Xavier Bertrand a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 ce mercredi 27 août, lors de l’université d’été du Medef à Paris. Cette déclaration intervient alors que les tensions politiques s’intensifient en amont du scrutin, avec un premier grand débat organisé dans l’après-midi même par le Medef – un événement qui réunissait sept des principaux candidats, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, selon BFM - Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Xavier Bertrand devient le dernier en date à se lancer dans la course, lors d’un discours marqué par son ancrage dans la région des Hauts-de-France.
- Le Medef a organisé ce 27 août un débat économique entre les candidats, centré sur leurs projets pour les entreprises, avec la participation de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau et Marine Tondelier.
- Les sondages récents placent Marine Le Pen en tête du premier tour avec 33 % à 35 % des intentions de vote, tandis que Jean-Luc Mélenchon confirme sa dynamique derrière Édouard Philippe, crédité de 18 % à 21 % selon les configurations.
- François Hollande propose de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans et d’allonger progressivement la durée de cotisation, s’éloignant ainsi de la ligne socialiste traditionnelle.
- Édouard Philippe défend, entre autres mesures, un abaissement à 12 mois de la durée d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans.
Ce débat organisé par le Medef dès 16h45 marquait la première confrontation directe entre les candidats sur le terrain économique. Parmi les présents figuraient les figures centrales de chaque camp : à gauche, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, et à droite, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau ainsi que Marine Le Pen pour le Rassemblement national.
Xavier Bertrand rejoint officiellement la course
Le président de la région Hauts-de-France a choisi l’université d’été du Medef pour officialiser sa candidature. « Je le serai », a-t-il déclaré, confirmant ainsi son intention de briguer l’Élysée. Cette annonce s’ajoute à une séquence politique déjà chargée, où chaque camp tente de se structurer en vue du scrutin de 2027.
Ancien ministre sous Nicolas Sarkozy et François Fillon, Bertrand mise sur son expérience territoriale et son ancrage dans les Hauts-de-France pour se différencier dans une campagne où les clivages traditionnels semblent s’estomper. Son entrée en lice intervient alors que les sondages placent les candidats de gauche et d’extrême droite en tête des intentions de vote.
Un premier débat économique sous haute tension
Le Medef a réuni sept candidats pour échanger sur leurs projets économiques devant un parterre de chefs d’entreprise. Cette initiative reflète l’importance accordée par les milieux économiques à la préparation du scrutin. Les discussions ont porté sur des sujets clés tels que l’emploi, la compétitivité des entreprises ou encore les réformes structurelles.
Parmi les mesures discutées, la proposition d’Édouard Philippe d’abaisser à 12 mois la durée d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans a particulièrement retenu l’attention. « Sur l’assurance chômage, ma direction, c’est de faire comme l’Allemagne : douze mois d’indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a-t-il expliqué à l’AFP. Il a également évoqué la nécessité de « mettre fin à l’open bar des arrêts de travail » en instaurant une période incompressible entre l’arrêt maladie et la rupture conventionnelle.
Les sondages confirment une course à plusieurs vitesses
Un sondage Ifop-Fiducial, publié mardi 26 août et réalisé pour LCI, Le Figaro et Sud Radio, confirme la dynamique de Jean-Luc Mélenchon, crédité de 17 % à 19 % des intentions de vote. Édouard Philippe, unique candidat du bloc central, arrive en tête avec 18 % à 21 %, selon les configurations politiques à gauche. Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour avec 33 % à 35 %, mais enregistre un léger recul par rapport au mois de juillet, où elle culminait à 36 %.
Ces chiffres illustrent une fragmentation du paysage politique, avec une gauche divisée entre Mélenchon et Glucksmann, et une droite et un centre qui peinent à s’unir autour d’une candidature unique. Cette situation pourrait, selon plusieurs observateurs, favoriser un second tour opposant Le Pen à Mélenchon.
François Hollande propose un report de l’âge de la retraite à 63 ans
Dans un livre-programme intitulé « Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche », à paraître demain, François Hollande propose de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans, puis d’allonger progressivement la durée de cotisation. Cette position s’inscrit à rebours des propositions du Parti socialiste, qui souhaite revenir à 62 ans.
« Le dossier des retraites reviendra inéluctablement sur la table », écrit l’ancien président, qui précise que « l’âge pivot doit tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie et être corrigé en permanence ». Il a également indiqué qu’il prendrait sa décision sur une éventuelle candidature « en décembre ».
Les passes d’armes continuent sur Mayotte et l’immigration
La visite de Sébastien Lecornu à Mayotte, entamée mardi 26 août, a suscité une polémique entre le Premier ministre et la députée insoumise Mathilde Panot. « À quoi joue Sébastien Lecornu ? Il annonce une ‘militarisation plus importante’ face à l’immigration à Mayotte. Que compte-t-il faire ? Jeter les gens à la mer ? », a-t-elle écrit sur X (ex-Twitter).
Sébastien Lecornu a vivement réagi : « Mayotte est la France. Nos armées y défendent notre souveraineté, combattent les passeurs et sauvent des vies. Laisser entendre que le rôle de nos armées serait de ‘jeter des gens à la mer’ est une infamie ». Il a ajouté : « On peut attaquer le gouvernement, pas salir ceux qui servent la France. »
Les appels à une primaire ouverte de la droite et du centre
Plus de 200 élus, dont le centriste Hervé Morin et le maire LR de La Baule Franck Louvrier, ont signé une tribune publiée dans le Figaro pour appeler à une « primaire ouverte » de la droite et du centre. « La campagne telle qu’elle se présente aujourd’hui nous mène inéluctablement à la dispersion au premier tour et à la disparition au second », alertent les signataires.
Ils mettent en garde contre le risque d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, une perspective évoquée par plusieurs sondages récents. Une pétition a également été lancée pour soutenir cette initiative.
De son côté, Xavier Bertrand devra désormais convaincre au-delà de ses bases régionales, tandis que les autres candidats, qu’ils soient issus de la gauche, du centre ou de l’extrême droite, chercheront à capitaliser sur les faiblesses de leurs adversaires.
Le débat organisé par le Medef ce 27 août réunissait Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau et Marine Tondelier. Xavier Bertrand, bien que candidat, n’a pas participé à cet événement.
Édouard Philippe propose notamment d’abaisser à 12 mois la durée d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans, en s’inspirant du modèle allemand. Il souhaite également instaurer une période incompressible entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle pour lutter contre le « chantage à l’arrêt maladie ». Concernant les retraites, il n’a pas encore détaillé de proposition précise, contrairement à François Hollande qui évoque un âge légal à 63 ans.