À huit mois de la présidentielle de 2027, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a de nouveau alerté sur les risques que fait peser la division de la droite française. Invitée ce lundi 31 août sur le plateau du 8h30 franceinfo, elle a réaffirmé que « la fragmentation, c’est l’élimination » pour sa famille politique, alors que le Rassemblement national (RN) pourrait briguer l’Élysée. Selon nos confrères de Franceinfo - Politique, elle a insisté sur la nécessité d’un rassemblement historique pour éviter une nouvelle défaite après celle, « douloureusement vécue », de 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Valérie Pécresse reconnaît qu’il est « trop tard » pour organiser une primaire de la droite dans des conditions sereines avant 2027.
- Elle met en garde contre la fragmentation de sa famille politique, qui pourrait favoriser l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
- L’ancienne candidate à la présidentielle de 2022 évoque sa défaite de décembre 2021, qui lui a laissé seulement trois mois de campagne.
- Elle ne se prononce pas en faveur d’un candidat spécifique, mais soutient Bruno Retailleau comme porteur d’un projet « de droite républicaine ».
- Elle rappelle que la droite doit non seulement gagner la présidentielle, mais aussi obtenir une majorité solide pour gouverner.
- Plus de 200 élus, dont Hervé Morin, appellent à une « primaire ouverte » de la droite et du centre.
Une primaire de la droite déjà compromise avant même 2027
Valérie Pécresse a confirmé lundi 31 août sur franceinfo que les conditions n’étaient plus réunies pour organiser une primaire à droite avant la présidentielle de 2027. Initialement favorable à cette idée, elle a expliqué que « huit mois avant l’élection, il est trop tard pour l’organiser de manière sereine ». Pour qu’une primaire réussisse, deux critères doivent être remplis : « Que tout le monde accepte d’y participer, et qu’elle ait lieu suffisamment tôt pour permettre de recoller les morceaux ». Aucun de ces deux éléments n’est aujourd’hui vérifié, a-t-elle souligné.
L’élue a rappelé que sa propre campagne de 2022 avait souffert de la décision de tenir la primaire en décembre 2021. « J’ai souffert du fait que la primaire se soit tenue en décembre. Résultat, je n’ai eu que trois mois de campagne », a-t-elle témoigné. Une expérience qu’elle ne souhaite pas voir se reproduire, alors que la droite reste divisée sur les stratégies à adopter face à l’extrême droite.
La droite face à un « risque historique » d’exclusion du pouvoir
Face au danger que représente la montée du RN, Valérie Pécresse a martelé que « la droite est devant une responsabilité historique ». Elle a appelé au rassemblement, affirmant que « la fragmentation, c’est l’élimination ». Sans une union, elle craint que la droite ne soit incapable de proposer une alternative crédible à l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle.
L’ancienne ministre des Affaires européennes et candidate LR en 2022 a également insisté sur la nécessité de préparer l’après-victoire : « Il ne suffit pas de gagner la présidentielle, encore faut-il avoir une majorité solide et loyale pour gouverner derrière ». Une mise en garde qui vise directement les divisions persistantes au sein de la droite et du centre, où plusieurs figures comme Édouard Philippe et Bruno Retailleau peinent à s’accorder.
Bruno Retailleau soutenu pour son projet « de droite républicaine »
Interrogée sur ses préférences parmi les candidats potentiels de sa famille politique, Valérie Pécresse a refusé de trancher en faveur d’Édouard Philippe ou de Bruno Retailleau. Elle a toutefois apporté son soutien au sénateur de Vendée, estimant que « Bruno Retailleau représente des idées qui sont en grande partie les miennes ». Elle a salué son « message à porter, celui d’une droite républicaine », notamment sur des sujets comme l’immigration et la sécurité.
« Il a des propositions à porter, il a une incarnation et puis sa chance à tenter », a-t-elle ajouté, tout en refusant d’appeler à son retrait au profit d’un autre candidat. Cette position illustre les tensions internes à Les Républicains (LR), où les ambitions concurrentes de Retailleau et Philippe alimentent les débats sur l’avenir du parti.
Une division qui dépasse les clivages traditionnels
Le risque de fragmentation de la droite ne se limite pas aux désaccords entre candidats. Plus de 200 élus, dont l’ancien ministre Hervé Morin, ont récemment appelé à une « primaire ouverte » de la droite et du centre. Une initiative qui reflète l’impatience d’une partie de la classe politique face à l’immobilisme apparent de LR et de ses alliés. Cette proposition, qui vise à élargir la base des électeurs, se heurte cependant à la volonté de certains responsables de maintenir une ligne plus stricte, comme celle défendue par Bruno Retailleau.
Valérie Pécresse, bien qu’elle ne rejette pas l’idée d’une ouverture, a rappelé que « donner une investiture unique, ça, c’est certain ». Une position qui semble exclure, pour l’instant, la tenue d’une primaire élargie. Le débat reste donc entier sur la meilleure stratégie à adopter pour éviter une nouvelle défaite en 2027.
L’héritage de 2022 et les leçons à tirer
Pour Valérie Pécresse, la défaite de 2022 doit servir de leçon à la droite. Elle a expliqué que « des candidats qui légitimement représentent des sensibilités de la droite » doivent pouvoir s’exprimer, mais que « à un moment, il faudra qu’on se rassemble ». Cette déclaration intervient alors que les sondages placent Édouard Philippe en tête des intentions de vote pour 2027, devant Bruno Retailleau et d’autres figures comme Gérald Darmanin.
Cependant, la présidente de la région Île-de-France a tenu à rappeler que « gagner la présidentielle ne suffit pas ». Elle a souligné que la droite devait aussi préparer l’après-élection, en construisant une majorité capable de gouverner. Un défi d’autant plus complexe que les divisions internes pourraient affaiblir sa capacité à convaincre les électeurs.
Alors que l’échéance de 2027 se rapproche, une question reste en suspens : la droite parviendra-t-elle à surmonter ses divisions avant qu’il ne soit trop tard ? Le RN, lui, continue de progresser dans les intentions de vote, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur ses adversaires politiques.