d’un binôme sans préciser l’identité des deux figures concernées.

Le scrutin est prévu au printemps 2027, selon le calendrier électoral en vigueur pour les élections présidentielles en France.